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Communication chimique en milieu marin : communication interpécifique

Dossier - Communiquer sans oreilles et sans yeux
DossierClassé sous :zoologie , ascidie , protection chimique

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La communication est un des fondements de la vie. Les ascidies sont des organismes marins très exposés à la prédation et à la colonisation. Comment font ces invertébrés pour s’en protéger ? C’est ce que nous essayons de comprendre à travers ce dossier.

  
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La communication chimique interspécifique va s'appliquer de diverses façons, en milieu terrestre, mais également en milieu marin. Ce sont ces signaux chimiques qui vont par exemple conditionner la prise de nourriture de certains poissons, provoquer une réaction de fuite chez d'autres ou encore la sécrétion de toxines chez de nombreux invertébrés

En présence de certaines espèces d'étoile de mer, les coquilles saint Jacques peuvent posséder des réactions de fuite parfois très violentes, d'autres mollusques peuvent se contracter de façon très brutales. Il s'agit de réactions de défense provoquées par l'émission de molécules appelées saponines par les étoiles de mer.

En présence d’étoile de mer, certaines coquilles Saint-Jacques vont avoir des réactions très violentes de fuite. Les étoiles de mer sont capables de sécréter des molécules appelées saponines afin de repousser ces prédateurs potentiels. © : J. Pastor

Les interactions chimiques interspécifiques ne se limitent pas aux réactions d'attaque ou de toxicité. Parmi les différents facteurs qui président à l'établissement d'associations entre hôte et symbionte, il convient de faire une part non négligeable à la communication chimique.

Il a été démontré que les larves de poissons clown étaient capables de détecter la présence des anémones dans lesquelles ils vivent à des distances parfois très éloignées (plus de 8 mètres), grâce aux substances qu'elles produisent.

Les larves des poissons clown sont capables de repérer les anémones dans lesquelles ils vivent à plusieurs mètres de distance. © : S. Planes

Un autre exemple pouvant illustrer les relations chimiques interspécifiques est celui du bernard l'ermite et se son anémone. Le bernard l'ermite Dardants venosus choisit toujours une anémone de mer bien spécifique, Calliactis tricolor, pour la fixer sur la coquille qu'il habite. Le principal prédateur de ce bernard l'ermite, dès que ce dernier n'est plus protégé par l'anémone, est la petite pieuvre Octopus joubini. Il a été prouvé, bien que les facteurs visuels interviennent, que ce sont les molécules émises par les différents protagonistes qui règlent ces interactions complexes. Le bernard l'ermite reconnaît son anémone par olfaction et la pieuvre fait la différence entre bernard l'ermite seul, l'anémone de mer seule et le bernard l'ermite portant le bernard l'ermite.

La communication chimique n'intervient pas qu'entre organismes capables de se déplacer. Ainsi, de nombreuses études portent sur des animaux sessiles (immobiles) ou très peu mobiles,  et en particulier les invertébrés tels que les ascidies.