Vue nocturne sur la fusée Saturn V, à quelques heures du lancement d'Apollo 11. © Nasa

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Apollo 11 : la fusée Saturn V décollait il y a 50 ans !

ActualitéClassé sous :Astronautique , Saturn V , Cap Canaveral

Il y a 50 ans, jour pour jour, l'énorme fusée Saturn V s'arrachait de Cap Canaveral et emportait trois hommes vers la Lune. La mission Apollo 11 commençait...

Saturn V : revivez le décollage en slow motion de la fusée la plus puissante de l'histoire  Dans les années 1960, la Nasa a développé un lanceur géant baptisé Saturn V. Objectif : mettre en orbite les engins du programme Apollo destinés à déposer des astronautes sur la Lune. Cette vidéo d’archive offre une vue imprenable sur le décollage et sur les premières étapes du vol de ce lanceur mythique, le plus puissant de tous les temps. Vibrez avec les milliers de spectateurs qui assistèrent à son décollage. 

Cap Canaveral, mercredi 16 juillet, 9 h 32, heure locale (15 h 32 en heure française). La mission Apollo 11 est prête au départ. La fusée Saturn V trône sur le pas de tir Pad 39-A. Elle est proprement gigantesque, avec plus de 110 mètres de hauteur (plus de deux fois celle d'Ariane 6). À son sommet, une petite capsule conique dans laquelle sont installés trois hommes, Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins.

Loin de la fusée, au Centre spatial Kennedy, près d'un million de personnes attendent là depuis des heures. Sur la planète, on estime le nombre de spectateurs, suspendus à la radio ou à la télévision, à près de 600 millions. Jamais aucun événement n'avait encore rassemblé autant de témoins.

Un bruit colossal se fait entendre quand les cinq moteurs Rocketdyne F1 déchaînent leur poussée de 680 tonnes chacun. Le sol résonne d'une onde sismique qui se propage jusqu'à huit kilomètres. Lentement, la fusée de 3.000 tonnes s'élève au milieu d'un immense nuage surtout formé par la condensation de l'eau. Les moteurs consomment alors chaque seconde 1.800 kilogrammes d'oxygène liquide et 1.700 kilogrammes de kérosène.

L'immense Saturn V au décollage, le 16 juillet 1969. © Nasa

À mesure que la fusée s'éloigne du sol, sa masse s'allège et l'accélération augmente. Elle devient vite énorme. Deux minutes après le décollage, Saturn V n'est plus qu'un minuscule point au sommet d'une haute traînée blanche, à plus de 50 kilomètres d'altitude. Maintenant, la planète entière est au courant : des Hommes sont en route vers la Lune.

Contrairement à la fusée du professeur Tournesol, bien plus évoluée et à laquelle le carburant nucléaire conférait une autonomie énorme et la possibilité d'assurer une accélération de 1 g pendant tout le voyage (avec inversion au milieu), la rustique Saturn V ne peut expédier sa charge qu'en orbite basse et au prix d'abandons successifs de gros morceaux appelés « étages ».

Breaking News ! Revivez maintenant le direct du lancement d'Apollo 11 sur la chaîne CBS, minute par minute. © CBS

En route pour la Lune

Deux minutes trente après le décollage, les quelque deux mille tonnes de carburant contenues dans le premier étage sont déjà parties en fumée et l'énorme cylindre de 42 mètres de hauteur et de 10 mètres de diamètre est largué. Les cinq moteurs J-2 (signés Rocketdyne, également) s'allument. Les astronautes subissent alors une accélération de 4,5 g (ils pèsent donc quatre fois et demie leur poids). Le deuxième étage (24,8 mètres de hauteur) maintient cette accélération durant cinq minutes trente et assure la sortie de l'atmosphère. Sa courte mission terminée, il se détache à son tour. Les trois hommes sont alors dans l'espace.

Avec son unique moteur J-2, le troisième étage, de près de 18 mètres de hauteur, poursuit l'accélération et assure la mise en orbite, à 190 kilomètres d'altitude. Le moteur est éteint. La pesanteur terrestre contrebalancée par la force centrifuge, l'apesanteur (ou impesanteur, ou, pour les puristes, micropesanteur) règne dans la capsule. Le temps d'effectuer quelques vérifications, quelques réglages, de débrancher les alimentations en oxygène des scaphandres et de souffler un peu, l'engin spatial a effectué plus de deux tours de la Terre, à 8 km/s par rapport à elle.

Tout va bien. Durant la troisième orbite, à 12 h 16, le moteur J-2 est allumé de nouveau (une possibilité qui ne va pas de soi pour un moteur de fusée) et le vaisseau spatial quitte son orbite en accélérant. Il dépasse les 11 km/s. A cette vitesse et à cette distance (faible) de la Terre, un projectile s'échappe de l'attraction terrestre. Le troisième étage est éteint et le vaisseau spatial file désormais à environ 40.000 km/h vers la Lune (contrairement à la fusée du professeur Tournesol qui continuait d'accélérer à 1 g, soit près de 10 m/s de plus à chaque seconde).

Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins ont une vue imprenable sur leur planète natale, la Terre, photographiée ici moins de 10 heures après leur décollage. © Nasa

L'équipage commande alors le largage de panneaux de protection qui cachaient le LM (Lunar Module), baptisé Eagle. L'engin à quatre pattes, destiné à se poser sur la Lune, se trouve entre le troisième étage et ce qui était le sommet de la fusée, c'est-à-dire le module de service (un cylindre avec un moteur) et la capsule conique (le module de commande). Le LM est au mauvais endroit. Il faut maintenant l'amener là où il faut, nez à nez avec la capsule. Michael Collins est à la manœuvre. Le module de service est détaché et pivote sur lui-même pour amener la pointe de la capsule face à la partie supérieure du LM. Une petite impulsion des moteurs d'attitude et les deux engins s'emboîtent l'un dans l'autre.

Le troisième étage peut désormais être largué, à 12 h 47, et un petit moteur de contrôle d'attitude le pousse pour l'éloigner du reste de l'engin. Le train spatial a désormais sa configuration définitive, le LM (côté Terre) accroché au module de commande, lui-même solidaire du module de service (côté Lune). Le sas entre le LM et la capsule est ouvert, les astronautes peuvent circuler entre les deux vaisseaux. Ils sont alors à 800 kilomètres de la surface de notre planète. Il ne leur reste plus que 350.000 kilomètres à parcourir...

Article original de Jean-Luc Goudet écrit le 16 juillet 2009. Jean-Luc nous a malheureusement quitté fin 2018.

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