Santé

La pneumonie mystérieuse s'étend dans le monde

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Le 11 mars dernier, l'organisation mondiale de la santé émettait une alerte très rare. Une alerte médicale à l'échelle de la planète concernant une forme de pneumonie très contagieuse sévissant en Chine et au Japon. Le 17 Mars dans au moins 12 pays des cas suspects étaient détectés pouvant signifier une large dispersion de cette pneumonie atypique (Canada, Allemagne, Chine, Japon, Malaisie, Thaïlande, Vietnam, Australie, Suisse, Slovénie, Grande-Bretagne, France). Dans la plupart des cas, il reste encore à confirmer ou non l'origine des symptômes, mais tous sont liés à des personnes qui ont voyagé récemment en Asie. La menace est prise très au sérieux par plusieurs pays, dont les Etats-Unis, l'Afrique du Sud, et la Russie qui ont mis en état d'alerte leurs services médicaux.

Image en fausses couleurs de Haemophilus influenzae causant notamment des pneumonies infantiles.

En Asie


Tout semble avoir commencé à Hong Kong et au Vietnam. Cet agent pathogène encore non identifié extrêmement infectieux a contaminé à partir d'un seul patient 20 personnes du personnel soignant d'un hôpital d'Hanoï. Depuis mi-février 5 morts ont été rapportés sur 305 cas d'infections identifiés en Chine. Parmi ces 5 morts, deux ont été causés par une infection à Chlamydiae. Le département de santé d'Hong kong a rapporté que 23 membres du personnel hospitalier avait développé une forte fièvre, et 8 présentent, à la radiographie, les symptômes précoces d'une pneumonie. Actuellement aucun lien n'a été fait avec l'apparition d'une nouvelle souche virale de la grippe aviaire dans ces pays.
Les symptômes initialement observés à Hanoï sur les 48 premiers cas recensés, ressemblaient à ceux de la grippe, avec une forte fièvre, des douleurs musculaires, maux de tête et de gorge. Ces symptômes évoluent rapidement en une forme atypique de pneumonie (aussi appelée symptôme de détresse respiratoire aiguë -SARS-) entraînant une importante détresse respiratoire, pouvant nécessiter une assistance respiratoire.
Les estimations actuelles indiquent que plus de 470 personnes ont été infectées, et 9 sont mortes. La Chine est donc particulièrement touchée avec plus de 300 cas, les 170 autres cas ont été recensés à Hanoi (Vietnam) et à Hong Kong ou sont en relation avec des personnes ayant visités ces pays récemment.

Le reste du monde


L'infection semble se propager rapidement grâce aux vols longs courrier. Un cas non confirmé a été rapporté en Grande-Bretagne (d'un voyageur revenant d'Hong Kong). En France, deux cas suspects sont actuellement examinés, 1 personne présentant des symptômes grippaux, et une deuxième des symptômes bronchitiques. Des cas ont aussi été rapportés en Australie, en Suisse et en Slovénie. Neufs cas (dont 2 morts) ont été identifiés au Canada, et trois cas en Allemagne. Cependant des cas suspects ont été finalement écartés en Indonésie et aux Philippines. La France avait décidé plus tôt dans la journée de mettre en alerte le service médical des Aéroports de Paris (ADP) afin notamment de surveiller les vols en provenance d'Asie.

Une course contre la montre a commencé


Une pneumonie est une inflammation des poumons causée par une infection virale, bactérienne, ou par un champignon. Les bactéries les plus fréquemment rencontrées dans ce type d'infection sont Legionella pneumophila, Chlamydia pneumoniae et Mycoplasma pneumoniae. Cependant l'agent infectieux responsable de ces cas atypiques de pneumonie demeure toujours inconnu. Il semble peu probable que cela soit un virus apparenté à celui de la grippe, ceux-ci se répandant plus rapidement. D'après les cas observés il semble que la période d'incubation soit comprise entre deux et sept jours. Heureusement, la contamination n'est pas très élevée et les seuls cas de contamination rapportés l'ont été avec des personnes en contact proche avec les malades (comme le personnel médical ou la famille).
Sous la direction de l'OMS, 11 laboratoires (répartis dans 10 pays) hautement spécialisés dans le diagnostique de cas inconnus tentent d'identifier l'agent infectieux, et d'améliorer la précision des tests de diagnostique. Seule l'identification de l'agent infectieux permettra de mettre en place les mesures sanitaires nécessaires pour arrêter sa dispersion, et surtout permettra de définir un traitement. Le ministre de la santé d'Hong Kong a fait savoir que certains patients avaient réagi positivement à l'utilisation d'un cocktail d'anti-viraux et de stéroïdes. Parallèlement à ces efforts d'identification, des membres du personnel de santé sont entrain de retracer les itinéraires des victimes afin de tenter d'identifier toutes les personnes avec lesquelles elles auraient pu être en contact.

Les recommandations de l'OMS


L'organisation de la santé n'a pour l'instant émis aucune limitation de voyage. Cependant, l'OMS a émis pour les compagnies aériennes et les passagers un guide de secours. Il est ainsi indiqué aux commandants de bord de signaler aux services médicaux de l'aéroport de destination tout cas de personne malade ayant récemment voyagé dans une région infectée et présentant une forte fièvre (> 38°C), une toux, ou encore une difficulté à respirer à bord d'un avion, afin que cette personne et ses proches soient mis en quarantaine. Le nom et lieu de résidence des autres passagers étant simplement relevés, leur demandant de signaler toute fièvre suspecte dans les jours suivants. Certaines compagnies aériennes à Hong Kong ont déjà adopté des mesures d'hygiène, en installant des filtres à particules dans les avions. Ces filtres permettent d'éliminer la plupart des gouttelettes et particules qui peuvent être responsables de la transmission de la maladie. Cependant les autorités insistent sur le fait que toutes personnes malades doit se signaler au service de santé ou à défaut au personnel navigant.
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