Un carcharodontosauridé pourrait être l'un des théropodes les plus rapides connus à ce jour car des empreintes indiquent que le spécimen se déplaçait à une vitesse comprise entre 23,4 et 44,6 km/h. © Daniel, Adobe Stock
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Paléontologie : les grandes découvertes en 2021

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Pour cette fin d'année, Futura vous propose une sélection de nouveautés qui ont marqué le domaine de la paléontologie en 2021. Découvrez ou re-découvrez l'histoire de fossiles aussi variés qu'étonnants !

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[EN VIDÉO] Comment l'astéroïde tueur de dinosaures a créé la forêt amazonienne  La flore a été complètement bouleversée par l'impact de l'astéroïde y a 66 millions d'années, et les plantes à fleur ont pu proliférer. 

Parmi les innombrables découvertes qui ont été réalisées dans le domaine de la paléontologie cette année, il a fallu en choisir une dizaine qui ont marqué les lecteurs et lectrices de Futura ainsi que le monde scientifique. Cette sélection rassemble plusieurs types d'organismes et de périodes géologiques afin de vous permettre de découvrir ou de vous souvenir de ces étonnants fossiles qui ont marqué cette année 2021.

Un dinosaure très véloce

Des empreintes à jour au nord de l'Espagne ont permis de retracer la trajectoire de dinosaures ayant vécu au Crétacé inférieur (-145 à -100,5 millions d'années). Elles appartenaient probablement à un carcharodontosauridé ou à un spinosauridé qui sont tous les deux des théropodes carnassiers. D'après la position des empreintes, l'espèce devait se déplacer à une vitesse comprise entre 23,4 et 44,6 km/h, ce qui en fait l'un des dinosaures non aviens les plus rapides connus avec Eubrontes, qui se déplaçait à 49 km/h.

Les empreintes de théropode ayant servi à déterminer la vitesse du spécimen sont celles indiquées en bleu sur la carte. © Navarro-Lorbés et al., 2021

Les plus anciens métazoaires

Les plus anciennes traces de vie de métazoaires, qui sont des organismes pluricellulaires avec des tissus, dataient jusqu'alors d'il y a 630 à 660 millions d'années en arrière. La découverte d'une structure vermiforme attribuée à une éponge a permis de réévaluer cette datation. Le fossile a en effet été découvert dans des récifs du Canada datés d'il y a 890 millions d'années.

Les éponges marines existaient déjà il y a 890 millions d'années. © damedias, Adobe Stock

La vie en groupe des dinosaures

Les dinosaures non aviens vivaient déjà en groupes composés d'individus de tous âges au Jurassique inférieur, il y a environ 193 millions d'années. Un site au sud de la Patagonie en Argentine a en effet livré les restes fossiles de 100 œufs et de 80 restes de sauropodomorphes Mussaurus patagonicus, parmi lesquels des individus âgés de moins d'un an, des juvéniles et des adultes.

Les Mussaurus patagonicus vivaient vraisemblablement en groupes d'individus de tous âges il y a 193 millions d'années. © Jorge Gonzalez

L'extinction massive et mystérieuse des requins

Il y a 19 millions d'années, 70 % des requins se sont éteints, soit deux fois plus que le nombre de requins qui ont disparu au cours de la crise du Crétacé il y a 66 millions d'années. Cette constatation a pu être réalisée grâce aux quantité et variété de dents de requins présentes dans le registre fossile au cours du temps. Les causes de cette extinction massive au Miocène ne sont à ce jour pas connues mais elle a eu pour conséquence celle de remodeler drastiquement les écosystèmes marins.

La minorité d'espèces de requins ayant survécu à une extinction massive il y a 19 millions d'années est à l'origine des espèces de requins actuels. De nombreuses espèces actuelles, telles que ce requin mako, sont par ailleurs aujourd'hui en danger à cause des activités humaines. © Darin Sakdatorn, Adobe Stock

Un ptérosaure avec des pouces opposables

Le plus ancien animal à avoir des pouces opposables était peut-être le ptérosaure surnommé « Monkeydactyl », soit aux « doigts-de-singe ». Ce fossile a été trouvé en Chine et vivait au Jurassique, il y a environ 160 millions d'années. Il est le premier ptérosaure connu à présenter cette caractéristique qui lui permettait d'être adapté à un mode de vie arboricole et probablement à attraper ses proies.

