Santé

Grippe aviaire : la lutte contre les épizooties

Dossier - Grippe aviaire : prévention et vaccination
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La grippe aviaire A (H5N1) est une préoccupation de santé publique ; elle pourrait être à l'origine d'une pandémie, dans l'hypothèse de l'émergence d'un nouveau de sous-type viral contre lequel l'homme n'est pas protégé. Il est important de prévenir les virus grippaux aviaires afin d'éviter toute pandémie.

  
DossiersGrippe aviaire : prévention et vaccination
 

Avec la vaccination des oiseaux, d'autres mesures de lutte contre les épizooties ont été mises en place.

L'abattage massif des volailles est essentiel dans la lutte des épizooties. © 2006 Time Inc.

L'abattage des animaux

Les autorités sanitaires internationales, représentées par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Office international des épizooties (OIE) et l'OMS ont émis des recommandations concernant l'abattage massif des volailles infectées, ou en contact avec des animaux infectés, à tous les pays concernés par les épizooties de grippe aviaire.

À ce jour, plus de 150 millions de volailles ont été abattues ou sont mortes de la maladie. Les scientifiques s'accordent à penser que l'abattage de toutes les volailles à Hong Kong en 1997, et en 2003 aux Pays-Bas a contribué à l'arrêt de la progression de l'épidémie et à son extinction, beaucoup plus que les mesures de confinement et d'isolement des élevages infectés (Stegeman, Bouma et al. 2004 56).

Les mesures d'hygiène

Les mesures de protection vestimentaire, de décontamination et d'hygiène, citées plus haut s'appliquent à un niveau local, afin d'empêcher la propagation du virus aux fermes et aux habitations voisines des lieux contaminés. La circulation des volailles et du personnel à l'intérieur des pays concernés doit être strictement réglementée et surveillée. L'OMS a émis des recommandations à l'intention des personnes vivant en zone d'épizooties.

Les mesures économiques et commerciales

Au niveau de l'Union européenne, des mesures législatives ont été adoptées. Elles définissent les moyens de lutte et de contrôle en cas d'introduction des virus HPAI en Europe et en France notamment, indemnes jusqu'à fin 2005 de cas de grippe aviaire A (H5N1). La directive 2005/94/EC de décembre 2005 abroge celle de 1992 et décrit notamment :

Les exploitations avicoles sont réglementées. © www.news.cornell.edu
  • les mesures concernant les exploitations où des foyers de grippe aviaire sont suspectés ou avérés, notamment le mouvement et le transport des oiseaux, de la volaille, des œufs, des cadavres animaux ;
  • les conditions de repeuplement des exploitations avicoles ;
  • les règles de circulation et de commercialisation des viandes de volaille et de leurs produits dérivés, en provenance des pays atteints par les épizooties.

La vaccination des oiseaux

La vaccination des oiseaux (FAO, OIE et al. 2005 1) apparaît comme la mesure indispensable pour contrôler l'extension d'une épidémie, dans les pays où la densité des populations animales est importante, et où l'application stricte des mesures de sécurité et d'hygiène agricole est aléatoire. On dispose actuellement d'un certain nombre de vaccins :

  • les vaccins inactivés, soit homologues qui contiennent la même souche virale que le virus responsable de l'épidémie, soit hétérologues pour lesquels seule l'hémagluttinine est identique à la souche épidémique. Un vaccin inactivé dirigé contre le virus asiatique A (H5N1) de 2003 a été développé à partir de la souche A (H5N9) et confère une protection de 100% contre le A (H5N1) après infection expérimentale chez la souris (Girard, Cherian et al. 2005 25) ;
  • les vaccins recombinants ont été développés, exprimant notamment l'hémagglutinine de sous type H5 ; ce type de vaccin a déjà été utilisé au Mexique. Leur utilisation est assez limitée, en raison des réactions collatérales au virus vecteur. 
La vaccination des oiseaux est indispensable pour lutter contre les épizooties. © 2003 Xinhua News Agency

Le 5 février 2004, une commission d'experts vétérinaires, réunie à Rome, a recommandé l'utilisation de la vaccination des volailles d'élevage dans les zones concernées par les épidémies, par des vaccins inactivés homologues ou hétérologues exclusivement.

La directive 2005/94/EC adoptée en décembre 2005 par l'Union européenne approuve la vaccination des volailles comme mesure de prévention à court terme, voire à long terme. Des programmes de vaccination sont implémentés en Italie, en France et aux Pays Bas.