Une étude menée sur le mont Everest aurait permis de détecter une rapide fonte de glace au cours de ces 30 dernières années. Depuis les années 1990, l'équivalent de 2.000 ans de glace accumulée aurait disparu, provoquant un véritable danger pour les alpinistes.

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Même le plus haut glacier du monde n'est pas épargné par le réchauffement climatiqueréchauffement climatique. Une étude publiée dans Nature, le 3 février 2022, révèle que le mont Everest aurait perdu une massemasse de glace titanesque depuis les années 1990. Sur le South Col Glacier, point le plus élevé de la montagne, la quantité de glace disparue ces trente dernières années est comparable à 2.000 ans d'accumulation au sommet du glacier. Une perte considérable, qui pourrait mettre en danger la vie des myriadesmyriades d'alpinistes s'élançant à l'assaut de l'Everest. Mais sur le long terme, c'est toute la population himalayenne environnante à la montagne qui pourrait subir les conséquences de cette fontefonte

Le camp de <em>South Col</em>, en face du <em>South Col Glacier</em> : la flèche rouge situe <em>l'ice core</em> et la flèche jaune le <em>balcony</em>, sommet de l'Everest. © Mariusz Potocki
Le camp de South Col, en face du South Col Glacier : la flèche rouge situe l'ice core et la flèche jaune le balcony, sommet de l'Everest. © Mariusz Potocki

L'Everest sur la sellette ? 

Avec un sommet culminant à 8.849 mètres, le mont Everest est le plus haut glacier du monde, ainsi que l'un des plus austères à gravir. Si la montagne est devenue une véritable attraction touristique depuis la première ascension fructueuse par Edmund Hillary et Tanzig Norgay en 1953, tenter de mettre le pied sur le « toittoit du monde » s'avère être une véritable épreuve. Comparativement au nombre d'ascensions réussies à ce jour, environ 4.000, relativement peu d'expérimentations scientifiques sont venues tutoyer la « zone de la mort », à 8.000 mètres, où la pression atmosphérique chute à 356 millibars et l'oxygène se raréfie dangereusement

La Barrière de Getz, située sur la côte sud-ouest de l'Antarctique, dont la vitesse de fonte est estimée à 4,1 mètres de glace par an. © Nasa, ESA
La Barrière de Getz, située sur la côte sud-ouest de l'Antarctique, dont la vitesse de fonte est estimée à 4,1 mètres de glace par an. © Nasa, ESA

En avril et mai 2019, une expédition initiée par le National Geographic et Rolex’s Perpetual Planet menait des chercheurs de l'université du Maine à venir étudier des données géologiques, biologiques ou encore météorologiques du côté népalais du glacier, au niveau du South Col Glacier. L'analyse des données disponibles depuis le XIXe siècle met en exergue une évolution de la quantité de glace présente sur plusieurs monts de la chaîne himalayenne depuis les années 1860. Mais un véritable tournant existe depuis les années 1990, durant lesquelles le Centre européen pour les prévisions météorologiquesprévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) constatait déjà une augmentation des températures en Asie et sur le plateau tibétain. 

Les chercheurs ont installé deux stations météorologiques à 7.945 et 8.430 mètres d'altitude, ainsi qu'un mécanisme de forage permettant d'extraire près de 10 mètres de glace du sommet. En couplant ces travaux de terrain avec des analyses de données par le biais de la photogrammétrie, soit la modélisationmodélisation de l'évolution du terrain par le biais de photographiesphotographies, les scientifiques de l'expédition ont pu estimer la quantité de glace fondue depuis les années 1990, équivalente à 2.000 ans d'accumulation de ladite glace.

Des conséquences sur la biodiversité et les populations 

L'étude explique que ce phénomène, provoqué par le réchauffement des températures dans cette région du monde, pourrait impacter les populations humaines et animales à court et long terme. Dans un premier temps, les alpinistes et sherpas pourraient subir l'effet d'une fragilisation des masses neigeuses et glaciaires, accentuant la fréquence d'avalanchesavalanches. Avec 800 « grimpeurs » ayant atteint le sommet en 2018, la fonte des glaces pourrait augmenter le nombre de décès d'amateurs et professionnels s'essayant à l'ascension. Le camp de base Khumbu, positionné à 5.300 mètres et accueillant près de 1.000 alpinistes annuels, pourrait s'en trouver déstabilisé.

Le glacier Kebnekaise, en Suède, photographié par la sonde Sentinel-3A, est menacé de disparition en raison du réchauffement climatique. © Copernicus
Le glacier Kebnekaise, en Suède, photographié par la sonde Sentinel-3A, est menacé de disparition en raison du réchauffement climatique. © Copernicus

La fonte des glaciers est une problématique majeure, impactant de nombreux massifs à travers le monde, de l'Alaska à l'Antarctique. La seule solution est l'endiguement de l'actuelle crise climatique, à laquelle les dirigeants de différents pays ont répondu à la COP26 en renommant neuf glaciers situés dans la barrière de Getz, en Antarctique.