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Cocaïne : effets et dépendance

Dossier - Drogues : effets et dépendance
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La plupart des drogues sont aujourd’hui interdites à la consommation. Dans ce dossier vous pourrez mieux comprendre les drogues, leurs modes d’actions et les dépendances qui en découlent.

  
DossiersDrogues : effets et dépendance
 

La cocaïne agit sur le corps humain à différents niveaux, entraînant des réactions variées de l'individu. Elle peut provoquer une dépendance chez certains usagers.

La cocaïne une drogue forte. © Syda Productions, Shutterstock

La nature et la cinétique des effets physiologiques et comportementaux de la cocaïne dépendent de sa voie d'administration et de la dose prise par l'individu. On observe dans tous les cas une augmentation du rythme cardiaque et de la pression artérielleLa plupart du temps, le début des effets comprend une phase de plaisir intense proche de l'orgasme aux dires des utilisateurs, nommée le "rush". En fait, le rush n'est pas expérimenté par les personnes mâchant des feuilles de coca, seulement lorsque la cocaïne est injectée, inhalée ou fumée par l'utilisateur. Les effets généraux comprennent une période d'euphorie après la prise et des vertus stimulantes qui paraissent d'autant plus longues que la cocaïne est ingérée oralement. Ils peuvent alors durer plus d'une heure, mais demandent une latence importante - 10 minutes environ - avant d'apparaître.

Effets de la cocaïne sur le système nerveux autonome

Effets de la cocaïne sur le système nerveux autonome

La cocaïne entraîne une activation du système nerveux sympathique en augmentant la quantité de noradrénaline extracellulaire au niveau des terminaisons nerveuses innervant les organes. La noradrénaline est un neuromédiateur qui stimule la vasoconstriction, autrement dit la baisse du diamètre des vaisseaux sanguins et augmente ainsi la pression artérielle. Parallèlement, l'action de la cocaïne sur les cellules musculaires responsables du rythme de contraction du cœur augmente la fréquence des contractions cardiaques. Le rythme cardiaque s'accélère.

Les effets physiologiques de la cocaïne sur le cœur et les vaisseaux sanguins s'expliquent par l'action de la drogue sur le système nerveux autonome (responsable du contrôle d'un grand nombre d'activités inconscientes de l'organisme) et plus précisément par l'activation du système sympathique. Les autres effets comportementaux et moteurs passent par une fixation cérébrale de la substance considérée. La cocaïne ne demeure pas éternellement dans le corps, elle est rapidement dégradée par l'organisme. Sa demi-vie, soit le temps pour qu'il ne reste plus que la moitié de la quantité initiale, est d'environ une heure.

La cocaïne peut entraîner des phénomènes de dépendance chez certains utilisateurs. Pour environ 90% des personnes prenant le produit, l'usage reste cependant indéfiniment récréatif ou régulier. Les quelque 10% restant finissent par augmenter la fréquence et la dose de drogue consommée pour devenir des utilisateurs compulsifs, et cette dérive mène inévitablement vers la dépendance.

Ce phénomène vient du fait que l'effet de la drogue est double : une phase euphorique, ou "high", suivie d'une période opposée où l'individu se sent triste et voit tout en noir (dysphorie). Au fil des prises, une tolérance se développe et la durée de la phase d'euphorie diminue. Certains utilisateurs augmentent alors les doses pour compenser ou rapprochent les administrations. L'augmentation de la quantité de drogue absorbée peut produire des crises de paranoïa et de psychoses, voire des comas et des crises convulsives et mettre en danger la vie du toxicomane en cas d'overdose.

Pendant le sevrage, plusieurs étapes se succèdent. La première phase dite de "crash" dure quelques jours pendant lesquels la personne est irritable, anxieuse et insomniaque. La phase de sevrage proprement dite, de quelques semaines, lui succède avec une absence de plaisir à vivre (anhédonie) et une baisse d'énergie globale de l'individu. À ce moment, les chances de rechutes sont très grandes. Vient enfin la dernière phase, de durée indéfinie, nommée aussi phase d'extinction, où la recherche de produit devient plus intermittente jusqu'à disparaître à terme. La dépendance est donc surtout psychique dans le cas de la cocaïne. 

Cocaïne et échelle de stéréotypies

Tous les effets de la cocaïne ne sont pas soumis au phénomène de tolérance, c'est-à-dire à la réduction des effets pour la même dose au fil des prises. C'est le cas des mouvements stéréotypés observés chez l'Homme, également mesurables simplement chez les rongeurs. Ces mouvements consistent en des phases statiques de reniflement et de mouvements répétitifs de la tête notamment. (D'après Maclennan et Maier, 1983.)

Le saviez-vous ? Cocaïne et dopage

Récemment un tennisman français, Richard Gasquet, a été contrôlé positif à la cocaïne en marge d'un tournoi. La dose trouvée dans ses urines était infime mais détectable. Pour sa défense, le sportif a fait faire un test capillaire montrant qu'il n'était pas un utilisateur régulier (les dérivés cocaïniques s'accumulent dans les cheveux). À l'heure actuelle, l'utilisation volontaire ou non du produit reste impossible à déterminer, ce qui restera probablement le cas. Les doses mesurées chez cet homme sont très faibles et peuvent tout aussi bien provenir d'un contact avec la drogue sur un objet ou une personne que d'une inhalation passive de fumée de crack...