Santé

Une prothèse de main tout en souplesse

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Avec des articulations hydrauliques plutôt qu'électriques, cette prothèse, mise au point en Allemagne, apporte un confort inégalé et permet à son premier détenteur de taper au clavier.

L'une de ces deux mains est une prothèse I-Limb. Laquelle ? © Touch Bionics

On l'appelle Fluidhand. Cette prothèse de main est utilisée depuis l'automne dernier par Sören Wolf, un jeune homme de 18 ans né avec une seule main. L'Hôpital universitaire d'orthopédie (Heidelberg) vient d'annoncer qu'il l'utiliserait désormais, pour l'instant en compétition avec une autre prothèse, I-Limb, fabriquée par l'entreprise écossaise Touch Bionics, et utilisant des petits moteurs électriques.

Conçue par l'équipe de Stefan Schulz, du Centre de recherche Karlsruhe (Forschungszentrum Karlsruhe), la Fluidhand doit son nom aux articulations à commandes hydrauliques. Une pompe envoie de la pression dans de minuscules coussinets qui ouvrent ou ferment l'articulation. Pourquoi ce choix ? Parce que, explique Stefan Schulz, ce système produit un mouvement plus doux qu'un moteur électrique. Le fonctionnement nécessite un petit réservoir pour le liquide hydraulique et un processeur pour gérer le tout. La commande, classiquement, passe par des capteurs musculaires fixés sur le bras, et non en utilisant l'innervation résiduelle du patient, une technique appelée TMR (Targeted Muscle Reinnervation).

Sören Wolf sort un mouchoir en papier de son emballage, un geste délicat... © Forschungszentrum Karlsruhe

Un handicap effacé ?

Dans la prothèse Fluidhand, le mouvement des doigts est contrôlable individuellement, alors que ce genre d'appareillages ne permet en général que le contrôle du pouce et de l'index, les autres doigts accompagnant le mouvement. Interrogé par un journal allemand, Sören Wolf affirme qu'il peut désormais taper sur un clavier et même qu'il ne se sent plus vraiment handicapé.

Ce jeune homme a bien sûr bénéficié de ce qui se fait de mieux en matière de revêtement cosmétique. Utilisant des matières plastiques et reconstituant la pilosité, ces revêtements peuvent être personnalisés et atteignent un réalisme surprenant. Mais pour l'instant, ils restent extrêmement coûteux et la plupart des personnes appareillées n'ont encore que des modèles standardisés...

Schéma de la prothèse Fluidhand. Les articulations sont constituées de minuscules coussinets élastiques gonflables (Kammer) à l'aide d'un liquide hydraulique amené par un conduit souple (Kanal) depuis un petit réservoir (Tank). L'ensemble est contrôlé par un processeur (Mikroprozessor) protégé dans un étui (Obreres Gehäuse) et recouvert par la peau artificielle (Kosmetisher Handschuh). La pompe, non visible sur ce schéma, se trouve à côté du réservoir, derrière la soupape (Ventile). La partie mécanique repose sur une structure de soutien (Stützstruktur). Le support (Shaft) porte la batterie (Akkumulator). © Forschungszentrum Karlsruhe

Les fantastiques progrès réalisés depuis une vingtaine d'années en matière de prothèse ne semblent donc pas se ralentir. Pour l'anecdote, citons le cas de Oscar Pistorius, un coureur Sud-Africain, amputé des deux jambes, qui vient de gagner le droit de s'aligner avec les athlètes valides à la course de 400 mètres aux prochains Jeux Olympiques de Pékin. Oscar Pistorius a dû faire appel devant le tribunal arbitral du sport pour obtenir gain de cause car l'autorisation lui avait d'abord été refusée, sous le prétexte que ses deux prothèses, Cheetah Flex-Foot, fixées sous le genou, ne lui donnent un avantage par rapport aux autres concurrents...

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