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Ig Nobel : choix des lauréats et remise de prix

Dossier - Les incroyables Ig Nobel
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Les Ig Nobel récompensent des découvertes scientifiques dont le sujet de recherche laisse perplexe. Aussi sérieux que les classiques prix Nobel, ils reconnaissent des travaux étonnants, quel que soit leur degré de loufoquerie.

  
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On ne le répétera donc jamais assez : les lauréats des prix Ig Nobel, ainsi que leurs travaux, sont absolument authentiques. Ils sont donc choisis par une assemblée et ont droit à une véritable cérémonie. Mais quelle est donc cette assemblée, comment choisit-elle les lauréats, et comment se déroule la cérémonie ?

Les lauréats des prix Ig Nobel ont aussi droit à une cérémonie de remise de prix, un peu comme les médailles du prix Nobel. © DR

À l'issue d'une cérémonie de remise de prix, une journaliste anglaise monta sur scène pour questionner un lauréat Nobel, un vrai, qui avait participé à l'attribution des trophées : « C'était votre premier Ig, n'est-ce pas ? demanda-t-elle. Avez-vous apprécié ? » « Oh, oui, répondit le distingué scientifique, les yeux pétillant de bonheur. Ces gens étaient si comiques ! Vous imaginez s'ils s'étaient attelés à de tels travaux ? » La journaliste manqua s'étrangler. « Mais, ils l'ont vraiment fait ! »

Ig Nobel : qui choisit les lauréats ?

C'est le Bureau des gouverneurs des prix Ig Nobel qui choisit les lauréats. Et qui sont ces gens ? Bonne question. Cette assemblée réunit les rédacteurs des Annales des improbables recherches, un grand nombre de savants (parmi lesquels d'authentiques prix Nobel), des journalistes, et quantité d'autres personnalités internationales représentant bien des domaines. Mais tout cela reste très informel. Comme nous ne conservons aucune archive, nous ne nous souvenons guère de la constitution exacte du comité ou de l'origine des nominations. D'ailleurs, selon une tradition bien établie, nous ne nous refusons pas au dernier moment de descendre dans la rue pour requérir l'aide du premier venu...

La cérémonie de remise des Ig Nobel

La première récompense d'un Ig Nobel est d'apparaître en vedette à la cérémonie de remise, un peu à la manière d'une tartine beurrée qui, comme on le sait, tombe toujours du mauvais côté.

La première année, en 1991, la manifestation commença la nuit, à une heure indue, en présence de 350 personnes entassées dans le musée du MIT (Massachusets Institute of Technology). Cette année-là, nous avions invité quatre authentiques prix Nobel pour nous seconder. Tous arrivèrent, affublés de lunettes à la Groucho Marx, de nez de clown et autres chapeaux rigolos. La cérémonie étant ouverte à tous, le public s'était arraché les billets en un rien de temps. La presse était conviée. Et, ce soir-là, nous eûmes l'impression un peu enivrante de nous être infiltrés frauduleusement. Je parle de fraude, car nous avions tous le sentiment que, tôt ou tard, une quelconque autorité allait faire irruption, nous intimant l'ordre d'arrêter immédiatement et de rentrer chez nous.

Mais rien de cela ne survint. Ce fut un franc succès. Si bien que, l'année suivante, nous dûmes trouver de nouveaux locaux, plus vastes. Depuis, nous n'avons jamais cessé d'être inondés de nouvelles nominations. Et chaque année, les spectateurs, les lauréats et les authentiques prix Nobel, n'hésitent pas à accourir, parfois de fort loin, pour assister à l'événement.

Un message de monsieur Contrôle Parental

Même si notre sens de la dignité et de l'ordre est quelque peu singulier, nous nous efforçons de toujours conserver une certaine élégance à la cérémonie de remise, afin de ne pas heurter les sensibilités du public, qui est vaste (enfants, grands-parents, membres du clergé et scientifiques...). Aussi, pour s'assurer que rien ne puisse choquer leurs yeux, leurs oreilles (ou leurs doigts pour ceux branchés à l'internet), nous avons choisi de nommer un « préposé aux débordements » : monsieur Contrôle Parental.

Il s'agit de William J. Maloney, un avocat new-yorkais de grande renommée. Chaque année, il quitte son bureau de Manhattan pour rouler jusqu'à Cambridge, dans le Massachusetts. Armé d'un clairon de trois sous, en fer blanc, et d'un petit drapeau, cet homme sévère et digne, toujours en costume trois-pièces, est chargé de mettre un terme immédiat à tous les propos de nature offensante.