Les anticorps sont la réponse favorisée par notre organisme pour se défendre contre une infection au coronavirus. © ustas, Adobe Stock
Santé

Coronavirus : comment notre organisme combat l’infection ?

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[EN VIDÉO] Coronavirus versus Grippe : leurs différences, leurs ressemblances  Au tout début de l’épidémie, le Covid-19 a été comparé à la grippe, d’aucuns la qualifiant de « grippette ». Or, il n’en est rien. Depuis, les scientifiques du monde entier ont mis en commun leurs observations, s’appuyant notamment sur celles des Chinois. 

À chaque instant, notre système immunitaire se bat contre des envahisseurs indésirables. Il s'adapte en fonction de son agresseur. Quelle stratégie emploie-t-il pour combattre une infection au coronavirus ? Une étude australienne fournit les premiers indices.

Alors que la première injection d'un vaccin test contre le coronavirus vient d'être administrée à Seattle dans le cadre d'un essai clinique de stade 1, on connait encore peu de chose sur la réponse immunitaire provoquée par le virus dans notre organisme.

Des chercheurs australiens ont étudié les paramètres de la réponse immunitaire chez une patiente atteinte d'une forme légère du Covid-19. Leurs résultats sont publiés sous la forme d'une « correspondance », disponible sur Nature Medecine, le 16 mars 2020.

Le profil de la patiente analysée

Le sujet de leur étude est une femme de 47 ans, originaire de Wuhan. Elle s'est présentée dans un hôpital australien avec une fièvre supérieur à 38,5 °C, des maux de gorge et une légère dyspnée. La présence du virus a été attestée quatre jours après sa prise en charge grâce à un écouvillonnage nasopharyngé.

La patiente est restée à l'hôpital durant onze jours durant lesquels elle n'a souffert d'aucune complication et n'a reçu aucun traitement. Ses symptômes ont disparu treize jours après leur apparition.

La réponse immunitaire étudiée ici est donc celle d'une personne n'ayant pas contracté de forme sévère du Covid-19 et n'ayant aucune autre maladie sous-jacente.

La réponse immunitaire adaptative, la stratégie pour lutter contre le coronavirus

Le suivi de la réponse immunitaire a débuté au septième jour de l'hospitalisation de la patiente, alors que le virus n'était plus détecté dans les prélèvements.

Les scientifiques ont d'abord étudié le type de cellule immunitaire activée par la présence du coronavirus grâce à la technique de cytométrie en flux réalisée sur des échantillons de sang. Au jour 8, ils ont observé un pic d'apparition de plasmocytes. Ces cellules sont des lymphocytes B matures et capables de produire des anticorps spécifiques. Ces plasmocytes sont présents dans la circulation jusqu'à vingt jours après l'apparition des symptômes.

Qui dit présence de plasmocytes, dit anticorps. Les scientifiques semblent n'avoir testé la présence que de deux familles d'anticorps : les IgG et les Ig M. Selon leur résultat, les IgG spécifiques au virus sont présentes au premier jour de leur test (jour 7 de l'infection) et perdurent jusqu'à 20 jours après l'infection. De leur côté, les IgM, des anticorps plus imposants, ne semblent apparaître en différé qu'à partir de neuvième jour après l'infection et perdurent aussi jusqu'au vingtième jour post-infection.

La deuxième population cellulaire à être activée lors d'une infection au coronavirus est les lymphocytes folliculaires auxiliaires (Tfh). Découverts en 2000, ces lymphocytes T particuliers sont spécifiques des centres germinatifs, la zone de prolifération des lymphocytes B au sein des organes lymphoïdes secondaires, et participent à la réponse humorale dépendante des lymphocytes T. Les lymphocytes T4 et T8, plus conventionnels, sont aussi activés. Les T8, responsables de la réponse cytotoxique, le sont en plus grande proportion.

Les types cellulaires activés suite à une infection par le coronavirus responsable du Covid-19. À gauche, les graphiques montrent la fréquence d'apparition des cellules en fonction du temps. À droite, les figures montrent des résultats de cytométrie en flux qui caractérisent les populations cellulaires en fonction de marqueurs qui leur sont propres. d) L'activation des plasmocytes et des lymphocytes Tfh. e) Il s'agit de l'activation des lymphocytes T4 et T8. f) Il s'agit de l'effet de l'infection sur deux cellules de l'immunité innée, les monocytes et les natural killer. © Katherine Kedzierska et al., Nature Medecine, 2020

La réponse innée est peu impliquée pour combattre le coronavirus

Les cellules décrites ci-dessus appartiennent à la réponse immunitaire adaptative qui se distingue de la réponse immunitaire innée. Dans le cadre d'une infection au SARS-CoV-2, les cellules de l'immunité innée comme les monocytes ou les natural killer ne sont pratiquement pas mises à contribution. La défense de l'organisme contre le virus est principalement basée sur les mécanismes de la réponse adaptative.

Le cas de cette patiente ne peut pas résumer à lui seul toutes les subtilités de la réponse immunitaire induite par le coronavirus, notamment pour les cas les plus graves qui connaissent des complications. Elle permet néanmoins d'avoir une première idée de la réaction de notre système immunitaire pour s'en débarrasser.

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