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Chikungunya, dengue : le moustique sous haute surveillance en Métropole

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Le moustique-tigre, le vecteur du chikungunya et de la dengue, s'installe petit à petit en Métropole mais fera l'objet d'une surveillance toute particulière entre mai et novembre, période de l'année où il est le plus agressif.

Le moustique-tigre, originaire d'Asie, pond normalement dans les souches d'arbres mais s'est servi de vieux pneus en Europe pour y déposer ses œufs. Petit à petit, il prend la place des moustiques européens. © James Gathany, Centers for Disease Control and Prevention, DP

Le moustique-tigre (Aedes albopictus) sera pisté tout l'été et même au-delà. L'annonce a été lancée lors du premier colloque sur l'impact des changements environnementaux sur la santé humaine, une rencontre de scientifiques internationaux organisée par l'Institut Pasteur, qui se tenait à Monaco. Des chercheurs ont expliqué que l'insecte serait placé sous surveillance en Métropole de mai à novembre afin de contrôler les épidémies de dengue et de chikungunya.

Le moustique-tigre fréquente l'Hexagone depuis 1999. D'abord simplement de passage en Normandie, il a finalement décidé de s'installer en 2004 dans l'extrême sud-est du pays, à Menton (06), à deux pas de la frontière italienne. Depuis, il n'a cessé d'agrandir son terrain de chasse, en commençant par coloniser l'ouest puisqu'il a été répertorié à Monaco, dans le Var, à Marseille mais aussi en Corse, avant d'atteindre le Gard, l'Hérault et même la Gironde. Il remonte également doucement vers le nord et sa présence a été attestée à Grenoble et Lyon.

Le chikungunya et la dengue ne passeront pas

Ce moustique est différent de ceux rencontrés habituellement dans ces contrées. Plus agressif, il peut même piquer à travers les vêtements. Il est également un meilleur vecteur du chikungunya et de la dengue, deux maladies très douloureuses d'origine virale, parfois mortelles (une fois sur mille), transmises lors des piqûres. Douleurs articulaires, poussées de boutons, forte fièvre, les patients restent cloués au lit plusieurs jours.

Les petits cercles noirs ne sont autres que des virus de la dengue. Comme celui responsable du chikungunya, ils appartiennent à la famille des arbovirus. Tous les deux engendrent des fortes fièvres et des douleurs articulaires qui obligent le patient à s'aliter. Le chikungunya est d'ailleurs surnommé « maladie de l'homme courbé » à cause de la posture qu'adoptent les malades pour limiter l'intensité de la douleur. © Salvadorjo, Wikipédia, DP

Pour l'instant, en Métropole, seuls deux cas autochtones de chaque maladie ont été diagnostiqués depuis son arrivée. C'était en 2010 à Nice et à Fréjus. Pour les chercheurs, ces très faibles chiffres sont la preuve du succès des méthodes de sûreté mises en place : lorsqu'un patient déclare la maladie, une démoustication dans un rayon de 150 m est effectuée. La destruction de tous les points d'eau stagnante est préconisée, car elle risque d'abriter les larves du terrible moustique-tigre.

La quantité d'insectes piqueurs est suffisante dans le sud pour qu'il y ait une épidémie, surtout pendant la période estivale où les touristes affluent. Pour preuve, les chercheurs s'appuient sur l'exemple italien en 2007. Alors qu'aucune mesure de précaution n'avait été mise en place, un seul patient infecté par le chikungunya a contaminé 300 personnes en l'espace d'un mois et demi.

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