Planète

La glacière de Pivaut, un véritable réservoir de glace artisanale

Dossier - Tourisme dans le Var
DossierClassé sous :géographie , Var , barrage de Malpasset

-

Le Var est riche d'une longue histoire de presque 3.000 ans, comme en témoignent les nombreux vestiges du passé, des Celtes et des Gallo-romains. Entre terre et mer, ce département attire plus de 10 millions de touristes chaque année. Et le littoral n'est pas son seul atout...

  
DossiersTourisme dans le Var
 

Le massif de la Sainte-Baume dans le Var abritait, dès les  XVIIe et XVIIIe siècles, de nombreuses glacières. Ces réservoirs étaient destinés à alimenter en glace les villes comme Marseille et Toulon. Aujourd'hui, il existe sur ce territoire une vingtaine de glacières, et celle de Pivaut est un exemple remarquable illustrant un savoir-faire technique ancestral.

La glacière Gaudin, dite de Pivaut, fait partie d'un ensemble d'une vingtaine de glacières sur le massif de la Sainte-Baume. Achevée en 1885, elle devait par exemple fournir en glace les commerces et les hôpitaux de Toulon. Elle est sans doute l'un des plus grands réservoirs à glace artisanale du sud de la France. Le bâtiment a été restauré en 1997, et les abords (bassins de congélation) ont été aménagés.

Fonctionnement d’une glacière : la glacière de Pivaut

La glacière de Pivaut permet de mieux comprendre le fonctionnement d'une glacière. Ce type de bâtiment est une sorte de vaste puits maçonné où la glace peut être conservée pendant parfois cinq ans. C'est une excavation cylindrique couverte d'un toit qui dépasse du sol. La glacière de Pivaut, d'une hauteur de 23 m et d'un diamètre de 17,6 m, est construite en blocs de grès liés avec un mortier de chaux.

La glacière de Pivaut. Les glacières sont des puits semi-souterrains, permettant de stocker de la glace. C’était un produit déjà utilisé depuis l’Antiquité, en médecine, ou pour rafraîchir les boissons et les bassins. Du XVIIe au XIXe siècle en France, cette industrie connaît un essor considérable. © Aser, Musée de la glace, DR

Dans le puits, la partie enfouie, est stockée la glace récupérée dans les bassins de congélation : ces petits lacs artificiels captaient l'eau amenée par des canaux, et le froid de l'hiver la transformait en glace. Au fond des puits, les ouvriers réceptionnaient les blocs de glace brisés par d'autres, puis la tassaient et la compactaient. Elle était posée sur des fagots à travers lesquels l'eau filtrait. Un canal d'évacuation servait à évacuer l'eau de fonte.

Les puits étaient très rapidement remplis en hiver, selon les conditions atmosphériques (un froid très sec était l'idéal). Les glacières mobilisaient les ouvriers sans travail pendant la saison. Il fallait, avant le gel, préparer les étangs et bassins, pour obtenir une glace bien blanche et privée de toute impureté.

Comparaison avec les glacières naturelles du Jura vaudois

D'autres types de glacières existent, notamment des glacières naturelles dans le Jura vaudois, qui occupent des cavités à faible développement et peu profondes, fonctionnant en poche à air froid. Certaines d'entre elles, à plusieurs orifices, sont des « nids à courants d'air » au fonctionnement complexe.

Ouvertes de manière à récolter les précipitations de neige, elles contiennent de la glace de névé (donc formée à partir du tassement de la neige accumulée pendant plusieurs hivers). Toutefois, cette glace s'accompagne de glace de regel sous forme de concrétions, ou d'une couche plus ou moins épaisse recouvrant le plancher ou les parois de la cavité. Le volume est peu important par rapport à certaines glacières alpines, mais elles contiennent de la glace toute l'année. Quant à l'eau libérée durant l'été, elle rejoint un réseau complexe.

La glace peut se présenter sous de multiples aspects et dans des proportions fort variables : concrétions, glace macrocristalline, ou petits glaciers souterrains autonomes avec des zones d'accumulation et d'ablation.