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Ulcère de Buruli : l'espoir vient d'un nouveau traitement oral

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L'ulcère de Buruli peut dorénavant être soigné efficacement grâce à l'association de deux antibiotiques, selon une publication de l'Inserm. Le traitement oral serait en plus bien toléré et pratique à utiliser.

L'ulcère de Buruli est provoqué par la bactérie Mycobacterium ulcerans. © Institut Pasteur

Une équipe Inserm vient de démontrer que deux antibiotiques, associés et administrés par voie orale, permettaient de traiter l'ulcère de Buruli. Cette maladie qui sévit particulièrement en Afrique subsaharienne, détruit la peau et les tissus sous-cutanés, entraînant de graves déformations et des incapacités fonctionnelles souvent durables. Plus de deux cas sur trois concernent des enfants de moins de 15 ans.

Jusqu'en 2004, le seul traitement disponible reposait sur la chirurgie. Depuis 2005, l'association de deux antibiotiques, la rifampicine et la streptomycine administrés sous forme injectable, avait permis de réduire le nombre de rechutes. Cette forme thérapeutique était cependant à l'origine de nombreux effets secondaires, qui se traduisaient notamment par des pertes de l'ouïe. Elle n'était en outre pas recommandée chez les enfants et les femmes enceintes, ce qui limitait considérablement la population accessible au traitement.

Des effets secondaires limités

Dans ce contexte, l'équipe Inserm de Laurent Marsollier (Angers) a testé l'efficacité d'une antibiothérapie orale associant rifampicine et clarithromycine. Trente patients ont été traités pendant huit semaines au Centre de diagnostic et de traitement Raoul Follereau de Pobé, au Bénin. Ce nouveau protocole a permis de limiter les effets secondaires. Il a par ailleurs, été bien toléré tant par les enfants que les femmes enceintes.

« Cette antibiothérapie par voie orale procure un meilleur confort au malade, tout en évitant les risques liés à l'injection, souligne Laurent Marsollier. Elle serait particulièrement adaptée pour les patients qui vivent souvent en zones rurales, et pour lesquels l'accès aux soins est très difficile. » Ces résultats doivent être confirmés par une nouvelle étude menée sous l'égide de l'OMS sur un nombre plus important de patients.

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