Santé

Irradiation : une greffe de cellules souches pour éviter l'amputation

ActualitéClassé sous :vie , Jean-Jacques Lataillade , laboratoire de recherche du centre de transfusion sanguine des armées

Il croyait ramasser un stylo, mais s'était en fait emparé d'un instrument contenant une source d'Iridium 192... Ce jeune ouvrier chilien, victime d'irradiation sur un chantier, avait vu des brûlures se développer sur sa main droite et sa peau se nécroser. Autrefois, la seule solution thérapeutique aurait été l'amputation. Mais, récemment, une greffe de cellules souches provenant de sa moelle osseuse a abouti à des résultats encourageants.

Cellule souche dans la moelle osseuse (Crédits : www.rds-online.org.uk)
Une greffe de cellules souches pour sauver la main d'un chilien victime d'irradiation

Suite à une mauvaise manipulation, le jeune ouvrier chilien avait tenu une source radioactive dans sa main droite. Des brûlures étaient alors apparues, et la peau avait commencé à se nécroser. Des lésions qui, en évoluant, s'accompagnent généralement d'une douleur si intense que même la morphine ne peut l'apaiser. La seule solution qui se proposait alors à lui : l'amputation de trois doigts.

Cependant, conseillé par un comité d'experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le Chili avait demandé l'hospitalisation de son grand brûlé en France, et le recours à une thérapie cellulairepour régénérer ses tissus.

L'opération a eu lieu il y a de cela un mois et demi, et les résultats ont été récemment présentés à la presse. Si les médecins ne peuvent pas encore parler de guérison, ils ont néanmoins affirmé que les douleurs avaient presque disparu, que les plaies étaient cicatrisées, et que le chilien avait recouvré la sensibilité de sa main.

En quoi a consisté cette thérapie cellulaire ? Comme l'explique Jean-Jacques Lataillade, chef du laboratoire de recherche du centre de transfusion sanguine des armées, les médecins ont prélevé de la moelle osseuse dans le bassin du patient, ont isolé les cellules souches mésenchymateuses qui s'y trouvaient, puis les ont mises en culture avant de les greffer sur la main du grand brûlé.

Si les premiers résultats de cette thérapie cellulaire sont encourageants, Jean-Jacques Lataillade a souligné qu'il ne s'agissait pas d'un essai clinique, mais « d'un traitement compassionnel, autorisé par l'Afssaps devant une irradiation. »

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