Étrangeté du vivant : des scientifiques pêchent un requin sans peau et sans dents !

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Lors d'une mission scientifique au large de la Sardaigne, un groupe de chercheurs pêche au chalut. Dans leur filet, ils remontent une roussette (Galeus melastomus) pas comme les autres. Celle-ci est totalement dépourvue de peau. Selon la description anatomique du petit requin, c'est le seul spécimen connu à vivre sans structure anatomique reliée à la peau. Car la roussette sans peau est également dépourvue de stratum laxum (la couche de tissus qui supporte les denticules dermiques), de denticules dermiques et de dents.

Pourtant chez les requins, la peau assure de nombreuses fonctions vitales comme la sécrétion de mucus mais aussi comme défense immunitaire physique contre la prolifération des bactéries. Les denticules dermiques qui sont hérissés sur toute la peau facilitent la nage en diminuant la friction avec l'eau. L'absence de dents n'est pas si gênante puisque les roussettes gobent leur proie d'un trait. Malgré l'absence de ces structures, la roussette dénudée semble bien développée et en parfaite santé. Les scientifiques n'ont pas trouvé la cause de cette différence mais les problèmes morphologiques chez les requins sont parfois dus à la génétique ou à une exposition prolongée à une pollution chimique. Mais il n'est pas exclu qu'il s'agisse simplement d'une étrangeté du vivant.

Le requin sans peau est aussi dépourvu de dent. © Antonello Mulas, University of Cagliari, Italy
 L'espèce Galeus melastomus avec une peau. © domaine public
La roussette (Galeus melastomus) sans peau pêchée à 500 mètres de profondeur près de la Sardaigne. © Antonello Mulas of the University of Cagliari, Italie

Deux fois par semaine, la chronique « Étrangeté du vivant » vous présente les espèces les plus insolites, belles et/ou étranges, qui peuplent notre planète Terre. Ces espèces souvent méconnues ont des modes de vie et des caractéristiques fascinantes. Qu'elles soient animales, végétales, fongiques ou encore microcrospiques, nous vous invitons à les découvrir dans cette nouvelle chronique.