Le décollage de Vega pour le vol VV04 avec à son bord le démonstrateur de rentrée atmosphérique IXV, en février 2015. © Esa, S. Corvaja

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Le lanceur Vega pourra envoyer 80 satellites en même temps

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Arianespace continue à se diversifier pour répondre à tous les segments du marché du lancement de satellites. Pour répondre au marché en très forte croissance des petits et très petits satellites, qui nécessite des lancements multiples, Arianespace et Avio mettent au point, avec l'Agence spatiale européenne, un dispenseur qui permettra de lancer des dizaines de satellites lors d'un même vol. Le vol de démonstration est prévu en 2019 avec déjà plusieurs satellites en commande !

L'arrivée réussie de SpaceX sur le marché du lancement de satellites ouvert à la concurrence a contraint ArianeGroup à réagir avec la mise en développement d'Ariane 6. Il y a aussi un autre secteur du marché du lancement de satellite où Arianespace est aussi en train de préparer son futur. C'est celui du lancement multiple de petits et très petits satellites, dont le marché connaît une croissance vertigineuse avec 7.000 petits satellites à mettre sur orbite d'ici 2027 (source Euroconsult).

Il faut aussi savoir que plus de 80 % de ces 7.000 satellites appartiennent à cinquante constellations dont deux d'entre elles sont des constellations géantes avec plus de 1.000 satellites à terme. Et pas question de les lancer un par un. En d'autres termes, il y a un marché très significatif pour le lancement multiple de petits satellites estimé à plus de 15 milliards de dollars !

Le futur dispenseur SSMS de Vega pour les lancements multiples de petits satellites. © ESA

Afin de répondre à ce besoin, Arianespace prépare la mise en service commercial d'un nouveau dispenseur modulaire dédié au lancement multiple de microsatellites. Baptisé SSMS (Small Spacecrafts Mission Service), cet adaptateur multiple est développé par Avio, sous contrat de l'Agence spatiale européenne et financé en partie par la Commission européenne. Il est conçu pour lancer 81 satellites lors d'un même lancement ! En effet, il pourra « embarquer » jusqu'à neuf satellites de 100 à 150 kg en position haute et plusieurs conteneurs pouvant emporter jusqu'à 72 plus petits satellites en position basse (typiquement des CubeSats ou des nanosatellites).

Un vol de démonstration en 2019 avec plusieurs dizaines de satellites à lancer !

Ce dispenseur n'est pas développé pour la famille Ariane 6 (qui aura également le sien à l'horizon 2021) mais pour Vega, puis Vega C, autres lanceurs de la gamme Arianespace, dont les performances sont mieux adaptées pour le lancement multiple de petits satellites en orbite basse.

Le vol de démonstration du service SSMS de Vega est prévu en 2019. Arianespace a d'ores est déjà débuté la commercialisation de cette mission afin de trouver jusqu'à 81 satellites à lancer. Le remplissage de la coiffe semble bien se passer avec déjà quatre clients dévoilés. Le dernier contrat de lancement multiple en date a été conclu avec Spire Global il y a quelques jours. Ce fournisseur de données météorologiques, maritimes et aéronautiques à des clients publics et privés, exploite la constellation de CubeSats Lemur. Plusieurs d'entre eux seront donc lancés lors de ce vol inaugural. D'une masse au lancement de cinq kilogrammes, ils sont conçus pour une durée de vie nominale de deux à trois ans, une fois placés sur une orbite héliosynchrone à 500 kilomètres d'altitude.

  • Vega pourra lancer jusqu'à 81 satellites lors d'un même vol.
  • Pour cela, le plus petit lanceur de la gamme d'Arianespace utilisera un dispenseur spécifiquement développé pour lui. 
  • Ce sera la première fois qu'Arianespace pourra déployer avec un lanceur européen un nombre très important de petits et nanosatellites.
  • Ariane 6 aura également une capacité similaire, mais à l'horizon 2021.
Pour en savoir plus

Le lanceur Vega a réussi ses épreuves de qualification

Article de Rémy Decourt publié le 17/01/2016

Entre 2012 et 2015, le jeune lanceur Vega a suivi une série d'épreuves, dans le cadre du programme de démonstration Verta. Au cours de cinq vols, qui furent autant de tests, comme celui de l'IXV, démonstrateur de rentrée atmosphérique contrôlée, Vega a prouvé ses capacités et aussi montré des défauts de jeunesse, qui ont pu être corrigés. Arianespace peut maintenant démarrer la phase d'exploitation avec un bon lanceur pour les satellites institutionnels européens de 1.500 kg, un créneau dont l'entreprise était absente.

