Pour la toute dernière mission d'une navette, Atlantis embarque dans sa soute Raffaello, un des trois minimodules logistiques pressurisés italiens (MPLM). L'un de ces modules a été adapté pour rester amarré à l'ISS. Raffaello, lui, redescendra sur Terre à l'issue de la mission. © Cap Canaveral, Fla/Nasa

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Dernière mission d'une navette aujourd'hui

ActualitéClassé sous :Astronautique , STS-135 , navette spatiale

C'est une page de l'Histoire astronautique mondiale qui se tourne aujourd'hui avec le lancement de la dernière navette en service, du moins si la météo le permet. Cette mission d'Atlantis (STS-135) sera la 135e du programme des navettes, qui aura fait voyager dans l'espace 355 femmes et hommes de seize nationalités différentes.

Si les conditions météorologiques sont favorables - mais la probabilité est estimée à seulement 30 % -, une navette spatiale, Atlantis en l'occurrence, décollera pour la dernière fois à destination de la Station spatiale internationale. Le lancement est prévu à 17 h 26, heure française, depuis le Centre spatial Kennedy. Ce vol clôt un programme il y a plusieurs décennies, trente après le premier vol d'une navette, le 12 avril 1981.

Cet événement historique sera évidemment à suivre en direct sur de nombreux sites en ligne (comme celui de la Nasa) et chaînes d'informations. Jamais un lancement d'une navette n'aura bénéficié d'une aussi grande couverture médiatique. Exceptionnellement, la Nasa a accepté toutes les demandes d'accréditation de journalistes et a même autorisé, pour certains, d'installer caméras et appareils photo de toutes sortes au plus près de la navette, ce qui n'était plus possible depuis les attentats de septembre 2001. Autrement dit, un nombre inédit de caméras 2D et 3D filmeront ce décollage.

STS 135 : la dernière mission d'une Space Shuttle. Avant longtemps, aucun engin réutilisable civil (car l'US Air Force utilise déjà, au moins à titre expérimental, le mystérieux X37-B) ne sera envoyé dans l'espace. Et les occupants de l'ISS redescendront sur Terre dans des capsules dont la conception remonte aux années 1960. © Nasa

Pour cette mission de plus de onze jours, la 33e pour Atlantis depuis son entrée en service en 1985, seuls quatre astronautes prendront place à bord. D'habitude, la Nasa envoie des équipages de six à sept personnes. Mais à cause des les règles de sécurité qu'elle s'impose depuis la perte de la navette Columbia en 2003, la Nasa a réduit ce nombre à quatre.

En effet, depuis STS-114 (juillet 2005), pour chaque vol de navette, une autre se tient prête au sol pour venir récupérer les astronautes dans le cas où celle en mission serait dans l'impossibilité de revenir sur Terre. Atlantis étant désormais la seule en service, son équipage, en cas d'incident, ne pourra retourner sur Terre qu'à bord de capsules Soyouz, lesquelles ne peuvent transporter que trois personnes, dont un pilote russe. 

Cette représentation artistique montre Dextre (à droite) effectuant un ravitaillement automatisé sur le boîtier RRM (au centre), monté sur le conteneur logistique ELC4. © Nasa

Une mission pour ravitailler la Station

STS-135 est avant tout une mission de ravitaillement. Aucun des quatre astronautes à bord d'Atlantis ne sortira dans l'espace. Deux astronautes effectueront bien une EVA (sortie extravéhiculaire) mais ils font partie de l'équipage de l'ISS. Pour ravitailler la Station, la navette embarque le module italien Raffaello chargé d'environ 4 tonnes de matériel. Ce module sera amarré au nœud de jonction Harmony, le temps que les astronautes le déchargent. Il sera ensuite réinstallé dans la navette qui le redescendra sur Terre rempli de déchets. Outre le contenu du MPLM, la navette transférera également une partie de son oxygène et rehaussera l'altitude de la Station.

Enfin, le Canada va profiter de cette mission pour démontrer les capacités d'un petit module à ravitailler un satellite. Pour cela, Dextre, la main robotisée de l'ISS fournie par le Canada, sera la pièce maîtresse de la mission de ravitaillement robotique. Ce module utilisera du matériel conçu spécialement par la Nasa pour tester les outils, les technologies et les techniques nécessaires pour ravitailler automatiquement des satellites dans l'espace. De plus, ce sera la toute première fois que Dextre sera utilisé pour un projet de recherche et développement, dépassant ainsi le cadre de ses tâches habituelles qui consistent à entretenir et à réparer la Station spatiale.

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