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Amphétamines : effets et dépendance

Dossier - Drogues : effets et dépendance
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La plupart des drogues sont aujourd’hui interdites à la consommation. Dans ce dossier vous pourrez mieux comprendre les drogues, leurs modes d’actions et les dépendances qui en découlent.

  
DossiersDrogues : effets et dépendance
 

Les amphétamines stimulent la plupart des fonctions de l'organisme, le rendant hyperactif et voilant faim et fatigue à l'utilisateur.

Amphétamines, effets et dépendance. © Andrey_Popov, Shutterstock

Comme pour toutes les drogues, les effets amphétaminiques sont dépendants de la voie d'administration et de la quantité prise. Ces effets varient aussi en fonction du type d'amphétamine utilisée, l'ecstasy n'entraînant pas exactement les mêmes conséquences que les autres amphétamines. Certains effets physiologiques sont cependant généraux, et comme dans le cas de la cocaïne, on observe une augmentation notable de la pression artérielle et du rythme cardiaque, ainsi qu'une dilatation des bronches et des pupilles, effets contrôlés par le système nerveux sympathique. Les amphétamines sont avant tout des stimulants. Elles augmentent l'état d'alerte de l'individu, comme pour le préparer à la fuite ou au combat, attisent son énergie et sa confiance et diminuent son appétit et sa fatigue.

Les amphétamines et dérivés ont une durée d'action longue car la demi-vie de ces produits dans l'organisme est de l'ordre d'une douzaine d'heures. Elles sont dégradées partiellement par le foie et quelque 30% peuvent ressortir intactes dans les urines. Cependant, les effets observés chez l'Homme sont beaucoup plus courts, environ une heure, et s'arrêtent donc alors que la drogue est encore présente en quantité dans le corps. Cela s'explique par une baisse de l'efficacité de la drogue progressivement dans l'organisme, due à des compensations physiologiques, autrement dit à des régulations endogènes et des mécanismes cellulaires compensant les effets de la drogue, et au phénomène de tolérance.

Effet de l’ecstasy sur différents paramètres physiologiques

Le MDMA, ou ecstasy, agit sur le système sympathique au même titre que la cocaïne et les autres amphétamines. On constate une augmentation des pressions sanguines dans le muscle cardiaque pendant la contraction (systole) et pendant la relaxation (diastole), ainsi qu'une élévation du rythme cardiaque. À l'inverse, la température corporelle reste stable. Les effets durent plus de deux heures (d'après Lichti et Vollenweider, European Neuropsychopharmacology, 2000).

La dépendance est relativement peu fréquente avec les amphétamines. Les effets sont, comme pour la cocaïne, fondés sur un cycle d'euphorie /dysphorie (plaisir/mal-être) qui évolue au fil des prises. Les phénomènes de tolérance et de sensibilisation (augmentation des effets) sont très importants et peuvent provoquer des modifications comportementales dramatiques.

Effets comportementaux des amphétamines

Les amphétamines provoquent des modifications comportementales drastiques chez l'Homme et l'animal. Chez les rongeurs, on constate que l'augmentation de la dose d'amphétamine réduit le nombre d'activités comportementales différentes. Les premières activités touchées sont la prise de nourriture et le sommeil, mimant les effets observés et recherchés chez l'Homme. L'augmentation des doses mène ensuite à des stéréotypies. (D'après Lyon and Robbins, Current developments in psychopharmalogy, 1975.)

En effet, certains effets augmentent avec le nombre de prises, comme les stéréotypies - les activités motrices standardisées et répétées à l'identique de nombreuses fois par la personne - mais aussi les syndromes psychotiques (perte de prise sur la réalité, hallucinations...).

Cette augmentation des psychoses suite à la répétition des administrations d'amphétamines est sûrement due aux effets cérébraux de la drogue sur les circuits assurant les fonctions cognitives de l'individu. La prise régulière d'ecstasy entraîne ainsi un amaigrissement, un affaiblissement et des troubles de l'humeur avec une agressivité exacerbée et des perturbations psychiques.

En cas d'arrêt des amphétamines, la période d'abstinence s'accompagne de symptômes variés. On peut ainsi observer au pire des déliriums - confusion et hallucinations -, une grande anxiété, de longues périodes d'activité motrices de jour comme de nuit alternant avec des phases de dépression physique et psychique importante et des pertes du sommeil. Les accidents mortels, par arrêt cardiaque, existent mais sont rares et surviennent à des doses très importantes. La dépendance est surtout psychique.

 Le saviez-vous ? "Requiem for a dream"

Dans le film Requiem for a dream (film du réalisateur Darren Aronofsky, aussi connu en français sous le nom de Retours à Brooklyn), les étapes de la spirale amphétaminique sont dépeintes de manière très détaillée. La mère de famille commence à prendre les pilules pour perdre du poids. Très vite, elle ne peut plus se passer de l'énergie tirée de ces comprimés. Elle passe son temps à nettoyer son appartement de manière stéréotypée et finit par avoir des hallucinations, son réfrigérateur devenant vivant. Elle termine en institution.