Santé

Espoir dans le traitement des myopathies

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Une étude menée chez la souris donne l'espoir de pouvoir à l'avenir utiliser des injections d'ARN pour traiter la myopathie de Duchenne. C'est la première fois qu'on arrive à avoir sur un modèle animal des résultats probants dont les effets durent plus de trois mois.

La dystrophie musculaire de Duchenne est une maladie génétique portée sur le chromosome X qui touche environ 1 garçon sur 3500. Les personnes atteintes ont une erreur dans le gène codant pour la dystrophine, une protéine du muscle. Les symptômes sont une dégénérescence progressive des muscles et la majorité des personnes atteintes ne dépassent pas l'adolescence.
La nouvelle approche utilisée pour soigner la DMD (dystrophie musculaire de Duchenne) semble pouvoir efficacement corriger cette déficience.
La cible de cette thérapie est l'ARN, étape intermédiaire entre l'ADN et la protéine (l'ADN lui-même n'est pas modifié par le traitement).

La majorité des mutations du gène de la dystrophine sont situées dans une région codant pour une partie de la protéine (exon) qui n'est en fait pas essentielle à son fonctionnement. Ces erreurs se répercutent sur la partie du gène qui est traduite ensuite (on a un décalage du cadre de lecture). Ainsi, après la transcription de l'ADN en ARN, un épissage (c'est-à-dire une élimination sélective d'une partie de la séquence d'ARN appélée intron) autour de ces mutations peut permettre d'obtenir une protéine plus courte en séquence d'acides aminés mais toujours partiellement fonctionnelle (on rétablit une séquence en acides aminés normale dans la partie de la protéine qui est traduite après la zone mutée).
Pour ce faire des petits fragments d'ARN oligonucléotides) sont injectés directement dans les muscles. Ces oligonucléotides sont dit antisens car leur séquence est complémentaire de celle de l'ARN ciblé.

Cette technique avait déjà donné des résultats intéressants lors d'une première expérience sur des cultures cellulaires. Des ARN antisens des séquences de l'extrémité de l'exon et de l'intron 23 du gène de la dystrophine (partie mutée à corriger) avaient permis d'observer l'épissage de l'exon mutant et la production sans décalage de cadre de lecture de protéines de dystrophine. Toutefois lors de l'essai de cette même technique in vivo les résultats avaient été décevants, avec une très faible production de protéines fonctionnelles.

L'équipe du docteur Qi Long Lu de l'hôpital Hammersmith (Londres) a réussi à obtenir des résultats bien meilleurs grâce à l'ajout d'un détergent synthétique (l'agent F127, drogue déjà communément utilisé pour d'autres thérapies) dans les solutions injectées : ce produit facilite la pénétration des ARN dans les cellules musculaires, et a permis de fortement augmenter la production de protéine.
Plus de 30 souris atteintes d'une forme de dystrophie musculaire ont pu ainsi être traitées. Trois mois plus tard, la quantitié de dystrophine fonctionnelle dans les muscles avait augmenté et la force musculaire des souris avait été restaurée à 70% de la normale. De plus aucune réponse immunitaire contre le traitement n'a été observé.

L'efficacité de la thérapie diminue toutefois après trois mois, et si celle-ci est appliquée chez l'homme, les patients auront donc à subir régulièrement des injections dans les muscles.
Une injection directement dans la circulation sanguine pourrait aussi être envisagée.

Références
Z. Dominski, R. Kole, "Restoration of correct splicing in thalassemic pre-mRNA by antisense oligonucleotides," PNAS, 90:8673-8677, September 15, 1993.
Lu, Q. L. et al. Functional amounts of dystrophin produced by skipping the mutated exon in the mdx dystrophic mouse. Nature Medicine, published online, doi:10.1038/nm897 (2003).

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