La Camargue, avec ses zones humides, ses moustiques, ses oiseaux, son climat chaud, est une région à risque pour le virus du Nil occidental. © Elizabeth, Fotolia

Santé

Virus du Nil occidental : une infection transmise par des moustiques en France

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Comme la dengue, le Zika, ou le virus Usutu, le virus du Nil occidental (ou West Nile en anglais) se transmet par la piqûre de moustiques. Présente dans des pays méditerranéens et d'Europe de l'Est, la fièvre du Nil occidental a touché une femme près de Nice en octobre 2017.

Voici une raison de plus de se protéger des piqûres de moustiques cet été : dans The Conversation, Sylvie Lecollinet, virologue à l'INRA, nous rappelle la présence probable du virus du Nil occidental en France. Le virus responsable de la fièvre du Nil occidental se transmet par la piqûre de moustiques communs en France, les Culex, et non par le moustique-tigre vecteur de la dengue et du Zika.

La fièvre du Nil occidental peut toucher les humains et les équidés, mais ces animaux sont des « impasses » pour le virus : le moustique leur transmet le virus après avoir piqué des oiseaux infectés. La fièvre du Nil occidental, qui passe souvent inaperçue, provoque une sorte de « grippe estivale », avec de la fatigue, de la fièvre. Dans de rares cas, moins d'1 % des infections chez l'homme mais plus souvent chez les chevaux, la maladie touche le système nerveux central, provoquant une méningite ou une encéphalite.

Un climat favorable aux infections transmises par des moustiques

La maladie a été repérée en Camargue sur des chevaux dès les années 1960. En France, le virus était présent lors de deux épisodes récents : en 2015 autour d'Arles et en 2017 près de Nice. Quelques patients ont été signalés avec des symptômes grippaux. Lors de l'épizootie de 2015 en Camargue, une quarantaine de chevaux ont eu une méningo-encéphalite, dont six en sont morts ou ont été euthanasiés.

Sylvie Lecollinet craint que les infections transmises par des moustiques deviennent de plus en plus  fréquentes en France : « On peut s'attendre à une augmentation des cas de fièvre du Nil occidental en France à l'avenir, comme pour d'autres pathologies transmises par les moustiques, par exemple le Chikungunya, la dengue, Zika ou Usutu. L'émergence de ces maladies tient à la combinaison de facteurs climatiques et environnementaux, comme l'érosion de la biodiversité. » Pour éviter les maladies transmises par des moustiques, éliminez les eaux stagnantes près de chez vous (soucoupes de pots de fleurs, piscines à l'abandon...) et privilégiez les vêtements longs et couvrants.

Pour en savoir plus

Le virus du Nil occidental bientôt placé sous surveillance en France

Article de Destination Santé paru le 25 mai 2013

Consécutivement à l'infection de sept Français entre 2000 et 2010, les autorités de l'Hexagone réactivent la surveillance du virus du Nil occidental entre le 1er juin et le 31 octobre sur l'ensemble du territoire. Ce pathogène, souvent bénin, peut malgré tout être à l'origine d'épidémies mortelles.

Le virus du Nil occidental est suivi de près en France, depuis la découverte de plusieurs cas d'infection chez des chevaux camarguais en 2000. Par ailleurs, entre 2000 et 2010, sept cas humains — dont aucun n'a été mortel — ont été rapportés dans le Var. Bien que la situation semble aujourd'hui sous contrôle, la surveillance est activement maintenue.

La surveillance du virus du Nil occidental a ainsi été mise en œuvre en 2000, en Camargue d'abord, puis étendue en 2003 à neuf départements du littoral méditerranéen : Alpes-Maritimes, Aude, Bouches-du-Rhône, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Hérault, Gard, Pyrénées-Orientales et Var.

Le virus du Nil occidental suivi de près

Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), « ces départements sont considérés à risque de diffusion du virus en raison de la présence des vecteurs potentiels, d'oiseaux migrateurs et de conditions climatiques et écologiques favorables ».

Les moustiques du genre Culex sont les vecteurs du virus du Nil occidental, et transmettent le plus souvent le pathogène des oiseaux infestés à l'Homme. © J. Gathany, CDC, DP

Le dispositif de surveillance est activé chaque année du 1er juin au 31 octobre, pendant la période d'activité des vecteurs. Il comprend quatre volets : les surveillances aviaire, équine, entomologique (moustique) et humaine.

Le virus du Nil occidental est transmis à l'Homme par un moustique du genre Culex, lui-même infecté à l'occasion d'un repas de sang sur un oiseau porteur. Dans la majorité des cas, l'infection passe inaperçue. Mais lorsqu'elle n'est pas asymptomatique, la maladie se présente comme un syndrome de type grippal avec fièvremaux de tête et courbatures. Plus rarement (1 cas sur 100 à 150), elle entraîne des méningites ou des encéphalites potentiellement mortelles.

L’Europe en proie à une épidémie en 2010

Bien que la France reste relativement épargnée avec seulement sept cas en dix ans, en 2010, l'infection a été à l'origine d'une épidémie en Europe. Entre le 1er juin et le 16 novembre de cette même année, 987 cas humains ont été enregistrés, dont 42 mortels. Ils sont survenus dans sept pays de la région méditerranéenne : Espagne, Grèce, Hongrie, Israël, ItalieRoumanie et Turquie.

Ailleurs, la situation est bien pire. L'an dernier, les États-Unis ont déclaré 5.674 cas, dont 286 mortels. « Ces épidémies soulignent le potentiel de diffusion de ce virus, indique l'InVSUne surveillance active et multiespèce doit être maintenue pour détecter tout phénomène épidémique. »

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