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La fillière industrielle de la banane dessert

Dossier - La banane
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On compte environ 1000 variétés de bananier regroupées en 50 groupes et il existe une multitude de banane différentes sur la planète. À graines, sans graines, minuscules, énormes, longues, courtes, carrées, rondes, droites, courbes, vertes, jaunes, roses, panachées, argentées, tigrées, les bananes, consommées crues ou cuites, peuvent avoir tous les goûts et satisfaire tous les consommateurs. En Afrique de l'Ouest, il existe un bananier plantain qui produit un seul fruit pouvant atteindre jusqu'à 50 cm de long ! Sur nos tables apparaissent surtout les variétés de bananes dessert cultivées pour l'exportation, les « Cavendish » : Lacatan, Poyo, Grande naine.

  
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En 1995, plus de 13 millions de tonnes de bananes dessert ont été exportées. Les États-Unis, I'Union européenne et le Japon sont les principaux importateurs. En 30 ans, la production mondiale de bananes dessert a plus que doublé (80 % , provient de deux régions du monde, l'Asie du Sud Est et l'Amérique latine) et les exportations ont triplé de volume. Juste derrière l'orange, mais devant le raisin, la banane dessert constitue la deuxième production mondiale de fruits 55 millions de tonnes par an. Mais seulement moins du quart de la production fait l'objet d'un commerce international. La production et le commerce des bananes dessert constituent des enjeux économiques et politiques importants.

Les bananes poussent aussi en Europe

Quatre pays membres de l'Union européenne sont producteurs de banane : l'Espagne (Canaries); la France (Guadeloupe, Martinique); la Grèce (Crète et Laconie) ; le Portugal (Madère, Açores, Algarve). La production annuelle globale est proche de 800000 tonnes, dont environ 370000 tonnes aux Canaries et un tonnage équivalent pour la production française répartie entre 100000 tonnes pour la Guadeloupe et 270000 tonnes pour la Martinique. Ces quantités varient d'une année sur l'autre, en raison notamment des cyclones ou tempêtes aussi en Islande... mais elle y est cultivée sous serre.

La production bananière dans les régions françaises

L'activité bananière procure aux Antilles françaises 20000 emplois directs et indirects. Elle constitue, avec celle de la canne à sucrela base de l'économie agricole de la Martinique et de la Guadeloupe. Si la banane antillaise est produite principalement pour les besoins du marché européen, les productions de Guyane, de la Réunion et de Mayotte sont destinées au seul marché local. C'est dans le cadre de la réalisation du Marché unique européen que l'Organisation commune des marchés (OCM) de la banane a été mise en place le 1er juillet 1993. Pour la France, cette OCM ne concerne que la Martinique et la Guadeloupe.

Avant d'arriver sur la table du consommateur, la banane dessert, qui est récoltée alors qu'elle est encore verte, a fait un très long chemin. En voici les principales étapes :

Les différentes mains du régime sont enlevées de la hampe : c'est le « dépavage ».


Les mains sont ensuite lavées et rincées, elles sont découpées en bouquets.

Les bouquets reçoivent un traitement, pour éviter, en cours de conservation, l'apparition de pourritures dues à des champignons.

Les bananes calibrées et conformes aux normes de qualité sont emballées dans des cartons qui sont ensuite pesés puis disposés sur des palettes.

Elles sont acheminées vers les ports d'embarquement, dans des camions ou des conteneurs où la température est contrôlée en permanence.

Elles sont embarquées à bord de navires porte-conteneurs ou de « reefers ».

Les bananes, sitôt débarquées, sont acheminées dans les mûrisseries. Elles sont mûries à la demande et distribuées.

L'ODEADOM

L'Office de développement de l'économie agricole des départements d'outre-mer a la responsabilité du marché français en gérant, pour le ; compte de Bruxelles, l'aide compensatoire prévue par l'Organisation Commune des Marchés de la banane ainsi que les certificats d'importation. Créé en 1984, parallèlement aux offices par produit, afin de répondre aux besoins spécifiques des DOM en matière de développement agricole, l'ODEADOM apporte son soutien aux différentes filières, traditionnelles et de diversification.

L'Office gère également des aides communautaires autres que celle prévue par l'OCM banane, que ce soit dans le cadre de l'OCM ananas ou du POSEIDOM agricole programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité des départements d'Outre-Mer)

La banane respire

Chambre de murissement

Tous les fruits sont vivants et respirent. Mais tous ne mûrissent pas de la même façon.

La banane est un fruit climactérique. Comme l'avocat, la poire, la mangue, la pomme, la prune, elle ne mûrit que si sa respiration s'intensifie brusquement. Alors qu'elle est encore verte, la banane se met à produire de l'éthylène. L'émission du gaz provoque une réaction biochimique qui génère une forte augmentation de la respiration du fruit.
C'est ce « réveil en sursaut » qui déclenche le mûrissage : I'amidon se transforme en sucres, les tissus s'amollissent, la chlorophylle de la peau est détruite, la banane devient jaune. L'éthylène s'échappe ensuite de la banane et fait aussitôt mûrir ses voisines. Aujourd'hui, les bananes sont mûries à la demande. Elles sont stockées dans des mûrisseries souvent situées dans les marchés d'intérêt national (MIN) et de proximité des zones de grande consommation. La température varie entre 13 et 18°, selon les besoins, et est régulièrement contrôlée. Leur mûrissage est déclenché par la diffusion d'éthylène dans l'atmosphère des chambres de mûrissage.