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Lancements spatiaux : Antares et Epsilon prêts, Falcon-9 en retard

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Alors que se prépare le retour en vol du Proton russe, trois autres lanceurs sont sur le devant de la scène médiatique. L'Antares d'Orbital Sciences, qui doit lancer le cargo spatial Cygnus vers l'ISS, a été installé sur son pas de tir à Wallops en même temps que l'agence spatiale japonaise faisait voler avec succès pour la première fois son nouveau lanceur Epsilon. Ce beau tableau a été terni par le report à une date indéterminée de la nouvelle version du Falcon-9.

Après cinq tirs et autant de succès, le Falcon-9 de SpaceX a été retiré du service. Il laisse la place à une version améliorée, le Falcon-9 v1.1, dont le premier lancement pourrait avoir lieu ces prochains jours. © SpaceX

L'actualité des lancements a été dense la fin de semaine dernière. Alors que du côté de Wallops en Virginie, Orbital Sciences prépare le lancement du cargo spatial Cygnus à destination de la Station spatiale internationale, le Japon a tiré avec succès son nouveau lanceur Epsilon. Le seul couac est venu de la base de Vandenberg, en Californie : SpaceX a reporté le lancement de la nouvelle version du Falcon-9 v1.1.

Le lanceur de SpaceX devait décoller le 15 septembre de l'ancien complexe Titan 34D de la base militaire de Vandenberg et mettre en orbite Cassiope. Ce satellite canadien d'étude de l'environnement spatial emporte également une charge utile de démonstration de technologie de communication dans le domaine du stockage et du transfert d'information à haute vitesse. Mais le tir a été reporté à une date indéterminée en raison d'un essai statique de mise à feu du lanceur pendant lequel certaines anomalies dans les données ont été enregistrées, ce qui demande une analyse plus poussée.

Le lanceur Antares, avec Cygnus dans sa coiffe, sur son pas de tir du centre de lancement de Wallops. Si rien ne perturbe les préparatifs du lancement et le compte à rebours, le tir est prévu le 18 septembre.

Le lanceur Antares, avec Cygnus dans sa coiffe, sur son pas de tir du centre de lancement de Wallops. Si rien ne perturbe les préparatifs du lancement et le compte à rebours, le tir est prévu le 18 septembre. © Orbital Sciences

Ce report n'a rien d'inquiétant, mais il ne fait pas les affaires de SpaceX qui prévoit trois autres lancements avant la fin de l'année après ce vol de démonstration. Suivront les lancements des satellites de télécommunications SES-8 et Thaicom-6, ainsi qu'un ravitaillement de l'ISS avec la capsule Dragon SpX-3. Cette version améliorée du lanceur Falcon-9 se différencie par de nouveaux moteurs plus puissants, des réservoirs plus grands et une coiffe plus large. Ce premier étage sera propulsé par 9 moteurs Merlin 1D (oxygène liquide et kérosène) 25 % plus performants que les moteurs 1C de la version de base. Ils sont surtout disposés différemment dans une configuration dite octaweb, de sorte que les forces exercées sur la structure de l'étage soient moins contraignantes. Quant au moteur central, il sera rallumé pour freiner l'étage en vue de sa récupération et... réutilisation.

Le pari récurrent de l'accès à l'espace bon marché

Quant au lanceur nippon Epsilon, après plusieurs reports successifs, son premier vol de démonstration s'est bien passé. Il a placé sur orbite Sprint-A présenté comme le premier satellite au monde conçu pour étudier à distance les planètes du Système solaire en se focalisant sur le rayonnement extrême ultraviolet qu'elles émettent. Cela fournira des informations sur la magnétosphère et l'atmosphère des planètes.

uccès du vol inaugural du nouveau petit lanceur de l'agence spatiale japonaise, Epsilon. Il a décollé le 14 septembre de la base d'Uchinoura.

Succès du vol inaugural du nouveau petit lanceur de l'agence spatiale japonaise, Epsilon. Il a décollé le 14 septembre de la base d'Uchinoura. © Jaxa

Haut de 24 m, pour une masse de 91 t, Epsilon est un lanceur à propergols solides à trois étages. Il est capable de lancer 1,2 t en orbite basse avec un apogée de 500 km et un périgée de 250 km d'altitude. Une version plus puissante à l'étude, incluant un système supplémentaire de propulsion liquide peut lancer 700 kg sur une orbite circulaire de 500 km, et 450 kg sur une orbite synchronisée avec le Soleil.

Au vu de ces performances, ce lanceur n'est pas près de concurrencer Ariane 5 et sa capacité de 10 t en orbite géostationnaire ! Il est conçu pour préfigurer une nouvelle génération de lanceurs qui pourrait devenir la norme dans le futur. Pour rendre l'accès à l'espace bon marché, l'idée japonaise est de réduire les coûts opérationnels en réduisant le temps de préparation des lanceurs. « L'avancée la plus significative de ce lanceur est sa capacité à exécuter des contrôles de façon autonome grâce à son intelligence artificielle. Avec l'Epsilon, nous pouvons réduire considérablement le volume de travail et la main-d'œuvre, donc les coûts », explique Yasuhiro Morita, directeur du programme Epsilon.

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