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Les captures de requins de la Réunion sont suspendues

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Mais où sont donc passés les requins de la Réunion ? Près de deux mois après la dernière attaque mortelle, le bilan des captures est plutôt maigre. Seul un squale a été prélevé. Avec les actions de Sea Sheperd, entre autres, ce nombre ne devrait plus augmenter. La situation est tout autre en Australie occidentale. La chasse aux requins trop curieux pourrait y être autorisée de manière préventive.

Les requins tigres, dont le corps est brun-gris et strié par des zébrures verticales, peuvent atteindre 4 m de long et peser jusqu'à 500 kg. Ils seraient responsables d'environ 20 % des attaques fatales. Cette photographie a été prise au large de Bimini dans les Bahamas. Le plongeur essaie de libérer la proie ! © NWFblogs, Flickr, CC by-nc-nd 2.0

Une énième attaque de requin a mis la communauté réunionnaise des surfeurs en émoi ce 6 août 2012. Il s'agissait en effet du troisième accident mortel en moins de 20 mois. Avec un but déclaré d'« évaluation ciguatérique » fortement décriée par de nombreux scientifiques, la préfecture locale a alors réagi en autorisant la chasse de 20 squales (10 bouledogues et 10 tigres). Huit semaines plus tard, le bilan est plutôt mitigé. Seul un individu, un tigre de 2,75 m, a été capturé le 15 août au large de Boucan Canot.

Une campagne de marquages débutée voici un an a également été poursuivie. Une fois encore, les résultats sont maigres. Seuls 19 tigres et 8 bouledogues ont été équipés de balises acoustiques, ce qui représente un peu plus de 2 marquages par mois en moyenne. Où sont donc passés les requins ? Il faut avouer que la chasse a été interrompue vers la fin du mois d'août en attendant un nouveau protocole. Il devrait intégrer la participation du comité régional des pêches maritimes (CRPM), le but étant de déléguer le prélèvement des squales aux pêcheurs et non aux scientifiques, même s'ils sont accompagnés de deux spécialistes de la mer.

Les attaques mortelles de requins répertoriées dans le monde depuis 2002. Par comparaison, près de 100.000 personnes meurent par an à la suite de morsures occasionnées par des serpents. © Idé

Des requins en sursis à la Réunion, mais condamnés en Australie

Les captures de requins auraient normalement pu reprendre la semaine prochaine... mais ce ne sera pas le cas. L'ONG Sea Sheperd, dirigée par Paul Watson, et l'Association citoyenne de Saint-Pierre viennent en effet d'obtenir ce 27 septembre la suspension, par le tribunal administratif de Saint-Denis, de l'arrêté préfectoral tant décrié. Dans son communiqué de presse, l'ONG s'estime « satisfaite de la décision rendue aujourd'hui par la justice » mais elle s'inquiète « du manque de discernement et de pédagogie dont fait preuve l'État et du fait que le ministère de l'Environnement se soit complètement désintéressé de ce dossier, pourtant de son ressort ». Les requins de l'île peuvent désormais dormir sur leurs deux oreilles internes !

Leurs camarades australiens n'ont en revanche plus cette chance. Selon le quotidien Le Monde, un nouveau programme de prévention proactive contre d'éventuelles attaques vient d'être dévoilé dans l'État d'Australie occidentale. Les squales s'approchant trop près des plages de cette région, principalement les grands blancs, seront capturés puis tués. Le nombre d'attaques de requin recensé sur place chaque année est, il est vrai, en constante augmentation. Les scientifiques attribuent néanmoins ce phénomène à la hausse du nombre de personnes pratiquant des activités nautiques (et non aux animaux), ce qui accroît la probabilité de faire de mauvaises rencontres. Mais au fait, ces poissons n'appartiennent-ils pas à des espèces protégées ?

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