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Quelle surface agricole est nécessaire pour nourrir un Français ?

ActualitéClassé sous :agriculture , Alimentation , Nutrition

[EN VIDÉO] Interview 5/5 : excès ou absence de viande consommée sont-ils néfastes ?  Les régimes végétariens sont à la mode, mais quelles sont les conséquences de la suppression de la viande de l'alimentation ? Existe-t-il des risques? Nous avons posé la question à une nutritionniste, Béatrice de Reynal. 

L'Ademe s'est intéressée à la surface nécessaire pour produire l'alimentation de la population française. L'agence estime ainsi que la production annuelle de nourriture pour un Français moyen, mangeant de la viande une fois par jour est de 4.800 m² par an. Il s'agit de l'empreinte sol, un indicateur qui prend en compte la surface agricole nécessaire pour produire la nourriture d'une personne, les émissions de gaz à effet de serre, les importations de nourritures ou de produits nécessaires à l'agriculture et l'élevage ainsi que sa consommation d'énergie.

Sarah Martin, ingénieure en alimentation durable à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), explique : « même si la viande ne représente que 5 % du contenu de l'assiette, elle représente 50 % de l'empreinte sol d'un consommateur français moyen ». Ainsi, avec un régime entièrement végétal, un Français aurait besoin de seulement 1.200 m² d'empreinte sol pour son alimentation tandis qu'un gros mangeur de viande (170 grammes de viande par jour) aura besoin de 5.200 m².

Marché en France. © Yann Arthus Bertrand, tous droits réservés

Combien de surface agricole pour nourrir les Français ?

La question de la surface consacrée à l'agriculture s'avère importante puisque le gain de terres agricoles s'opère souvent au détriment des milieux naturels dont les forêts qui sont à la fois des puits de carbones et des écosystèmes riches en biodiversité. Antoine Pierart, ingénieur au Service Forêt, Alimentation et Bioéconome de l'Ademe, estime que « les sols sont à l'origine de 95 % de notre alimentation ». Au niveau mondial, la production alimentaire est responsable de 25 % des émissions de gaz à effet de serre. De plus, la dégradation des sols et des écosystèmes contribue au réchauffement climatique. L'empreinte sol dépend donc tant des régimes alimentaires des personnes que de l'offre alimentaire.

Selon les travaux de l'Ademe, la France a actuellement besoin de 26 millions d'hectares pour produire son alimentation. Or, si elle dispose bien d'une surface agricole utile de 28,7 millions d'hectares, elle consacre 12 millions de ses hectares à des productions destinées aux exportations tandis qu'elle importe pour 9 millions d'hectares de produits dont une partie sert à nourrir l'élevage français. Antoine Pierart précise que la moitié des importations proviennent de l'Union européenne, ce qui en limite l’impact environnemental, mais que « il reste un grand travail à accomplir sur les tourteaux pour nourrir le bétail qui proviennent d'Amérique latine et d'Asie. »

 « La viande représente 50 % de l’empreinte sol d’un consommateur français moyen ». © Protocultura, Pixabay, FP

Les produits carnés représentent 40 % de l'empreinte au sol des importations, suivis par le café, le thé et le cacao qui comptent pour 20 % de l'empreinte au sol des importations alimentaires françaises. Sarah Martin rappelle que ces cultures ne sont pas en soi très émettrices de gaz à effet de serre mais que le transport représente une part importante de leur empreinte carbone et appelle en conséquence à conduire « une réflexion sur la modération de notre consommation de ces produits. »

Enfin, le bio présente l'avantage de préserver la biodiversité mais requiert un peu plus de surface que le conventionnel. Sarah Martin souligne que « l'empreinte sol dépend avant tout du régime alimentaire. La transition repose donc à la fois sur les efforts du consommateur et sur les progrès au niveau de l'offre. Le bio requiert une plus grande occupation des sols. Mais, il présente d'autres vertus comme préserver les sols et la biodiversité ». L'Ademe préconise de sortir des systèmes de production intensif, de réduire la consommation de viande en privilégiant la qualité à la quantité, de relocaliser la production, de développer les protéines végétales et de modérer la consommation de thé, de café et de cacao.

Par Julien Leprovost

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