Le moustique-tigre (Aedes albopictus) présent dans le Var serait responsable de la première contamination du chikungunya en France métropolitaine. © James Gathany - Centers for Disease Control and Prevention (domaine public)

Santé

Le chikungunya s’installe en France métropolitaine

ActualitéClassé sous :médecine , Chikungunya , dengue

Le mois de septembre 2010 sera marqué par l'apparition de maladies tropicales en France. Après une transmission locale du virus de la dengue à Nice, deux cas autochtones de chikungunya ont été rapportés ce week-end à Fréjus dans le Var. Une épidémie semble néanmoins peu probable.

Après l'apparition des premiers cas autochtones de dengue en France métropolitaine le week-end dernier, c'est au tour du virus du chikungunya de se transmettre localement dans le Sud de la France. En effet, la préfecture du Var a annoncé vendredi la confirmation du premier cas non importé de chikungunya en métropole. Depuis, un deuxième cas a également été confirmé. Habitant Fréjus, les victimes sont des fillettes de 12 ans, qui seraient amies. Les deux jeunes filles seraient actuellement à leur domicile et leurs cas n'inspireraient pas d'inquiétude.

La maladie est transmise d'homme à homme via le moustique vecteur. En France, Aedes albopictus (le moustique tigre) est présent dans les régions méditerranéennes depuis quelques années, où son territoire s'étend de plus en plus. Il a donc probablement piqué successivement une personne atteinte, revenant d'un pays tropical où sévit la maladie, puis une personne saine, à qui il a pu transmettre le virus.

Dans ce cas précis, l'origine de la transmission serait une fillette de 7 ans, revenue d'un voyage en Asie à la fin du mois d'août. Depuis le mois de mai, le nombre de cas importés de chikungunya et de dengue atteignent respectivement les 4 et 124 personnes, soit une forte augmentation par rapport aux années précédentes. Toutefois, nous ne serions pas dans une situation d'épidémie. Le début de la saison hivernale approche et avec elle des conditions défavorables au développement du moustique. Il devrait donc disparaître dans les prochaines semaines, empêchant ainsi la propagation de la maladie. 

Malgré le peu de risques, il faut rester vigilant

Une vigilance du personnel de santé est néanmoins demandée pour détecter d'éventuels nouveaux cas. De plus, des opérations de démoustication sont effectuées aux alentours des lieux fréquentés par les patients pour éviter toute nouvelle infection. Les autorités demandent également aux particuliers de participer à la lutte, en évitant de laisser des zones d'eau stagnantes et en portant des vêtements amples.

La population ne doit pas et ne semble pas céder à la panique. Les maladies, dengue ou chikungunya, ne sont pas, dans la grande majorité des cas, un risque majeur pour la santé. Si des problèmes neurologiques chroniques surviennent dans de rares cas, les symptômes, certes désagréables, se résument habituellement à une fièvre supérieure à 38,5°C, des douleurs articulaires, des maux de tête et des hémorragies.

À l'heure actuelle, aucun traitement ne cible le virus lui-même. Seuls les symptômes sont traités par les médicaments administrés aux patients (du paracétamol), en luttant contre la douleur et en faisant tomber la fièvre. Le système immunitaire doit donc agir seul pour éliminer le virus de l'organisme. Alors qu'un vaccin contre la dengue est actuellement testé cliniquement, le vaccin contre le chikungunya quant à lui est encore loin d'être au point.

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