Le « Monkeydactyl » était un ptérosaure adapté à la vie dans les arbres, ses pouces opposables pouvaient donc lui servir à s'y déplacer ainsi qu'à saisir ses proies. © Chuang Zhao

Le mammouth, ce grand voyageur

La découverte de défenses d'un mammouth laineux ayant vécu il y a 17.000 ans a permis de déterminer quels ont été les déplacements de l'animal. L'analyse des isotopes contenus dans chaque strie de croissance de la défense ont révélé qu'en 28 ans, le mammouth a parcouru l'équivalent de presque deux fois le tour de la Terre ! Les profils isotopiques sont en effet caractéristiques de certains environnements et reflètent donc le régime alimentaire d'un spécimen. Le mammouth laineux vivait en Alaska, il a donc du se rendre plusieurs fois en des points très éloignés de ce territoire pour parcourir une telle distance.

Le mammouth laineux s'est rendu dans plusieurs lieux extrêmes de l'Alaska il y a environ 17.000 ans et un historique de ses déplacements est contenu dans ses défenses. © James Havens

Otodus megalodon, impressionnant dès la naissance

L'exceptionnelle préservation de vertèbres du requin éteint Otodus megalodon a permis d'estimer qu'à la naissance, les individus mesuraient environ deux mètres de long, contre un mètre à un mètre cinquante chez l'actuel Carcharodon carcharias. Le débat, quant à la taille maximale atteinte par O. megalodon, est de plus toujours en cours puisque les estimations lui attribuant la longueur de 18 à 20 mètres ont été révisées cette année et que cette espèce aurait plutôt atteint 14 à 15 mètres, une taille qui demeure toutefois impressionnante.

L'estimation de la taille de Otodus megalodon peut être effectuée en comparant les restes fossiles de cette espèce avec les caractéristiques du grand requin blanc actuel. © Mark Kostich, Adobe Stock

Une « tête nageuse » du Cambrien

Le fossile d'un arthropode aquatique géant nommé Titanokorys gainesi a été découvert en Colombie-Britannique. L'espèce mesurait jusqu'à 50 centimètres de long et vivait probablement à proximité du fond, un environnement dans lequel ces prédateurs ne devaient pas passer inaperçus.

Le radiodonte géant Titanokorys gainesi fait partie d'un groupe d'arthropodes qui a connu une diversification importante au cours de l'explosion cambrienne. © Caron et Moysiuk, 2021, illustration de Lars Field

Un « dragon » australien

Le ptérosaure Thapunngaka shawi vivait en Australie au Crétacé inférieur et, d'après ses restes fossiles, ce reptile volant devait avoir une envergure de sept mètres. Selon l'un de ses découvreurs, cette envergure le ferait ressembler à un « dragon » et la dernière ombre qu'il a projeté sur des poissons avant de s'en saisir devait être impressionnante.

Estimation de la taille de trois espèces de ptérosaures australiens. L'homme mesure 1,80 mètre. A) Thapunngaka shawi; B) Mythunga camara; C) Ferrodraco lentoni. © Richards et al., 2021

Tout pour les Tyrannosauridés

L'arrivée des Tyrannosauridés en Amérique du Nord et en Asie a réorganisé les écosystèmes. Avant leur arrivée, il existait des petits (moins de 50 kg) et moyens prédateurs (50 à 1.000 kg) d'espèces variées alors que la présence des Tyrannosauridés est liée à une réduction drastique du nombre d'espèces de prédateurs moyens. Ceci pourrait être expliqué par le fait que ces derniers ont été remplacés par les jeunes Tyrannosauridés et que ce groupe régnait en maître dans ces écosystèmes.

L'arrivée des Tyrannosauridés dans un écosystème a engendré une diminution de la diversité des prédateurs de moyenne taille. © Thomas Holtz
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