Pour la Journée mondiale de l'environnement, le Pakistan et son projet « tsunami d'arbres » sont à l'honneur. © Wit.Siri, Adobe Stock
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Un « tsunami » de 10 milliards d'arbres plantés au Pakistan pour lutter contre la déforestation

ActualitéClassé sous :Réchauffement climatique , Journée Mondiale de l'Environnement , reforestation

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[EN VIDÉO] Contre le réchauffement, la reforestation est-elle une solution efficace ?  De nombreux experts préconisent de planter des arbres pour absorber le CO2 émis par l'homme. Est-ce réellement une solution ? 

Fortes pénuries d'eau, sécheresse, inondations, disparition de ses forêts... Le Pakistan subit toute la palette des conséquences du réchauffement climatique et se classe parmi les cinq pays les plus touchés par ces bouleversements. Aussi, le Premier ministre du Pakistan s'est-il lancé dans l'un des plus ambitieux projets de reforestation au monde : planter dix milliards d'arbres d'ici 2023. Cette initiative met son pays à l'honneur pour la Journée mondiale de l'environnement qui se tient samedi 5 juin.

L'édition 2021 de la Journée mondiale de l'environnement portée par l'ONU se tiendra ce samedi 5 juin. Cette année, c'est le Pakistan qui est à l'honneur. Dix milliards d'arbres plantés d'ici 2023. C'est l'ambitieux projet baptisé Ten Billion Trees Tsunami Programme, lancé en 2019 par le Premier ministre du Pakistan Imran Khan. La première phase vise à planter 3,25 milliards d'arbres dans le pays, pour un coût estimé à environ 105 milliards de roupies pakistanaises (soit environ 554 millions d'euros). Le programme vise également à préserver les mangroves (écosystème d'arbres implantés le long des littoraux), reboiser les villes et créer plus de 5.500 emplois « verts ». Ce projet de reboisement s'inscrit dans une démarche similaire au Billion Tree Tsunami lancé en 2014 par le précédent gouvernement de Khyber Pakhtunkhwa et qui visait à planter 1 milliard d'arbres dans l'ensemble du pays.

Un autre projet soutenu par le WFF Pakistan lancé en 2018 a, par ailleurs, permis de planter près de 1,6 million d'espèces d'arbres indigènes dans différentes villes du Pakistan, ainsi qu'environ 1 million de plantes indigènes. 

Dix milliards d'arbres seront plantés d'ici 2023. C'est l'ambitieux projet baptisé Ten Billion Trees Tsunami Programme, lancé en 2019 par le Premier ministre du Pakistan Imran Khan. © if you want some one then come and get some one, Getty Images

Un pays fortement touché par le changement climatique

Selon l'indice mondial des risques climatiques 2020, le Pakistan figure à la cinquième place des pays les plus touchés par le changement climatique entre 1999 et 2018, avec des pertes économiques équivalant à 3,8 milliards de dollars. Vagues de chaleur extrêmes, fort taux d'humidité, inondations... Le Pakistan est directement affecté par la fonte des glaciers de l'Himalaya, responsable de fortes pénuries d'eau dans une grande partie du pays, ainsi que de la disparition progressive des forêts riveraines.

Son taux annuel de déforestation est considéré comme l'un des plus élevés au monde

À tel point que son taux annuel de déforestation est considéré comme l'un des plus élevés au monde. Entre 2000 et 2010, le pays aurait perdu en moyenne 43.000 hectares de forêt par an, soit environ la moitié de la superficie de sa capitale Islamabad. Sa forêt s'étend actuellement sur environ 4,478 millions d'hectares (5,1 %), selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Soit une toute petite part quand on sait que la couverture forestière mondiale est de 4,06 milliards d'hectares (soit environ 31 % de la superficie totale des terres).

 

La Journée mondiale de l'environnement qui aura lieu ce samedi 5 juin et dont le Pakistan sera l'hôte marquera également l'ouverture de la Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes 2021-2030. L'année 2030 comme date limite n'a pas été choisie au hasard : elle correspond à l'échéance fixée par les scientifiques, afin d'éviter l'amplification des effets du changement climatique.

« 2020 a été une année de réflexion, face à de multiples crises, notamment une pandémie mondiale et les crises continues du climat, de la nature et de la pollution. En 2021, nous devons prendre des mesures délibérées pour passer de la crise à la guérison : et ce faisant, nous devons reconnaître que la restauration de la nature est impérative pour la survie de notre Planète et de la race humaine », souligne Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations unies pour l'environnement.

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