Santé

Les facteurs de risque de la maladie d'Alzheimer

Dossier - La maladie d'Alzheimer : décryptage
DossierClassé sous :médecine , Maladie d'Alzheimer , Alzheimer

-

La maladie d'Alzheimer constitue un véritable problème de santé publique en France, en raison du vieillissement de la population. La recherche actuelle vise à trouver de nouveaux médicaments et détecter plus tôt la maladie.

  
DossiersLa maladie d'Alzheimer : décryptage
 

En plus de l'âge, l'hygiène de vie et certains facteurs génétiques peuvent favoriser le développement de la maladie d'Alzheimer.

1. L'âge des patients

Plus l'âge augmente, plus le risque de développer la maladie d'Alzheimer est grand.

La maladie touche 5 % des personnes de plus de 65 ans et 25 % des plus de 80 ans. Seulement 10 % des malades d'Alzheimer ont moins de 65 ans. Très rarement, la maladie peut se déclarer dès 30-40 ans, on parle alors de "malades jeunes". Une étude réalisée aux Etats-Unis, à Rochester, a montré que le nombre de nouveaux cas apparus par an pour 100 000 personnes est de 4 pour la tranche 30-59 ans, 95 pour les 60-69 ans, 530 pour les 70-79 ans et 1430 pour les plus de 80 ans. Comme l'espérance de vie des pays développés continue d'augmenter, le nombre de personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer risque de fortement augmenter dans les années à venir.

Prévisions du nombre de malades d'Alzheimer en France en 2020 et 2040 (estimations réalisées sous l’hypothèse d’une prévalence constante de la démence). Source : Assemblée Nationale, Rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé. Juillet 2005.

2. Des facteurs génétiques

  • Les gènes responsables des formes précoces de la maladie

Dans certaines familles où des formes précoces d'Alzheimer sont observées, on trouve des mutations du gène APP qui code pour le précurseur du peptide amyloïde. Des mutations des présénilines ont aussi été observées dans des formes familiales de la maladie d'Alzheimer. Les présénilines interviennent dans la maturation de l'APP. Les présénilines mutantes conduisent à une surproduction du peptide amyloïde sous sa forme longue. L'ensemble de ces mutations représente moins de 1 % des cas.

Alors que les gènes APP et des présénilines conduisent directement à une surproduction du peptide amyloïde, le gène de l'apolipoprotéine E conduit simplement à un facteur de risque d'apparition de la maladie plus important.

Trois versions (ou allèles) de ce gène existent : e2, e3 et e4. Alors que dans la population, on trouve 80 % de la variante e3, 15 % d'e4 et 5 % d'e2, l'allèle e4 est surreprésenté chez les malades d'Alzheimer (40 %). Pour une personne portant un allèle e4, le risque de développer la maladie d'Alzheimer est multiplié par 3 par rapport à une personne n'ayant pas cet allèle ; pour une personne ayant deux allèles e4, il est multiplié par 15.

L'apolipoprotéine E est impliquée dans le transport sanguin du cholestérol. Elle pourrait jouer le rôle d'un "chaperon" moléculaire qui favoriserait l'agrégation des peptides amyéloïdes. L'allèle APO e4 est aussi un facteur de prédisposition pour les maladies cardio-vasculaires (infarctus, accident vasculaire cérébral).

Hypothèse du rôle de l'apolipoproteine E4 dans la formation de plaques séniles. Source : M. C. Jacquier.
  • Autres gènes

Des études sont en cours pour trouver tous les gènes de prédisposition à Alzheimer. En juin 2008, des travaux publiés dans la revue Cell ont montré que le gène CALHM1 (calcium homeostasis modulator 1) constitue un autre facteur de risque pour la maladie d'Alzheimer. CALHM1 est une protéine impliquée dans le transport du calcium dans la cellule.

3. Des facteurs liés au mode de vie

Un lien entre la consommation d'aluminium et la maladie d'Alzheimer a été évoqué. En effet, des patients sous dialyse exposés à de forts taux de sels d'aluminium, présentent des dépôts de peptides amyéloïde et des protéines Tau hyperphosphorylées. Le taux d'aluminium dans le cerveau de patients Alzheimer serait supérieur à la normale. Mais le rôle de l'aluminium dans la pathologie n'a pas été prouvé.

Le diabète, l'hypertension artérielle ou un taux de cholestérol élevé constituent des facteurs de risque de la maladie. De façon générale, les facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires (tabagisme, maladies coronariennes, athérosclérose) sont aussi des facteurs de risque de la maladie d'Alzheimer.
Enfin, le niveau d'éducation semble influencer le déclenchement de la maladie, les personnes ayant un niveau d'éducation plus bas étant plus souvent atteintes. En réalité, un niveau d'éducation plus élevé retarderait le développement de la maladie.