Un arrêt brutal de l’alcool peu entraîner des graves symptômes de sevrage. © Lightfield Studio, Fotolia

Santé

Alcool : quels sont les symptômes de sevrage et comment les éviter ?

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La consommation d'alcool est à l'origine de graves problèmes de santé. Un arrêt brutal peut toutefois entraîner des symptômes plus ou moins importants pouvant aller jusqu'à la mort. Quels sont ces risques et quels sont les traitements indiqués dans le sevrage alcoolique ?

Un arrêt brutal ou une diminution drastique de la consommation d'alcool peut entraîner un syndrome de sevrage alcoolique (SSA) allant de la simple « gueule de bois » au syndrome de delirium tremen.

Les premières manifestations débutent environ 24 heures après l'arrêt de la prise d'alcool : tremblements, maux de tête, fatigue générale, vertiges, nausée, vomissements, bouche sèche, anxiété, culpabilité, irritabilité, troubles dépressifs, insomnie, confusion. Ces symptômes atteignent un pic entre 24 et 48 heures. Au bout de trois jours, on considère que le pire est passé.

Les complications du sevrage alcoolique

Dans 8 % à 40 % des cas, des complications peuvent survenir lors du sevrage alcoolique, qui débutent après 48 à 72 heures et persistent plusieurs jours : forts tremblements dans tout le corps, palpitations cardiaques, hypertension, grande agitation, mal-être général, anxiété, cauchemars, insomnie, confusion, baisse des capacités de raisonnement, hallucinations visuelles (souvent des insectes rampants), crises d'épilepsie, fièvre, déshydratation, sudation importante ; dans les cas les plus graves, le delirium tremens peut entraîner le coma et la mort.

La gravité des symptômes dépend en grande partie de facteurs individuels et génétiques. L'âge et la quantité d'alcool consommée sont également des facteurs de risque.

Outre les symptômes physiques, le sevrage entraîne des répercussions psychologiques : 80 % des patients souffrent ainsi de troubles dépressifs à l'arrêt de l'alcool. Ceux-ci régressent généralement en 2 à 4 semaines mais peuvent perdurer plus longtemps avec des formes sévères impliquant un risque suicidaire. Une anxiété et une insomnie chronique peuvent également s'installer.

Les traitements médicamenteux pour le sevrage alcoolique

Selon le degré de dépendance et les risques du sevrage, la prise en charge s'effectue dans un hôpital, un centre de soins spécialisé ou à domicile. Des traitements additionnels peuvent être prescrits pour éviter ou atténuer les symptômes de sevrage tels que :

  • La réhydratatation (plusieurs litres d'eau par jour pendant la phase critique des cinq premiers jours).
  • Les benzodiazépines : ces médicaments ont des propriétés sédatives (tranquillisantes), myorelaxantes (détente musculaire) et anticonvulsivantes (contre les crises d'épilepsie). Ils abaissent les signes de manque et les éventuelles complications mais doivent être pris sur une courte durée, le temps que les signes physiques de manque disparaissent.
  • Les bêta-bloquants, antiépileptiques et neuroleptiques : ces médicaments renforcent l'action des benzodiazépines pour prévenir les crises de delirium tremens.
  • La vitamine B1 (thiamine) : elle prévient les troubles du système nerveux et notamment les atteintes neurologiques graves comme l'encéphalopathie de Gayet-Wernicke.
  • La vitamine B6 (pyridoxine), dont la carence favorise les crises convulsives. En cas de prescription simultanée de B1 et de B6, on associe la vitamine PP en tant que cofacteur.
  • Le Baclofène : ce myorelaxant se fixe sur les récepteurs Gaba. Il est prescrit pour réduire la dépendance à l'alcool ou réduire l'anxiété lors du sevrage, mais les preuves de son efficacité sur le SSA sont faibles. De plus, il présente des effets indésirables (vertiges, somnolence...)
  • Les éventuels désordres nutritionnels et hépatiques sont traités au cas par cas.
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