Une Avicularia versicolor, communément connue sous le nom de Matoutou falaise. © pxHere

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7.000 insectes, araignées et lézards dérobés vivants dans un musée de Philadelphie

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Aux États-Unis, un insectarium s'est fait dérober presque toute sa collection de spécimens de tarentules, mille-pattes et autres rares geckos. Ce serait le plus gros vol d'insectes vivants de l'histoire.

Depuis quelques jours, l'insectarium de Philadelphie est anormalement calme. La stridulation des criquets s'est tue, les vivariums sont quasi vides et l'on ne voit plus de papillons virevolter dans la serre. Plus aucune trace des scorpions poilus du désert, scolopendres géants, mantes religieuses africaines, tarentules zébrées, blattes rhinocéros ou des geckos léopards. Lorsque les employés du musée ont constaté leur absence fin août, ils n'y ont d'abord pas prêté une grande attention. « Les animaux sont fréquemment déplacés d'un endroit à l'autre ou prêtés à l'extérieur dans le cadre de programmes éducatifs », explique le directeur de l'insectarium, John Cambridge.

Le gecko léopard (Eublepharis macularius) fait partie des animaux dérobés. © Vassil, Wikipedia

Des ex-employés de l’insectarium identifiés

Mais il a bien fallu se rendre à l'évidence : près de 7.000 spécimens, soit 80 % à 90 % de la collection se sont volatilisés. Même les colonies de cafards stockés pour l'alimentation des animaux ont disparu. Et il est peu probable qu'ils aient décidé eux-mêmes d'une petite escapade. Pour le musée, le préjudice est difficile à évaluer, car les voleurs ont pris soin d'emporter les fiches de documentation de chaque espèce. Mais selon John Cambridge, il s'élèverait à 50.000 dollars. Au-delà de la perte financière, considérable pour l'établissement qui n'est pas assuré pour ce genre de vol, le dommage est surtout conséquent en terme de biodiversité : certaines espèces dérobées sont en effet très rares, comme la mygale saphir (Poecilotheria metallica).

Les cambrioleurs n'ont même pas pris la peine de se cacher. Le délit a été commis sur plusieurs jours, les caméras de surveillance montrant un groupe d'individus repartir munis de boîtes en plastique remplies d'insectes et de lézards. La police a rapidement identifié les suspects : il s'agirait de trois anciens employés du musée, qui auraient ainsi pu pénétrer sans effraction dans les locaux. L'appât du gain a sans doute été leur première motivation : la plupart des animaux, couramment élevés comme animaux de compagnie, sont faciles à revendre. Mais il pourrait aussi s'agir d'une vengeance, car des uniformes d'employés ont été retrouvés épinglés au mur avec des couteaux.

Seuls une mygale à pattes rouges (Brachypelma boehmei) et quelques insectes ont pour l’instant été restitués. © Mike Baird, Flickr

Des araignées très dangereuses toujours dans la nature

L'établissement semble tout de même assez peu regardant sur ses recrutements. Un peu plus tôt au mois d'août, un ex-directeur avait été arrêté dans le cadre d'importations illégales d'espèces en danger entre 2015 et 2018. Des inspecteurs avaient notamment saisi en France deux paquets adressés au trafiquant et contenant 69 mille-pattes et 46 scorpions empereurs en provenance du Cameroun, une espèce placée en Annexe 2 sur la liste de la CITES.

Pour le moment, le directeur est surtout soucieux de la santé des animaux. Il est même presque prêt à excuser les voleurs. « Je ne pense pas qu'ils se sont rendu compte de la gravité de leur geste », explique-t-il au New York Times. Ils risquent pourtant de lourdes peines, car certains animaux volés étaient hébergés provisoirement par le musée dans le cadre de procès pour trafic d'animaux sauvages ou détention illégale et constituaient dont des pièces à conviction.

À ce jour, seule une poignée d'animaux a été retrouvée dans le logement d'un des suspects, ainsi qu'une Brachypelma boehmei, une mygale à pattes rouges originaire du Mexique. En revanche, une Hexophthalma hahni, une autre araignée des plus venimeuses du monde, court toujours. 

  • Un insectarium de Philadelphie s’est vu subtiliser 90 % de ses animaux, dont certains très rares.
  • Le vol aurait été commis par d’anciens employés.
  • Ils risquent d’alimenter le marché illégal des animaux de compagnie.
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