À partir de 2014, Galileo proposera progressivement plusieurs niveaux de service à l'accès ouvert ou plus ou moins restreint. Pour cela, les satellites émettront chacun dix signaux différents : six sont prévus pour des applications civiles, deux pour des applications commerciales et deux pour des services étatiques. © OHB

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Galileo, le GPS européen, a fonctionné pour la première fois

ActualitéClassé sous :Astronautique , GPS , Galileo

Près de 15 ans après son démarrage, le système Galileo vient de fournir une position au sol à l'aide des quatre satellites actuellement en orbite. Le service au public devrait débuter dès 2014.

Avec Copernicus, le programme européen de la surveillance de la Terre pour l'environnement et la sécurité initié en 1998, Galileo est un des deux programmes spatiaux phares de l'Union européenne au service des citoyens. En développement depuis la fin des années 1990, ce système européen de localisation par satellite en cours de déploiement a été conçu pour concurrencer le système américain GPS. C'est ce qu'il fera en 2014.

Il vient de franchir une étape importante dans son développement, historique diront certains. En effet, un signal de positionnement a été envoyé pour la première fois depuis la constellation des quatre satellites Galileo. Cette première position a été déterminée dans les locaux Galileo de l'Estec, le centre technique de l'Esa.

Le 12 mars, ces quatre satellites ont envoyé un signal avec une précision de 10 à 15 mètres, validant du même coup le fonctionnement de la constellation. C'est également le cas du segment sol. Ce dernier comprend notamment deux centres de contrôle situés en Italie et en Allemagne, reliés à un réseau mondial de stations au sol pour surveiller le signal en provenance des satellites et pour l'envoi des données de navigation aux satellites.

Pour connaître une position avec exactitude, l’utilisateur doit recevoir les signaux d'au moins quatre satellites. En déterminant la distance qui le sépare de chacun d'eux, le récepteur peut déterminer la longitude, la latitude et l’altitude. © P. Sebirot, Esa

Le déploiement de Galileo se poursuit

Seul regret : cette étape tant historique que technique n'a pas eu un grand écho dans les médias français. Et pourtant, elle marque le début de la fin d'une dépendance au système américain GPS.

Avec seulement quatre satellites en orbite, Galileo ne peut évidemment pas fonctionner en continu. C'est pourquoi l'ouverture des premiers services au public n'est pas prévue avant 2014. Le déploiement de la constellation va se poursuivre cette année avec le lancement des premiers satellites dits FOC, pour capacité opérationnelle complète (Full Operational Capability). Au nombre de 26, ils seront lancés par des Soyouz et des Ariane 5 jusqu'à fin 2016. Pour cette année sont prévus les lancements de quatre de ces satellites FOC par un lanceur Soyouz ST depuis la Guyane, et huit de plus seront lancés en 2015 à l'aide de deux Soyouz ST et d'une Ariane 5.

Si les quatre satellites IOV ont été construits sous la maîtrise d’œuvre d’Astrium, avec Thales Alenia Space comme sous-traitant principal, les 22 suivants le seront par la société allemande OHB, avec Surrey Satellite Technology comme sous-traitant. À l'image, le quatrième satellite IOV chez Thales Alenia Space Italie. © Rémy Decourt

Les quatre satellites qui sont actuellement en l'air sont ceux de la phase dite de développement et de validation en orbite (IOV, In-Orbit Validation). Ils permettent de valider le segment spatial de base de Galileo et le segment sol associé, qui doit s'assurer du bon fonctionnement du système. Ils ont été lancés par paires en octobre 2011, lors du premier tir d'un lanceur Soyouz depuis le Centre spatial guyanais de Kourou, et en octobre 2012 depuis le même endroit.

Auparavant, l'Esa avait lancé les satellites Giove-A (2005) et Giove-B (2008) pour garantir les fréquences réservées pour le système Galileo auprès de l'ITU et tester les technologies Galileo.

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