L'année 2016 sera celle de l'entrée en exploitation de Vega, le plus petit lanceur d'Arianespace. Au côté d'Ariane 5 et Soyouz, il complétera la gamme d'Arianespace qui peut ainsi proposer des services de lancement répondant à tous les besoins de mission, d'orbite et de masse. Conçu pour répondre à des besoins institutionnels européens et commerciaux, Vega propose, depuis le Centre spatial guyanais, des solutions de lancement en orbite basse, en configuration de lancement simple ou multiple, pour des satellites légers, d'une masse allant de quelques kilogrammes à plus de 1.500 kg.

Après un premier vol de qualification réussi en février 2012, Vega a entamé une série de cinq vols de démonstration, tous différents et réalisés dans le cadre du programme Verta (Vega Research and Technology Accompaniment), de l'Esa (l'Agence spatiale européenne). Ce programme visait à démontrer la flexibilité du lanceur, à traiter un certain nombre d'obsolescences et à permettre l'industrialisation du système de lancement de Vega ainsi que l'augmentation de la cadence des lancements pour un objectif de trois par an.

Le premier vol Verta a eu lieu en mai 2013 avec le lancement des satellites Proba V et VNREDsat 1A, accompagnés du cubesat ESTCub-1. Ce vol a donc qualifié la capacité de lancement multiple, importante pour ce lanceur car ce genre de mission devrait représenter de l'ordre du tiers de ses tirs. Le deuxième lancement, en mai 2014, fut celui du satellite DZZ-HR, du Kazakhstan, amené sur une orbite héliosynchrone. Cette orbite sera le marché principal de Vega.

Un lanceur Vega sur son pas de tir du Centre spatial guyanais. Il est lancé depuis l’Ensemble de lancement 1 (Ela-1), autrefois utilisé par les premières Ariane. Ce pas de tir a été modernisé et a pris le nom d’Ensemble de lancement Vega (ELV). © Esa, S. Corvaja

Trois lancements en 2015, la cadence visée pour l'exploitation

Suivra en février 2015 le lancement du démonstrateur de rentrée atmosphérique IXV. Il s'était différencié d'un lancement de satellite par l'injection de la charge utile sur une trajectoire de retour vers la Terre. De plus, ce tir s'est fait vers l'est alors que la plupart des clients de Vega l'utiliseront pour lancer vers le nord. On signalera l'utilisation, au sol, d'un radar de flanquement afin de suivre le lanceur sur le côté, ce qui évite d'être gêné par les flammes. Le raffinement n'est pas un luxe car lors du vol inaugural de Vega, la communication radio avec le lanceur a été perdue durant une partie de la première phase du vol. En cause, justement : les effets de flammes, engendrés par la combustion des étages à propergol solide et qui génèrent des émissions de particules métalliques atténuant les signaux radio.

Enfin, Sentinel-2A, lancé en juin 2015, a été séparé en orbite avec une précision de l'ordre de 100 mètres. Une faible quantité d'ergols a été consommée pour atteindre son orbite définitive, ce qui a permis d'augmenter de façon très significative sa durée de vie. Le dernier tir Verta a eu lieu en décembre 2015 avec le lancement du satellite scientifique Lisa Pathfinder, un démonstrateur pour le projet de détecteur spatial d'ondes gravitationnelles. Deuxième lancement vers l'est, ce tir était aussi le troisième réalisé au cours de l'année, soit la cadence de référence pour la commercialisation du lanceur dans la phase d'exploitation.

Ces vols Verta ont été aussi l'occasion d'apporter progressivement de nombreuses petites améliorations pour optimiser la performance du lanceur, traiter les anomalies issues de la qualification initiale, réduire la durée d'une campagne et les coûts du service de lancement. Ce programme a démontré qu'une cadence de lancements de trois tirs par an ne posait pas de problème particulier de production industrielle des différents éléments du lanceur.

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