Le cannabiscannabis a des effets complexes et variés sur le corps, mais la dépendance que provoque sa consommation est très controversée.

Marijuana. © BestStockFoto, Shutterstock

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Les effets du cannabis dépendent non seulement de la voie d'administration - surtout pulmonaire mais aussi orale voire sublinguale ou rectale - mais également de la dose prise qui varie de manière importante suivant la quantité et le produit considéré - marijuana, haschisch ou huile. La substance activesubstance active, le tétrahydrocannabinol ou Δ9-THC, se retrouve en quelques secondes dans le sang en cas d'inhalationinhalation et la quantité maximale plasmatique est atteinte quelques minutes plus tard. À l'inverse, un délai d'une à deux heures est observé avant les effets du produit lorsque celui est ingéré et la proportion de droguedrogue passant dans le sang est nettement plus faible.

Image du site Futura Sciences

Effets du cannabis sur le comportement

La période euphorique initiale liée à la prise de cannabis s'accompagne de nombreuses modifications comportementales chez l'usager. On constate notamment des modifications des perceptions sensorielles variées, ainsi qu'une baisse des capacités motrices et des performances psychiques. Ces troubles passagers modifient les réponses cognitives et motrices de l'individu aux différents changements de son environnement et aux tâches intellectuelles à effectuer. (D'après Koob et LeMoal, Neurobiology of addictionaddiction, Academic Press Inc, 2006.)

Comportements modifiés

• Euphorie
• Modifications de la perception
 - Sentiment d'irréalité (lourdeur ou légèreté du corps)
 - Ralentissement du temps
 - Distorsion de la vision spatiale
 - Augmentation des couleurs
 - Augmentation des sons
 - SynesthésieSynesthésie (à fortes doses)
• Sédation
• Problèmes moteurs
• Baisse des performances mentales
• Augmentation de l'appétit
• Analgésie

Les effets physiologiques sont nombreux : augmentation du rythme cardiaque, baisse des sensations douloureuses, inhibitionsinhibitions motrices plus ou moins marquées, voire hypothermie et catalepsie. Diverses réponses comportementales accompagnent ces conséquences physiologiques.

Le  Δ9-THC présente la particularité d'être soluble dans les graisses et passe donc très bien les membranes des cellules de l'organisme. Il est dégradé finalement par le foiefoie, mais sa demi-viedemi-vie dans l'organisme est longue par rapport aux autres drogues puisqu'elle est estimée à plusieurs dizaines d'heures. Chez des utilisateurs réguliers, on peut d'ailleurs retrouver la présence du produit plus d'un mois après la dernière prise.

La prise de cannabis provoque, comme dans le cas des psychostimulants (cocaïne, amphétamines), une phase de bien-être intense ou "high", qui diminue de manière notable au fil des expériences avec la drogue. De la même manière, certains effets physiologiques sont réduits au cours du temps, comme l'augmentation du rythme cardiaque, bien plus faible chez les fumeurs réguliers que chez les expérimentateurs occasionnels. Cette tolérance observée semble à mettre plutôt sur le compte d'adaptations neurobiologiques que sur des modifications de l'apport ou de la dégradation du produit.

Enfin, une forte consommation de cannabis semble augmenter la vulnérabilité de certains individus à développer une psychosepsychose. Il existe un syndromesyndrome de sevragesevrage voisin de celui des psychostimulants, comprenant des phases anxieuses et une irritabilité exacerbée, ainsi que des problèmes à trouver le sommeilsommeil et une baisse de l'appétit.

Cette période, qui commence entre un et trois jours après l'arrêt de la drogue, connaît un pic aux alentours de dix jours de sevrage et peut mener l'individu jusqu'à une dépression, ou tout du moins affecter énormément ses capacités de concentration et sa motivation.

Y a-t-il ou non dépendance au cannabis ? La question fait encore aujourd'hui débat parmi les spécialistes. Elle est en tous les cas beaucoup moins évidente que celle observée avec les autres drogues. L'aspect physiquephysique de la dépendance est faible, comme pour les psychostimulants, tandis que l'aspect psychologique semble moins prononcé que pour toutes les autres drogues.

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Cannabis et nutrition

De nombreux utilisateurs font état d'une envie irrépressible de nourriture après la consommation de cannabis. Cette conséquence comportementale a été démontrée chez l'animal. La drogue augmente la prise de nourriture uniquement si la dose administrée n'est pas trop élevée car sinon c'est l'aspect sédatif qui prend le pas sur le reste - ici montré par l'inhibition de la locomotion de l'animal. (D'après Wiley et al., British journal of pharmacology, 2005.)