Technologies de pointe, progrès fulgurants de la médecine, exigence du "risque zéro" et surtout l'illusion d'y être arrivé, autant de facteurs qui ont tendance à faire considérer comme ringardes les vieilles règles d'hygiène autrefois enseignées à l'école.
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Mais les autorités sanitaires lancent un cri d'alarme. Et rappellent que si les moyens curatifscuratifs gagnent en efficacité, les facteurs de risquefacteurs de risque ne perdent pas de terrain. Bien au contraire. Car aujourd'hui, la distance géographique a cessé d'être une protection, et des risques qui concernaient auparavant une région se conçoivent aujourd'hui à l'échelle d'un continent.

L'extrême mondialisation des échanges amène un brassage des populations sans précédent dans l'Histoire, accompagné d'un autre échange, celui de germesgermes dont la prolifération, parfois contenue par une immunitéimmunité naturelle dans leur lieu d'origine, s'avère explosive à destination, favorisée par une concentration urbaine sans cesse accrue. Et même sans cette intervention humaine, les conditions d'élevage intensif, qui fournissent un terrain de culture idéal à certains agents infectieux autrefois tenus pour négligeables, ou le réchauffement climatiqueréchauffement climatique, qui invite certains moustiquesmoustiques vecteurs de maladies à coloniser certaines zones où ils étaient autrefois absents, favorisent la prolifération des maladies à l'échelle quasi-planétaire.

La grippe aviairegrippe aviaire, le SRASSRAS, la chikungunyachikungunya, sont à considérer comme autant d'avertissements et d'invitations à la prudence, et l'occasion de rappeler que bien des épidémiesépidémies ont été évitées autrefois par les règles d'hygiène de base, telles le simple lavage des mains.

Se laver fréquemment les mains, aussi bien chez soi qu'au travail, et surtout avant de rencontrer d'autres personnes, se mettre la main devant la bouche lorsqu'on tousse ou éternue, sont autant de règles de base "qu'il faut incontestablement rappeler", clame le Professeur Bicaire, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Pitié-Salpêtrière (Paris), à l'occasion du congrès "Retour de l'Hygiène" donné vendredi à l'occasion du Medec (Congrès de Médecine générale).

Le Pr Bicaire déplore aussi cette habitude stupide de certains jeunes à cracher par terreterre à chaque pas, sans doute pour imiter certains joueurs professionnels de foot, sous-entend-il. Il estime aussi qu'il faudrait peut-être s'habituer progressivement au port du masque comme dans certains pays d'Asie du Sud-est, mais que ce n'est qu'une solution adaptée à des problèmes ponctuels de promiscuité, comme les transports en commun ou les salles d'attente...

William Dab, professeur de Santé publique au Conservatoire national des Arts et Métiers et ancien directeur général de la Santé publique, rappelle que c'est une épidémie de choléracholéra ayant frappé Londres en 1848 qui a fait comprendre le rôle capital de l'hygiène, et changé les mentalités tout en amenant la création d'un Ministère de la Santé Publique en Grande-Bretagne. Le Pr Dab conclut en affirmant que "le risque sanitaire sera une des grandes questions du XXIe siècle".