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Tortue imbriquée

DéfinitionClassé sous :zoologie , tortue , Chélonien
La tortue imbriquée est en danger critique d'extinction. On la retrouve fréquemment sur les étals de nombreux pays asiatiques et sa carapace dans les boutiques de souvenir. © Raymond TM, CC BY-NC-ND 2.0

Tortue imbriquée (Linnaeus 1766) – Eretmochelys imbricata

  • Ordre : Testudines
  • Sous-ordre : Cryptodira
  • Superfamille : Chelonioidea
  • Famille : Cheloniidae
  • Genre : Eretmochelys
  • Taille : 0,60 à 1,0 m
  • Poids : 43 à 75 kg
  • Longévité : 45 à 50 ans

Statut de conservation UICN : CR En danger critique d'extinction

Description de la tortue imbriquée

Également appelée tortue à écailles ou tortue à bec de faucon, la tortue imbriquée possède une carapace plutôt aplatie. La dossière de la carapace est formée de 2 paires de plaques préfrontales, de 5 plaques vertébrales et de 4 paires de costales. Les bords sont formés de 11 plaques marginales et de 2 paires postcentrales, présentant une forme en dent de scie qui s'estompe avec l'âge. Les écailles de la dossière sont d'une teinte brunâtre parfois orangée, ornées de motifs irréguliers en forme de stries claires ou foncées, parsemées de taches jaunes ou rougeâtres. Le plastron est jaune pâle.

La tête, petite et brune est munie de 4 plaques préfrontales. Les mâchoires sont jaunâtres et la mandibule inférieure est en forme de V. Les pattes ou palmes antérieures dont dotées de deux griffes et sont destinées à la propulsion, tandis que les pattes antérieures servent de gouvernail. Le mâle se distingue par une pigmentation plus claire, la concavité de son plastron, des griffes plus longues (elles revêtent une utilité sexuelle secondaire car elles permettent au mâle de s'accrocher à la carapace de la femelle lors des accouplements), et par une queue plus épaisse. 

Tortue imbriquée des Antilles néerlandaises. © Clark Anderson/Aquaimages, CC BY-SA 2.5

Habitat de la tortue imbriquée 

La tortue imbriquée vit presque essentiellement dans les eaux tropicales de tous les océans du globe, et se rencontre mais plus rarement en Méditerranée. On la trouve le plus souvent à proximité des récifs coralliens où elles trouvent refuge dans les grottes sous-marines, mais on peut l'observer également dans les lagunes, les baies, les estuaires ou en pleine mer lors des phases de migration. Dans l'océan Atlantique, elle fréquente surtout la partie nord-est du continent sud-américain au Brésil, au Surinam et en Guyane, et dans les Caraïbes. Dans la partie ouest, on peut la rencontrer depuis la Manche jusqu'en Afrique du Sud. Dans l'Océan Indien, elle est présente sur les côtes d'Afrique de l'Est, d'Asie, d'Indonésie et d'Australie.

Tortue imbriquée dans les fonds marins vénézuéliens. © PSE, GNU FDL Version 1.2

Comportement de la tortue imbriquée

La tortue imbriquée peut effectuer des trajets migratoires séparant les lieux de nourrissage des aires de pontes, qui peuvent atteindre 1.600 km. Elle est capable d'atteindre des pointes de vitesse de 24 km/h sur une distance de 5 km et de rester plus d'heure sous l'eau à une profondeur de 70 mètres. Mais la plupart du temps, elle se laisse porter par les courants marins et s'orientent grâce au champ magnétique terrestre. Il est probable également que pour retrouver un lieu de ponte, l'odorat et le goût jouent un grand rôle. En effet, l'eau de mer n'a pas le même goût selon la localisation géographique, et il n'est pas impossible que ce dernier soit mémorisé par l'animal afin de retrouver son lieu de ponte ou de nourrissage plus aisément. Comme d'autres espèces, la tortue imbriquée est parasitée par les algues et les balanes, et escortée par des poissons rémoras rayés. La tortue imbriquée adulte n'a que peu de prédateurs, mais parmi eux figurent le requin tigre et le requin bouledogue.

