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Pneumonie mystérieuse : probablement due à l'apparition d'un nouveau virus

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Ces derniers jours les chercheurs du CDC à Atlanta (USA) ainsi que de nombreux autres laboratoires dans 10 pays différents ont tenté d'isoler et d'identifier l'agent pathogène responsable des cas de pneumonies atypiques qui se propagent dans le monde. Leur conclusion est que nous assistons probablement à l'émergence d'un nouveau virus.

Image en microscopie électronique du virus Nipah. crédit: courtesy of C.S. Goldsmith and P.E. Rollin (CDC), and K.B. Chua (Malaysia).

Les premiers cas sont apparus à Hong Kong et Hanoï (Vietnam). D'après les rapports de l'OMS de mardi, 9 morts sont à déplorer parmi 500 cas probables ou confirmés de contamination. Dans ce rapport, les pays concernés sont : la Chine (300 cas), Hong Kong (123 cas), Singapour (23 cas), Allemagne (2 cas), Canada (8 cas), Taïwan (3 cas), Thaïlande (1 cas), Vietnam (57 cas), Slovénie (1 cas), Grande-Bretagne (1 cas). Il n'est fait aucune mention des deux cas suspects en France dans ce rapport.

Le fait que les premiers malades aient été détectés à Hong Kong est probablement une chance, car cela a permis de détecter l'émergence de cette maladie très rapidement. En effet Hong Kong possède un système de veille sanitaire très vigilant par rapport aux maladies infectieuses qui pourraient être d'origine grippale. L'Asie est considérée par de nombreux spécialistes comme un véritable réservoir à virus. Les conditions de vie, la forte densité de population et le grand nombre de vols internationaux, réunissent toutes les conditions pour qu'une maladie infectieuse apparaisse et se propage rapidement. Le plus récent cas d'une alerte globale remonte à 1993, lors de la détection de l'hantavirus. En 1976, une maladie inexpliquée fit son apparition, cela nécessita 6 mois d'efforts pour finalement identifier la bactérie responsable de cette maladie que l'on a appelé la légionellose.

Des difficultés pour identifier l'agent pathogène

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Actuellement les chercheurs n'arrivent toujours pas à mettre en culture au laboratoire l'agent infectieux. C'est pourtant une étape obligatoire afin de pouvoir isoler l'agent pathogène. Le problème provient sans doute de la qualité des échantillons prélevés. En effet de nombreux paramètres comme l'état d'avancement de la maladie au moment du prélèvement, et la qualité de l'échantillon, sont des éléments essentiels. Pour ces raisons, les chercheurs tentent d'obtenir des prélèvements de tissus, de patients infectés mais toujours vivants.

Un nouveau virus ?


Les premiers soupçons se sont portés sur une souche de grippe, donnant des craintes quant à l'émergence d'une grande pandémie de grippe dans le monde (Voir notre article sur le risque d'une épidémie de grippe mondiale). Mais toutes les souches virales de grippe et leurs composants ont été testés sans succès, écartant heureusement cette possibilité.
A l'heure actuelle, tous les pathogènes connus pour infecter l'homme ont virtuellement été testés sans succès. Initialement il a été rapporté que deux morts avaient été imputées à une infection par Chlamidia, les chercheurs doutent de la validité de ce résultat car une part importante de la population peut être positive aux tests de dépistage de Chlamidia sans pour autant présenter des signes cliniques de maladie. Une équipe spécialisée de l'OMS est partie en Chine aider les autorités à confirmer ou infirmer cette observation.

Bien que favorisant une origine virale, des tests ont aussi été effectués afin de s'assurer que des bactéries non habituellement impliquées dans des maladies respiratoires n'étaient pas en cause (comme Neisseria meningitidis agent de la méningite). De plus des dépistages d'agents considérés comme des armes bactériologiques (la peste et la brucellose par exemple) ont été entrepris afin de tester toutes les hypothèses possibles. Tous ces tests se sont révélés négatifs.

L'hypothèse la plus probable est donc maintenant que nous sommes en présence d'une espèce virale totalement nouvelle, ayant probablement réussi à passer de l'animal à l'homme, comme les virus HIV, Ebola (à la recherche du réservoir du virus Ebola) ou Nipah.

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