Santé

On ne mange pas ce que l'on croit manger ! Ni en quantité ni en qualité

Dossier - Maigrir sans régime, c'est possible !
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Évaluer son alimentation avec des outils utilisés en recherche. Découvrir les connaissances scientifiques actuelles des phénomènes menant à l'épidémie d'obésité. Voici de quoi devenir un décideur de votre santé plutôt que la victime des publicités et des modes.

  
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Pour connaître les quantités vraiment mangées, il faut évaluer de façon précise et objective son alimentation... et abandonner vos impressions.

Gourmande, la pizza ! © Zuzi99, Pixabay, DP

Les quantités, parfois, nous échappent... Cette notion arrive tout droit des études scientifiques. Elles ont pu établir le fossé qui existe entre ce que les gens croient manger et ce qu'ils mangent vraiment. Donc, pour savoir où et comment corriger une alimentation, il est impératif de commencer par prendre une « photo » de ce qui est consommé. Pour cela, j'ai réuni différentes notions utilisées en recherche : le semainier, le questionnaire semi-quantitatif, et les apports recommandés.

La pyramide alimentaire (cliquez sur l'image pour l'agrandir). © Diffu-Sciences

Le semainier consiste à noter

Noter jour après jour, pendant une semaine, tout ce que l'on a mangé dans la journée, à quelle heure, et dans quelles circonstances. Cette semaine est celle de l'évaluation objective et aussi précise que possible de l'alimentation.

Le mieux est donc de choisir une semaine habituelle, sans rien y changer. Ce bilan indispensable permettra de faire le diagnostic des erreurs alimentaires et de les corriger en restant au plus près des goûts et des besoins de chacun. 

Le gâteau aux noix : pensez à la pyramide alimentaire.

Deux objectifs pour vous guider

  1. Ne rien oublier de ce que l'on met dans sa bouche, même la bouchée de brioche ou le carré de chocolat.
  2. Se méfier de la tentation de ne pas prendre le carré de chocolat... pour ne pas avoir à le noter ! Cette restriction spontanée est bien connue des diététiciennes et autres chercheurs sur l'alimentation : il suffit parfois de demander à des personnes en surpoids d'inscrire systématiquement tout ce qu'elles mangent pour qu'elles mangent moins ! Mais ici, le but est de diagnostiquer des erreurs pour manger mieux !
Bien noter quantité et proportions.

Je me suis inspirée des questionnaires semi-quantitatifs utilisés dans les gigantesques études américaines sur l'alimentation (mais aussi dans les petites mais très sérieuses études genevoises) pour l'évaluation des quantités et leur transformation en portions. Le passage à l'image est une vraie nouveauté. Il permet les résultats les plus explicites.

Des protéines animales.

En tenant compte des quantités approximatives consommées et à l'aide d'une liste de portions fournie dans le livre, chaque aliment consommé peut être traduit en carrés coloriés dans une grille. Si l'on a mangé deux tranches de pain baguette (soit une portion de pain) à un repas, on colorie un carré dans la catégorie « céréales, pain, etc. » de la grille. Si l'on a mangé une entrecôte de 200 grammes (l'équivalent de deux portions de viande), on colorie deux carrés dans la catégorie « œufs, viandes, poissons, produits laitiers, légumineuses » de la grille, etc. Lorsque tous les aliments sont reportés dans la grille, une forme coloriée apparaît.

  • Exemple de semainier (Juliette, 18 ans)
  • Grille d'évaluation de l'alimentation de Juliette

La comparaison de cette forme à celle de la pyramide idéale des recommandations alimentaires met en évidence les bons et les moins bons aspects de l'alimentation.