Malgré le raté du lancement des satellites SES-14, Al Yah 3 (V241, janvier 2018), Arianespace a réalisé une très belle année sur le plan opérationnel et commercial. Mais, si l'année 2019 s'annonce bien avec 12 lancements prévus, les années à venir s'annoncent difficiles avec un rythme de lancements moins élevé. En cause SpaceX, mais aussi le ralentissement des commandes de satellites à l'industrie.

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En 2018, ArianespaceArianespace a réalisé une très belle année. Vingt et un satellites ont été lancés depuis le Centre spatial guyanaisCentre spatial guyanais avec six Ariane 5Ariane 5, dont la 100e (VA243), deux VegaVega et trois SoyouzSoyouz. C'est certes moins que les 14 tirs prévus initialement en début d'année 2018 mais, dans un contexte de ralentissement du nombre de satellites à lancer et d'une concurrence renforcée par la montée en puissance de SpaceXSpaceX, la société européenne s'en sort très bien.

Sur le plan commercial, Arianespace a maintenu son leadership en signant 18 contrats de lancement, dont 8 satellites de télécommunications à placer en orbite géostationnaireorbite géostationnaire (le marché de référence d'Arianespace) sur les 13 contrats de lancement de satellites géostationnairessatellites géostationnaires mis en compétition, soit une part de marché de plus de 60 %.

Décollage d'une Ariane 5 avec à son bord le satellite BepiColombo à destination de Mercure. © ESA, S. Corvaja
Décollage d'une Ariane 5 avec à son bord le satellite BepiColombo à destination de Mercure. © ESA, S. Corvaja

Douze lancements en 2019

Quant au planning opérationnel de 2019, il s'annonce très dense avec jusqu'à 12 missions à effectuer par Ariane 5, Soyouz et Vega depuis le Centre spatial guyanais. Au total, jusqu'à 12 lancements sont prévus dont deux missions institutionnelles :

  • jusqu'à cinq Ariane 5, toutes en lancement double vers l'orbite de transfertorbite de transfert géostationnaire, dont la première prévue le 5 février 2019 pour les clients Arabsat, Hellas Sat et « King Abdulaziz City for Science and Technology » d'une part et l'Isro d'autre part ;
  • jusqu'à trois Soyouz : le premier lancement de la constellationconstellation OneWeb (qui ouvrira la voie à de prochains lancements depuis BaïkonourBaïkonour à partir du dernier trimestre 2019) ; une cinquième mission pour O3b/SES ; la mission COSMO-SkyMed/CHEOPS (pour l'agence spatiale et le ministère de la Défense italiens et l'ESAESA) ;
  • jusqu'à quatre lancements Vega : la mission Prisma pour l'Agence spatiale italienne (ASI), les deux Falcon Eye pour les Émirats arabes unis et le vol de démonstration du service de lancement de petits satellites (SSMS) de Vega ;
  • le vol de qualification de Vega C à partir de la fin de l'année.

Cela dit, si pour Arianespace les années se suivent et se ressemblent, 2019 pourrait bien être la dernière de ce cru. En effet, le ralentissement significatif des commandes de satellites aux industriels - donc à lancer ces prochaines années - est en chute. On peut utiliser le terme de dégringolade. Selon La Tribune, ces commandes sont passées de 22 en 2015, 15 en 2016 à seulement 8 en 2017 et 4 voire 5 en 2018 ! À cela s'ajoute la montée en puissance de SpaceX qui, cette année, a lancé un nombre record de Falcon 9Falcon 9 (20 lancements !). Ces deux paramètres contraignent Arianespace à planifier un nombre limité de lancements pendant la phase de transition entre Ariane 5 et Ariane 6Ariane 6 de 2020 à 2023. Dans ce contexte, entre la montée en puissance d'Ariane 6 et la disparition progressive d'Ariane 5, Arianespace prévoit la commande de « seulement » huit lanceurs Ariane 5 et quatorze Ariane 6, sur la base d'une prévision prudente de sept à huit tirs par an entre 2020 et 2023.