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Le chikungunya en Europe

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La maladie qui a tant fait souffrir les populations autour de l'océan Indien en 2005 s'est immiscée en Italie entre juillet et septembre, où plus d'une centaine de cas ont été recensés. L'alerte est passée mais c'est la première fois que le « chik » sort des régions tropicales.

Le coupable, c’est lui, le moustique-tigre, principal vecteur du virus. © Public Health Image Gallery

C'est probablement un voyageur revenu d'Inde, infecté par le virus, qui a été le point de départ de l'épidémie de chikungunya observée au nord-est de l'Italie en juillet et en août dernier. Au total, quelque 160 cas ont officiellement été répertoriés dans le district de Ravenne (région d'Emilie-Romagne). Ce n'est pas la première fois que cette maladie tropicale est signalée en Europe. Mais il s'agissait toujours de personnes l'ayant contractée durant un séjour sous les tropiques. Cette fois, l'épidémie était bel et bien d'origine locale. Pourtant, jusqu'ici, aucune épidémie n'avait dépassé les régions tropicales.

Le virus se propage par l'intermédiaire du moustique-tigreAedes albopictus (mais jamais d'homme à homme). Cette espèce d'origine asiatique s'est peu à peu répandue en Europe durant les dernières décennies et on en trouve aujourd'hui jusqu'en Hollande. Le voyageur à l'origine de l'épidémie a donc dû être piqué en Italie par un moustique de cette espèce qui a ensuite répandu le virus aux alentours.

Situation sous contrôle

Des campagnes de désinsectisation ont été lancées immédiatement et l'Italie a alerté l'Union européenne. Les touristes revenant de la région ont été invités à prendre contact avec un médecin au moindre mal de tête et, sur place, les habitants se sont vus conseiller de se couvrir les bras et d'utiliser des répulsifs cutanés. Début septembre, les autorités sanitaires italiennes annonçaient que l'épidémie était « sous contrôle ».

L'affaire a donc été prise très au sérieux par les autorités sanitaires. Cette maladie n'est pas mortelle en soi mais elle est extrêmement invalidante, provoquant des douleurs articulaires, des maux de tête, des fièvres et un affaiblissement général. Durant l’état austral 2005, l’Inde, l’île de La Réunion et Mayotte avaient été durement affectées par le « chik », comme la maladie a été surnommée là-bas.

Une épidémie de plus grande ampleur est-elle à craindre pour le printemps ou l'été prochain, quand les escadrons de moustiques reviendront à la charge ? Nul ne le sait. « On ignore toujours pourquoi le virus West Nile [provoquant de fortes fièvres et parfois des encéphalites, NDLRest devenu endémique aux Etats-Unis mais ne s'est jamais propagé en Europe » rappelle pour la revue Nature Evelyn Depoortere, épidémiologiste au Centre européen de contrôle et de prévention des maladies.

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