Santé

Faut-il manger mieux pour déprimer moins ?

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Deux chercheurs espagnols s'interrogent sur l'intérêt de manger sainement pour limiter les risques de dépression. Ils établissent en effet un parallèle physiologique entre le trouble de l'humeur et les maladies cardiovasculaires. Si l'on combat ces dernières par une alimentation équilibrée, ne peut-on pas en faire autant contre la dépression ?

La dépression touche plus de 350 millions de personnes dans le monde. On la considère comme la principale cause de perte d’années de vie en bonne santé. Pourtant, une alimentation saine et appropriée pourrait la prévenir. Cependant, la nourriture ne pourra à elle seule éviter les malheurs… © Dnf-style, StockFreeImages.com
  • Un dossier complet pour tout savoir de la dépression 

L'idée chemine depuis quelques années dans l'esprit de certains. Les recherches sont encore balbutiantes et surtout incomplètes. Pourtant, à en croire Almodena Sanchez-Villegas et Miguel Martínez-González, des universités espagnoles de Las Palmas et de Navarre, le lien entre régime alimentaire et dépression pourrait être plus prégnant que prévu.

Les deux chercheurs font valoir leur opinion dans un article publié dans la revue BMC Medicine. Ils s'interrogent sur le très faible nombre d'études portant sur l'impact de l'alimentation dans la prévention ou le développement des troubles de l'humeur, alors que des éléments attestent d'une physiologie altérée de façon similaire à ce qui est observé dans des maladies métaboliques et cardiovasculaires. Si les habitudes alimentaires sont jugées cruciales dans ces derniers cas, pourquoi ne pas y porter plus d'attention dans la dépression ?

Un parallèle entre dépression et maladies cardiovasculaires

Comme ils le rappellent, ces deux types de pathologies ont de nombreux points communs. Troubles cardiovasculaires comme troubles de l'humeur se caractérisent par une tendance plus forte à l'hypercholestérolémie et à un mauvais profil lipidique, ainsi qu'à une inflammation de faible intensité, avec notamment la production de cytokines pro-inflammatoires. Ces molécules interfèrent avec le métabolisme du tryptophane, un neurotransmetteur qui pourtant atténue les symptômes dépressifs.

Les oméga-3 des poissons ou de l'huile d'olive sont bénéfiques pour la santé en général, mais le seraient également contre la dépression. De quoi conférer un esprit sain dans un corps sain. © Leloft1911, StockFreeImages.com

D'autre part, l'inflammation inhibe une autre molécule qui agit sur le cerveau, appelée BDNF. Dans ce cas, cela ouvre plus facilement à l'hyperphagie, expliquant peut-être pourquoi les études épidémiologiques ont tendance à signaler que les personnes avec des maladies métaboliques sont plus enclines aux troubles de l'humeur.

Les auteurs signalent également d'autres recherches établissant directement un lien entre alimentation et dépression. Les personnes habituées au régime méditerranéen, à base de poisson et d'huile d'olive, sont moins prédisposées à la dépression que le reste de la population, soit tout l'inverse des adeptes des fast-foods, qui noient leur chagrin dans les graisses trans. Reste à déterminer dans quel sens cela fonctionne : est-ce la dépression qui incite à ne pas manger sainement ou l'alimentation déséquilibrée qui favorise les troubles de l'humeur ?

Une alimentation équilibrée, la prévention à la dépression ?

Les chercheurs le reconnaissent, il existe bien d'autres paramètres pouvant modifier les habitudes alimentaires : le statut marital, l'activité physique, la consommation de tabac ou d'alcool ou encore le réseau social. Cela complique la donne, et les travaux entrepris jusque-là ne sont pas parvenus à prendre ces critères en compte.

Ils appellent donc à une étude plus approfondie de la question, avec la mise en place de protocoles expérimentaux aussi rigoureux que ceux utilisés pour les maladies cardiovasculaires. Ils espèrent ainsi connaître le fin mot de l'histoire pour savoir si un jour, un psychologue pourra conseiller à ses patients de manger une salade verte et du poisson pour atténuer sa peine.

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