Dans une expérience prépubliée, des chercheurs ont étudié combien de temps le SARS-CoV-2 reste détectable dans l'habitacle d'une voiture après le passage d'une personne infectée.

Le fait que le SARS-CoV-2SARS-CoV-2 puisse se transmettre via des aérosols de particules d'air contenant des virionsvirions infectieux ne fait plus débat dans la communauté scientifique. C'est tout l'intérêt du port du masque que d'éviter l'apparition de tels aérosolsaérosols qui peuvent rester détectables jusqu'à 16 heures après leur formation. Pour autant, ce n'est pas tout de déceler du SARS-CoV-2, encore faut-il qu'il soit en capacité d'infecter l'hôte. Des échantillons de SARS-CoV-2 viables ont déjà été isolés, provenant de l'airair des chambres de patients Covid-19Covid-19. Concernant les moyens de transport, si l'on sait qu'ils sont un lieu à risque de transmission, on en sait moins sur la viabilité du SARS-CoV-2 dans l'air. Des scientifiques de l'université de Floride se sont intéressés à ce qu'il se passait pour le virusvirus à l'intérieur d'une voiture

Du SARS-CoV-2 détectable... 

Les investigateurs ont demandé à une patiente récemment diagnostiquée (deux jours auparavant) ayant des symptômes modérés de Covid-19 (elle ne toussait pas et n'avait pas de fièvrefièvre) de conduire à bord de sa vieille voiturevoiture, sans masque, avec les fenêtresfenêtres fermées et la climatisationclimatisation en marche, et ce, du chemin de la clinique jusqu'à chez elle (duréedurée = 15 minutes) avec un dispositif destiné à filtrer les différentes particules de l'air en fonction de leur taille (ce dernier était accroché au rétroviseur central). Dans la voiture, la température variait entre 22,8 et 24,2 degrés et l'humidité entre 42,5 et 55,2 %. 

Deux heures plus tard, un technicien équipé des protections nécessaires est venu récupérer le dispositif, puis l'a transporté jusqu'au laboratoire de façon adéquate pour que, si présence de SARS-CoV-2 il y avait, les échantillons ne soient pas altérés. Après diverses manipulations de laboratoire, l'ARNARN qui se trouvait au sein des échantillons fut extrait et le SARS-CoV-2 fut détecté dans chacun des quatre compartiments du filtre, à savoir au sein de particules de taille comprise entre 0,2 et 2,5 micromètresmicromètres. Les particules qui en contenaient le plus (plus que toutes les autres couches du filtre réunies) étaient les plus petites. 

Deux heures plus tard, un technicien équipé des protections nécessaires est venu récupéré le dispositif. © Rokas, Adobe Stock
Deux heures plus tard, un technicien équipé des protections nécessaires est venu récupéré le dispositif. © Rokas, Adobe Stock

...et infectieux ! 

Pour vérifier la capacité du matériel génétiquematériel génétique identifié à produire des effets pathogènes, les chercheurs ont inoculé ce dernier au sein de cellules de singes Véro. Les effets néfastes sur les cellules sont bien apparus trois jours après l'inoculation du matériel génétique récolté dans le filtre contenant les petites particules tandis qu'aucun signe d'infection n'était présent dans les cellules qui avaient été infectées par le matériel génétique issu des autres compartiments du filtre, contenant de plus grosses particules.

Le point critiquable de ce design est le fait que, lors d'une infection réelle, les virions ne sont pas directement au sein de la cellule. Ils doivent, au contraire, fournir des efforts pour tenter d'y pénétrer. Malgré ce détail, les auteurs concluent que les données obtenues mettent en évidence le risque potentiel de transmission du SARS-CoV-2 par des personnes présentant des symptômessymptômes minimaux dans l'espace clos à l'intérieur d'une voiture, via la formation d'aérosols infectieux. Rappelons que ce travail doit toujours faire l'objet d'une relecture par les pairs avant d'être réellement pris au sérieux. 

Note : L'expérience vulgarisée ci-dessous n'a pas encore fait l'objet de relecture par les pairs. Ses résultats ainsi que ses conclusions sont à prendre avec précaution.