Le Courlis d’Alaska est l’un des oiseaux que les chercheurs du programme Kivi Kuaka ont choisi de suivre. Ils espèrent que ses mouvements les aideront à mettre en place un système d’alerte précoce pour les cyclones et les tsunamis. © Pascale Gueret, Adobe Stock
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Programme Kivi Kuaka : le point commun entre Thomas Pesquet, les oiseaux migrateurs et le ministère des Armées

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A priori, il n'existe aucun lien entre Thomas Pesquet, les oiseaux migrateurs et le ministère des Armées. Pourtant, des chercheurs ont réussi à en créer un, le programme Kivi Kuaka. Son objectif : étudier le comportement d'oiseaux migrateurs dans l'espoir d'élaborer un système d'alerte précoce pour certaines catastrophes naturelles.

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Des histoires d'animaux aux comportements étranges avant la survenue de catastrophes naturelles, il s'en raconte souvent. En décembre 1959, les chats de Malpasset (Fréjus, Var, France) avaient tous fui la ville avant la rupture du barrage qui a fait plus de 400 victimes humaines. En décembre 2004, on a dénombré très peu de victimes animales après le tsumani qui a pourtant fait plus de 250.000 disparus humains dans l'océan Indien. Les animaux semblent réagir à des signaux précoces qui nous échappent. Mais, selon les experts, rien n'a encore pu être prouvé.

L'ambition du programme scientifique Kivi Kuaka est d'éclairer le phénomène. En étudiant les éventuelles réponses comportementales des oiseaux migrateurs face aux cyclones, aux séismes et aux tsunamis. Avec dans l'idée de développer de nouveaux systèmes d'alerte précoces de ces catastrophes naturelles à la fois pour mieux protéger les populations et préparer les interventions des forces armées le cas échéant.

Les oiseaux migrateurs ciblés par le programme sont en effet sensibles aux infrasons produits par les vortex des cyclones ou les vagues submersives. Les chercheurs ont donc équipé des centaines d'oiseaux du Pacifique sud de petites balises, de 5 grammes seulement. Elles renverront aussi bien des informations de position et de mouvement, des données GPS, que des données météorologiques. Le tout via la Station spatiale internationale (ISS) -- où travaille actuellement Thomas Pesquet -- pour minimiser l'énergie nécessaire à la transmission des informations par ondes radio. L'objectif étant de préciser le lien entre les déplacements des oiseaux et les événements climatiques. Cinq espèces sont visées : le Courlis d'Alaska (Kivi en polynésien), la Barge rousse (Kuaka en Maori), le Pluvier fauve, le Chevalier errant et la Sterne fuligineuse.

Un hommage à Louis-Antoine Bougainville

Le 18 janvier dernier, une équipe de scientifiques a embarqué à bord du Bougainville depuis l'île de Fakarava. Direction plusieurs atolls de la Polynésie, sites de migration de ces oiseaux. Tout au long de leur mission, les scientifiques ont pu compter sur le soutien logistique du bâtiment de la Marine nationale. Et c'est grâce au savoir-faire d'une équipe de baleiniers de la base navale de Papeete (Tahiti) et de leur baleinière, une embarcation à fond plat permettant le franchissement des barrières de corail, qu'ils ont pu débarquer plus facilement sur différents atolls de l'archipel des Tuamotu.

Renouer un peu avec les grandes expéditions scientifiques du passé

« Le soutien du Bougainville a été primordial : on nous a fourni l'eau et les rations de combat. La mise à disposition de la drome -- c'est le nom que l'on donne aux embarcations à bord d'un navire militaire -- nous a donné une grande souplesse pour nous rendre sur les différents atolls. Le commandement et l'équipage se sont montrés très à l'écoute et nous avons constamment partagé nos besoins et nos connaissances », commente Frédéric Jiguet, professeur au Muséum national d'Histoire naturelle, de Paris (MNHN) et directeur de la mission.

Pour le commandant du bâtiment, c'était aussi l'occasion de renouer un peu avec les grandes expéditions scientifiques du passé et de rendre hommage à Louis-Antoine Bougainville qui embarquait déjà des scientifiques à bord de ses navires. Tout en s'impliquant dans une « défense durable » attachée à sa mission d'anticipation des catastrophes naturelles et à la préservation de l'environnement et de la biodiversité et à la prévention des risques environnementaux.

  • Le programme Kivi Kuaka étudie le comportement des oiseaux migrateurs face à des événements climatiques.
  • En janvier dernier, la Marine nationale est venue en soutien aux chercheurs pour les déposer sur plusieurs atolls polynésiens où ils ont équipé des oiseaux de balises.
  • Ces dernières vont maintenant renvoyer des données de localisation et des données météorologiques via la Station spatiale internationale (ISS) où évolue actuellement Thomas Pesquet.
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