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Apnées du sommeil : un pacemaker comme solution

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Un système ressemblant à un pacemaker cardiaque est actuellement en test à l'hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) pour lutter contre les apnées du sommeil. Avec un taux de réussite de 80 % !

Comme les personnes souffrant de problèmes cardiaques, un pacemaker adapté améliore la qualité du sommeil des victimes d'apnées du sommeil. © Destination Santé
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Enfin du neuf, et surtout de la simplicité, dans la prise en charge du syndrome d'apnée obstructive du sommeil (Saos) ! De nouveaux dispositifs sont en effet à l'essai, et donnent des résultats qui semblent prometteurs. La fin des masques et autres prothèses dentaires antiapnées est-elle proche ? Un « pacemaker » est actuellement en cours d'essais par une équipe de l'hôpital Foch de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine (92).

Le Saos est un trouble de la dynamique respiratoire caractérisé comme son nom l'indique, par des apnées inconscientes lors du sommeil. Sans même s'en rendre compte le plus souvent, le dormeur est alors victime de « microréveils » qui lui permettent de reprendre son souffle. À long terme, il peut souffrir d'endormissements involontaires dans la journée. Ceux-ci sont alors à l'origine d'une perte de concentration au travail, voire d''accidents de la route chez certains conducteurs, par exemple.

Il faut savoir aussi que le Saos retentit sur tout l'organisme. À chaque apnée, le cerveau et le cœur subissent un stress important par manque d'oxygène. En l'absence de traitement, les risques de maladies cardiaques et vasculaires sont augmentés. Et près de 2,4 millions de Français sont concernés !

Apnée du sommeil : un pacemaker plutôt que des traitements

Le système actuellement expérimenté à Suresnes, ressemble à un pacemaker cardiaque. Il comporte deux électrodes implantées sous anesthésie générale. La première, placée entre deux côtes, détecte le mouvement d'inspiration du patient endormi. Elle émet alors un signal qui est détecté par le boîtier du pacemaker. Ce dernier à son tour, transmet une impulsion électrique à la seconde électrode, implantée sous une clavicule. Celle-ci, étant reliée au nerf lingual, stimule la langue qui se déplace vers l'avant, ce qui prévient toute mise en apnée. À la fin du mouvement d'inspiration la stimulation cesse, et l'expiration se déroule normalement.

Les personnes victimes de l'apnée du sommeil deviennent somnolentes dans la journée. © Maz Hewitt, Flicker, cc by nd 2.0

L'hôpital Foch est le premier centre hospitalier en France à réaliser cet essai, mené en simultané avec une dizaine d'établissements américains et européens. À ce stade, les résultats paraissent prometteurs. Sur 100 patients implantés depuis un an, le taux de succès dépasse en effet 80 %. Si tout se passe bien, une application plus large de cette technique pourrait être mise en place d'ici deux à trois ans.

Aujourd'hui, les moyens pour traiter l'apnée du sommeil sont assez limités, et surtout inconfortables. Le premier impératif très souvent, est d'obtenir une perte de poids lorsque le patient est obèse ou en surpoids. Elle est souvent associée au port d'un masque de ventilation nocturne, utilisé pour envoyer en permanence de l'air sous pression positive au malade. C'est donc un dispositif à pression positive continue (PPC). Autre possibilité : le recours à une prothèse dentaire, qui permet d'avancer la langue et d'éviter ainsi la mise en apnée. C'est peu dire que ces équipements ne facilitent pas l'endormissement du malade... et de la personne à ses côtés ! Autant dire que la nouvelle technique, si elle voit le jour, va intéresser du monde.

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