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Le secret de ces aérosols à la fois tueurs et catalyseurs de nuages

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Dans l'édition en ligne de la revue Science, des scientifiques de la NASA annoncent avoir découvert ce qui se cache sous les masques des aérosols, ces Janus qui, dans certains cas, présentent le visage de redoutables « tueurs de nuages » et, dans d'autres, celui de « catalyseurs » accélérant leur formation. La clé serait la faculté des particules en suspension à absorber ou réfléchir la lumière du Soleil...

Les aérosols, des Janus qui peuvent endosser à la fois le rôle de "tueur" et de "catalyseur" de nuages

Par le passé, les scientifiques avaient déjà constaté que, au-dessus de l'océan atlantique, les masses nuageuses engendrant des tempêtes de pluie gagnaient plus en envergure lorsque des aérosols en provenance du Sahara ou des panaches de pollution étaient présents. A contrario, lorsque la fumée toxique émise par certains incendies s'élevait dans le ciel, les nuages se faisaient moins nombreux que quand l'air était plus pur. Ces observations n'avaient pas permis aux chercheurs d'établir un lien direct entre les aérosols et la formation des nuages - d'autres facteurs météorologiques pouvant également entrer en ligne de compte, mais le rôle double joué par ces particules en suspension avaient cependant attiré leur attention.

Des panaches de fumée peuvent être de redoutables "tueurs de nuage", lorsque leurs particules absorbent les rayons du Soleil En témoigne cette image du satellite AQUA - prise en 2005 dans l'ouest du Brésil - qui a pris ce nuage de fumée la main dans le sac (Crédits : NASA)
Certains types d'aérosols peuvent par contre "catalyser" la formation des nuages Par exemple, ce cliché du satellite AQUA montre l'effet "catalyseur" du panache de fumée craché par le volcan Anatahan sur les nuages (Crédits : NASA)

Pour tirer au clair l'impact des aérosols, et en particulier celui de la pollution, sur la formation des nuages, Yoram Kaufman (Goddard Space Flight Center) et Ilan Koren (Institut Weizmann, Israël) ont mené une surveillance approfondie du ciel surplombant 17 villes dont Rome, Beijing, Washington et Mexico City. Ces sites avaient été choisis dans l'optique de tenir compte d'un large panel de types de pollution et de conditions météorologiques. Plusieurs fois par heure, et à différents moments de l'année, des capteurs automatisés se sont chargés de mesurer la quantité de rayonnement lumineux reçue.

Après avoir rassemblé les données, les scientifiques de la NASA ont constaté que, en présence de particules de pollution réfléchissant la lumière du Soleil, les nuages se faisaient nombreux, tandis qu'en présence d'aérosols absorbant les rayons, ils étaient plus rares à flotter au-dessus des villes. En mettant côte à côte les résultats de cette expérience et la base de données constituée des mesures effectuées par l'Aerosol Robotic Network, un réseau de 200 capteurs disséminés dans le monde, ils en ont conclu que c'était bien le pouvoir de réflexion ou d'absorption des particules en suspension qui conditionnait le caractère plutôt « tueur de nuages » ou « catalyseur de nuages » des aérosols.

Les nuages ne se contentent pas d'engendrer des précipitations sur Terre, ils aident également à réguler la quantité de chaleur dissipée par le Soleil que notre planète « piège ». Ainsi, mieux comprendre comment les masses nuageuses répondent à une augmentation de la pollution et au réchauffement climatique devrait permettre aux chercheurs de mieux prévoir le climat qui nous attend dans les années à venir.

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