Les ovaires de souris produisent continûment de nouveaux ovules durant toute la vie de l'animal. Un dogme de la biologie s'effondre et de nouvelles voies s'ouvrent dans de multiples domaines : lutte contre la stérilité, congélation d'ovocytes d'animaux d'élevages, etc.
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Les manuels de biologie vont devoir être modifiés. Une équipe américaine vient de désagréger une certitude enseignée depuis des lustres : alors que les mâles de mammifèresmammifères produisent des spermatozoïdesspermatozoïdes durant toute leur vie, les femelles naissent avec un stock d'ovocytesovocytes déterminé qui leur servira de la pubertépuberté à la ménopause.
Johnathan Tilly et son équipe du Mass General Hospital (Boston) a découvert par hasard que les souris n'obéissent pas à cette loi et qu'elles continuent toute leur vie à fabriquer ces ovules.

De plus, leurs résultats laissent penser que d'autres mammifères, dont l'espèceespèce humaine, pourraient en être capables également.
Ces chercheurs étudiaient la manière dont les folliculesfollicules (structures à l'intérieur desquelles mûrissent les ovocytes) meurent au fil du temps. Dans l'espèce humaine, par exemple, le fœtusfœtus féminin fabrique jusqu'à six millions d'ovocytes, dont beaucoup commencent à mourir dès le sixième mois de la grossessegrossesse. Il n'en reste qu'environ deux millions à la naissance et moins de 300.000 à la puberté. Le pourquoi et le comment de cette extermination posent encore question. L'équipe américaine espérait bien trouver une réponse chez les souris.

Mais le résultat fut autre : en dénombrant les follicules vivants et ceux en train de mourir, les scientifiques ont eu la surprise de constater d'incroyables quantités de follicules en fin de vie chez les souris adultes. Deux solutions : ou bien il s'agissait de "cadavres" de follicules morts bien plus tôt ou bien de nouveaux follicules étaient créés et, avec eux, de nouveaux ovocytes, faute de quoi les souris adultes épuiseraient rapidement leur stock. L'observation d'une élimination systématique des cellules mortes a permis d'écarter la première hypothèse. Et l'équipe n'a pas tardé à démontrer la seconde.

Tout d'abord, les chercheurs ont repéré une couche de cellules germinalescellules germinales (à l'origine de la formation des gamètesgamètes) contre la paroi de l'ovaire de souris adultes, comme on en trouve le long des tubes séminifères dans les testiculestesticules des mâles. Ils ont vérifié leur hypothèse, notamment à l'aide de souris mutantes dont un gènegène colore les protéinesprotéines en vert. Greffée dans des souris normales, cette couche cellulaire a transmis sa coloration à une nouvelle génération d'ovocytes. CQFD !

Surprenants sur le plan scientifique, ces résultats ne sont pas tout à fait une première : la formation continue d'ovocytes existe également chez deux autres mammifères au moins, la lapine et la truie. Elle existe également chez d'autres vertébrésvertébrés (les poissonspoissons) et les invertébrés.

Mais, surtout, l'équipe de Johnathan Tilly a mis en évidence cette élimination régulière d'une grande quantité d'ovocytes tout au long de la vie, impliquant la formation de nouveaux ovocytes. Or, personne n'a vraiment cherché ce mécanisme d'élimination chez les autres mammifères, "parce que le dogme était trop convaincant" explique Johnathan Tilly.

D'autres espèces pourraient donc être concernées. Si cette fabrication continue d'ovocytes se vérifiait pour des espèces d'élevage, elle permettrait d'isoler des cellules germinales d'individus femelles intéressants, cellules que l'on pourrait congeler. Chez la femme, l'utilisation de ces cellules germinales pourraient peut-être résoudre des cas d'infertilitéinfertilité, par exemple après des radiothérapiesradiothérapies des ovairesovaires.