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Les petits volcans aussi contribuent à la pause climatique

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Les climatologues savent depuis longtemps qu'une éruption volcanique de forte intensité peut engendrer une baisse des températures globales. Mais faut-il négliger les rejets de cendres et d'acide sulfurique, beaucoup plus modestes ? Une nouvelle étude semble indiquer qu'ils contribuent aussi à expliquer la pause climatique constatée ces 15 dernières années.

Les cendres et les panaches de fumée des éruptions volcaniques de moyenne ampleur, comme la célèbre éruption de l’Eyjafjöll, volcan islandais, en 2010 (qui avait même paralysé une partie du trafic aérien), seraient responsables d’une partie de la pause climatique. © David Karnå, Wikipédia, cc by 1.0

En 1991, le Pinatubo, volcan philippin, entrait en activité et crachait d'immenses panaches de fumée dans ce qui fut l'une des plus intenses éruptions du XXe siècle. Les kilomètres cubes de cendres et autres débris répartis dans l'atmosphère ont même altéré le climat global : sur les années suivantes, la température moyenne a baissé d'environ 0,5 °C, la faute à la réflexion des rayons du soleil induite par ces aérosols.

Ce phénomène est bien connu des climatologues. En revanche, l'impact des éruptions de moindre ampleur sur les températures globales reste bien moins maîtrisé. Les modèles climatiques ont même tendance à les négliger. Pourtant, ces 15 dernières années, force est de constater que le réchauffement climatique est moins intense que lors des décennies précédentes. C'est simple : si l'on gagnait 0,12 °C par décennie entre 1951 et 1998, on se situe depuis à une hausse de « seulement » 0,05 °C sur une période de dix ans. Cette pause climatique, probablement multifactorielle, pourrait-elle être partiellement due au volcanisme de ces dernières années ?

C'est à cette question que Ben Santer et ses collègues du Lawrence Livermore National Laboratory ont tenté de répondre dans les colonnes de la revue Nature Geoscience en examinant 17 éruptions moyennes depuis le début des années 2000. Et ils répondent à cette problématique par l'affirmative.

Mesurer les températures moyennes sur la planète reste une tâche complexe. Les lieux de mesure doivent être variés et suffisamment révélateurs, et on doit pouvoir y effectuer des mesures dans le temps. Une difficulté telle qui constitue peut-être un biais dans les mesures expliquant les divergences entre les prévisions et les mesures. Cependant, bien qu’en période de pause climatique, la fonte des glaces est toujours de plus en plus importante. © Nasa Goddard Photo and Video, Flickr, cc by 2.0

Le volcanisme moyen, une explication de 15 % de la pause climatique

Leur analyse porte sur le forçage volcanique de ces 15 dernières années sur les températures de la troposphère, la couche basse de l'atmosphère, à partir d'observations et de simulations climatiques. Chacune des éruptions a engendré une émission de cendres et de gouttelettes d'acide sulfurique qui a opacifié l'atmosphère (augmentation de l'épaisseur optique), d'après les mesures satellitaires effectuées. En conséquence, le rayonnement solaire s'est davantage réfléchi, si bien que les températures mesurées dans cette même couche ont baissé.

Pour tester la fiabilité des modèles climatiques, et de leur expérience, les chercheurs ont intégré ces nouveaux paramètres dans des simulations informatisées. Les prévisions de ces modèles se sont révélées plus proches de la réalité observée lorsque les 17 éruptions volcaniques de ce début de XXIe siècle ont été considérées que lorsqu'elles ont été négligées. Il semble donc que le volcanisme d'ampleur moyenne contribue à la pause climatique, car il expliquerait à lui seul environ 15 % du décalage entre les températures mesurées et celles qui étaient annoncées.

Restent les autres paramètres, responsables des 85 % du décalage restant. Parmi les principaux, les océans, qui absorbent l'énergie solaire sans la libérer, les mouvements internes de la Terre, une baisse de l'activité solaire ou la pollution au dioxyde de soufre. Malgré cela, les températures continuent globalement de s'élever et les glaces de fondre année après année sur la planète. Faut-il en arriver à souhaiter davantage de volcanisme pour stabiliser les températures ?

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