Tortue imbriquée dans les récifs coralliens des Maldives. © Mal B, CC BY-ND 2.0

Reproduction de la tortue imbriquée

L'accouplement se déroule en haute mer et la femelle vient à terre entre 2 et 3 semaines plus tard pour pondre. Elle creuse un nid d'une moyenne de 50 cm de profondeur pour y déposer entre 70 et 200 œufs. En moyenne une centaine par nid, car la femelle peut creuser entre 2 et 4 nids par saison. Elle possède par ailleurs la particularité de pouvoir conserver la semence du mâle dans une spermathèque qui lui permet de pondre plusieurs années de suite sans avoir de contact avec un mâle. La viabilité des œufs dépend du lieu de ponte et le sexe de la température du nid. Ceux-ci incubent entre 50 et 70 jours selon la saison et la zone géographique. Les bébés s'extirpent du sable en même temps après avoir brisé la coquille à l'aide du « diamant » qu'ils ont sur le bout du bec à la naissance. Ils entreprennent alors une course vers l'océan en se guidant dans l'obscurité de la nuit, sur les fluctuations lumineuses émises par les vagues. Les jeunes dont un grand nombre périssent sous les becs des oiseaux avant d'atteindre la mer, et sous les dents des poissons et des requins lors de leur premier contact avec l'élément liquide, sont tout d'abord benthiques et restent à l'abri des rochers et des coraux avant de devenir pélagiques. Ils atteignent leur maturité sexuelle entre 20 et 30 ans. 

Élevage de jeunes tortues imbriquées dans les îles Caïman. © cdebeowulf, CC BY-NC 2.0

Régime alimentaire de la tortue imbriquée

Le régime alimentaire de la tortue imbriquée varie selon qu'elle entame son périple migratoire pélagique lors duquel elle se nourrit de méduses et de physalies, ou qu'elle fréquente les zones benthiques où elle s'aliment surtout d'éponges même si elle ne dédaigne pas les mollusques, les crustacés et les petits poissons. C'est même la seule espèce à être spongivore.

La tortue imbriquée se nourrit surtout d'éponges. © Mr eNil, CC BY-NC-ND-SA 2.0

Menaces sur la tortue imbriquée

La tortue imbriquée est encore chassée de nos jours pour sa carapace, ses écailles très colorées très prisées en lunetterie, et sa chair. Elle a également été la victime de prélèvements insensés d'œufs en Indonésie dans les années 1990, et est régulièrement capturée dans les filets traînants. Les dérangements humains et les prédateurs ont également contribué au déclin de l'espèce qui est en danger critique d'extinction. Dans certains secteurs, ce sont les aménagements touristiques hôteliers qui sont en cause. Les populations de la mer Rouge, du golfe d'Aden, de la mer d'Arabie, du golfe d'Oman et du golfe arabo-persique sont particulièrement menacées par la pollution aux hydrocarbures et par la guerre. Dans l'avenir, les îles Tahmadoon, Khan, Nakhiloo et Ummol-Karam du parc national de Dayer-Nakhiloo (province de Bushehr) en Iran, qui sont déjà le refuge de centaines de milliers d'oiseaux migrateurs, pourraient devenir l'un des lieux de ponte les plus importants dans ce secteur du globe.

Ci-dessous, quelques parcs et réserves où l'on peut observer la tortue imbriquée dans son milieu naturel.

Sultanat d'Oman

  • Îles Daymaniyat.

Yémen

  • Îles Perim et Jabal Aziz.

Costa Rica

  • Parc national de Tortuguero.

Panama

  • Plage de Chiriqui (province de Bocas del Toro).

Iran

  • Parc national de Dayer-Nakhiloo (province de Bushehr). 

Il est formellement interdit et passible de poursuites pénales, de détruire un nid ou de capturer des bébés tortues. Respectez les cages balisant les nids et une distance de sécurité d'un minimum de 5 m pour l'observation, afin de ne pas perturber et interrompre la ponte. Parlez à voix basse, et ne faites pas de mouvements brusques. En journée, ne circulez pas en quad sur les plages au risque d'écraser les œufs. Utilisez de préférence les services des centres de protection de la nature spécialisés dans les observations nocturnes. Non seulement vous serez guidé par des spécialistes, mais vous ferez œuvre utile en contribuant au financement de leurs actions de sauvegarde. 

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