Se mettre un doigt dans le nez pourrait avoir des conséquences insoupçonnées selon des chercheurs australiens. Selon eux, cette mauvaise habitude pourrait favoriser l'apparition de démence. Que penser de cette conclusion a priori tirée par les cheveux ?

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Un implant révolutionnaire pour éviter la maladie d’Alzheimer La maladie d’Alzheimer attaque progressivement les neurones, provoquant tout d’abord des troubles de la mémoire jusqu’à la perte des fonctions autonomes puis la mort. Des chercheurs de l’EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne), en Suisse, ont développé une capsule qui pourrait protéger les neurones et enrayer la maladie. Voici son fonctionnement présenté en vidéo.

Le lien paraît tiré par les cheveux, mais les scientifiques de l'université Griffith de Brisbane, en Australie, ont des arguments pour étayer leur hypothèse, qui est la suivante : se fouiller le nez pourrait engendrer des maladies neurodégénératives comme la démence ou Alzheimer. « Nous sommes les premiers à montrer que Chlamydia pneumoniae peut aller directement du neznez au cerveau où elle peut déclencher des pathologies qui ressemblent à la maladie d'Alzheimer. Nous avons observé cela chez les souris, et c'est potentiellement effrayant pour les humains aussi », explique le professeur St. John, premier auteur de l'article paru dans Scientific Reports, dans un communiqué de presse récent

Une bactérie est capable d'infecter les cellules du cerveau et d'engendrer des symptômes comparables à Alzheimer. © Artur, Adobe Stock
Une bactérie est capable d'infecter les cellules du cerveau et d'engendrer des symptômes comparables à Alzheimer. © Artur, Adobe Stock

Voir aussi

Des chercheurs ont détecté des signes de démence jusqu'à neuf ans avant le diagnostic

Le nez, la bactérie et le cerveau

Chlamidya pneumoniae est une bactériebactérie qui infecte le tractus respiratoire, mais qui a aussi la capacité de coloniser le cerveau. Les scientifiques australiens ont observé que la bactérie atteint le cerveau des rongeursrongeurs par l'intermédiaire des nerfsnerfs trijumeaux et olfactifs 72 heures après leur infection. Plus tard, entre 2 et 28 jours, des signes de dérégulation génétiquegénétique, déjà observés dans la maladie d'Alzheimer, apparaissent. Dans le cerveau, C. pneumoniae peut infecter et survivre dans les cellules glialescellules gliales, des cellules qui soutiennent les neuronesneurones.

Un tel mécanisme n'a pas été observé à ce jour chez les êtres humains. « Nous devons faire cette étude chez l'homme et confirmer si la même voie fonctionne de la même manière. C'est une recherche qui a été proposée par de nombreuses personnes, mais qui n'est pas encore terminée », poursuit le professeur St. John.

Le scientifique propose alors un conseil étonnant pour limiter le risque de développer potentiellement des symptômessymptômes rappelant Alzheimer : ne pas se mettre les doigts dans le nez pour en extraire des crottes de nez ou des poils. « Si vous endommagez la paroi du nez, vous pouvez augmenter le nombre de bactéries qui peuvent aller jusqu'à votre cerveau. » Un conseil à prendre avec des pincettes au regard des données scientifiques, encore trop légères.