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Le virus de la pneumonie atypique beaucoup plus mortel que prévu (maj)

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L'analyse des derniers résultats statistiques sur l'épidémie de pneumonie atypique (SRAS) révèle qu'au moins 10 % des personnes contractant la maladie meurent. Le faible taux de mortalité annoncé jusqu'à présent était dû à des problèmes statistiques et des résultats partiellement incorrects. Ces problèmes sont connus et fréquemment rencontrés dans le cas des nouvelles maladies.

Avec un tel taux de mortalité, le virus de la SRAS se classe parmi les virus les plus mortels. Au même titre que les virus de la fièvre jaune ou de l'encéphalite japonaise tuant plus de 10000 personnes par an, malgré l'existence de vaccins. Ces deux virus sont transmis par les moustiques tropicaux. Le virus Lhassa tue quant à lui 70000 personne par an dans l'Ouest de l'Afrique. Ce virus semble se transmettre à partir des souris locales.
Ces virus extrêmement dangereux ont besoin d'un animal vecteur pour se propager, ce qui explique qu'ils n'existent que dans des zones géographiques précises. Malheureusement ce n'est pas le cas du virus SRAS qui lui peut se transmettre directement d'une personne à une autre et est présent dans la moitié du monde.

Un moyen classique de mesurer la mortalité liée à une maladie est de calculer ce que l'on appelle " le taux de mortalité " qui représente le nombre de mort rapporté au nombre de malades. Pour la SARS, ce taux de mortalité est 7,6 % à Hong Kong, 10,7 % au Canada, 9,9 % à Singapour. Les scientifiques précisent que ces taux peuvent encore être sujets à de fortes variations en fonction de l'évolution de la maladie. Il est important de noter que l'OMS suspecte que tous les cas en Chine n'ont pas encore été répertoriés.

En dehors de ces chiffres, ce qui semble évident dès à présent est qu'en absence de vaccin ou de traitement la SRAS pourrait tuer des millions de personnes à l'échelle de la planète. Le plus grand espoir réside dans la mise au point d'un vaccin efficace. Lors d'un congrès la semaine dernière à Washington DC, tous les grands laboratoires pharmaceutiques travaillant dans la mise au point des vaccins ont annoncé avoir commencé la recherche d'un vaccin contre la SRAS. Mais il est probable que la mise au point d'un vaccin efficace prendra des années.

Ces nouvelles inquiétantes ne doivent pas nous faire oublier plusieurs points qui sont rassurants. Tout d'abord la maladie semble avoir été contenue en Asie, et en dehors du Canada le nombre de nouveaux cas ainsi que le nombre de mort ne sont pas en forte augmentation. Cela peut probablement s'expliquer par le fait que même si le virus est extrêmement dangereux, il ne se transmet heureusement que difficilement (par contact proche). Ensuite, il a été possible de soigner des personnes malades grâce à des anticorps provenant de personnes ayant survécu. Cela signifie donc que le système immunitaire est capable d'éliminer le virus. Un vaccin efficace devrait donc pouvoir être mis au point. Seule ombre au tableau, il semble que de nouvelles souches virales soient déjà apparues indiquant que le virus pourrait muter très rapidement ce qui limiterait évidemment l'efficacité d'un éventuel vaccin.

Mesures exceptionnelles en Chine

La Chine compte actuellement 2.753 cas avérés et 1.730 cas suspects et 161 morts (+133 à Hong Kong). En plus des problèmes de santé, la pneumonie atypique commence à paralyser le pays, causant de sérieux problèmes économiques.

Les autorités chinoises ont pris des mesures drastiques pour tenter de contenir l'épidémie.
En fin de semaine, deux hôpitaux ont totalement été fermés, provoquant la mise en quarantaine de plus de 4000 personnes.
L'université du peuple a été totalement fermée,les étudiants n'étant pas autorisés à en sortir ou à y rentrer. Autre mesure de grande importance, tous les établissements publics officiels ou non (Les cinémas, les bibliothèques, les cafés et les bars, état civil) ont reçu l'ordre de fermer à Pékin.
Ceux-ci ne seront autorisés à ré-ouvrir que lorsque l'épidémie sera maitrisée.
Toute personne ne respectant pas les mesures de quarantaine est immédiatement arrêtée.

Les mesures Françaises

En France le gouvernement convoquera lundi un comité d'expert afin d'évaluer la situation. Un decrêt devrais très prochainement être pris afin d'hospitaliser d'office les cas suspects de pneumopathie. Le ministre de la santé a aussi annoncé son intention d'étendre les mesures de préventions aux vols en provenance de Toronto au Canada.

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