Le squelette des requins, à l'instar de celui des raies et des chimèreschimères, est cartilagineux. Ces poissonspoissons sont dits chondrichtyenschondrichtyens, par opposition aux poissons nommés ostéichtyensostéichtyens, pourvus d'un squelette osseux. Jusqu'à présent, les scientifiques considéraient que le squelette cartilagineux était apparu avant les os « véritables ». La lignée évolutive des requins aurait donc divergé avant que les poissons ne bénéficient d'un squelette osseux, et n'en aurait jamais développé eux-mêmes.

Mais le fossilefossile d'un poisson déniché en Mongolie remet cette hypothèse en question. Âgé d'environ 410 millions d'années, il appartiendrait à une nouvelle espèceespèceMinjinia turgenensis, qui ferait partie des placodermes. Un groupe de poissons à partir desquels les requins et autres vertébrésvertébrés à mâchoires ont évolué. Soit leurs ancêtres communsancêtres communs. Or, ce spécimen fossilisé possède un crânecrâne osseux.

Ce qui suggère que les ancêtres des requins auraient été dotés de véritables os ! Avant de les perdre au profit d'un squelette cartilagineux - presque deux fois moins dense qu'un squelette osseux -, selon les chercheurs à l'origine de l'étude, publiée dans Nature Ecology & Evolution. L'un des auteurs, Martin Brazeau, suppose que « si les requins avaient eu des squelettes osseux et les avaient perdus, ce pourrait être une adaptation évolutive [...], un squelette plus léger les aurait aidés à être plus mobiles dans l'eau et à nager à différentes profondeurs ».