La fermentation entérique — qui donne lieu à des pets et à des rots — et l’alimentation des troupeaux sont les deux principales sources d’émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’élevage. © gozzoli, Adobe Stock
Planète

Pourquoi la consommation (excessive) de viande est-elle mauvaise pour le climat ?

Question/RéponseClassé sous :Réchauffement climatique , Eco-consommation , impact environnemental de l'élevage
 

[EN VIDÉO] La (sur)consommation de viande, mauvaise pour le climat  L’élevage est un secteur fortement émetteur de gaz à effet de serre. Il est aussi responsable d’une grande partie de la déforestation. Ainsi, la consommation de viande, surtout en excès, apparaît mauvaise pour le climat. 

L'industrie, les transports, le chauffage. On connait bien leur impact sur notre climat. Mais celui du secteur de l'élevage est souvent plus obscur. Pourtant, consommer de la viande n'est pas sans conséquence en la matière, tant d'un point de vue des émissions de gaz à effet de serre que de celui de la déforestation.

Selon les chiffres de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'élevage, à lui seul, est aujourd'hui responsable d'environ 15 % des émissions anthropiques de gaz à effet de serre dans le monde. Ce qui ne représente pas moins des quatre cinquièmes des émissions totales du secteur agricole.

Attention toutefois à ne pas comparer hâtivement ce chiffre aux 14 % d'émissions directes du secteur des transports. Car le calcul de la FAO tient compte des émissions de l'ensemble de la chaîne de production : la production d'aliments pour le bétail (avec ajout d'engrais), la physiologie des animaux (pets et rots), la chaîne de transformation de la viande (avec chambre froide), etc.

Ceci étant précisé, il est intéressant de noter que les émissions dues à l'élevage ne sont pas tant des émissions de dioxyde de carbone (CO2). L'élevage n'est la source que de 5 % des missions mondiales. Mais il émet de grandes quantités de deux autres puissants gaz à effet de serre. Il se révèle ainsi responsable de 53 % des émissions le protoxyde d'azote (N2O) et de 44 % de celles de méthane (CH4). Un problème lorsque l'on sait que sur 100 ans, le N2O -- émis par décomposition des excréments et par les fertilisants de synthèse -- présente un pouvoir réchauffant près de 300 fois plus élevé que le CO2 et le CH4 -- émis notamment par les pets et les rots des ruminants --, un pouvoir réchauffant plus de 20 fois plus élevé que le CO2.

En matière d’émission de gaz à effet de serre, les plus gros contributeurs sont la viande bovine et le lait qui comptent respectivement pour plus de 40 % et pour presque 20 % des émissions du secteur. © FAO

La déforestation en plus des émissions de carbone

Et la problématique des émissions n'est pas la seule posée par l'élevage. Dans le monde, celui-ci est en effet le principal responsable de la déforestation. L'organisation non gouvernementale Greenpeace estime par exemple que 65 % du déboisement de l'Amazonie est engagé pour permettre la pâture des ruminants ou pour planter céréales et légumineuses qui viendront nourrir poules et cochons.

Aujourd'hui, les productions animales mobilisent plus de 80 % des terres agricoles. Des terres qui ne sont plus boisées et qui stockent donc moins de carbone. Surtout lorsqu'elles sont régulièrement labourées, nues pour la moitié de l'année et non bordées de haies pourrait-on penser. Mais attention à ne pas oublier que les prairies qui entourent les élevages de ruminants n'existeraient pas eux et que ces prairies stockent tout de même une partie du carbone émis par les troupeaux.

Au-delà de sa contribution au réchauffement climatique, l’élevage a aussi un impact sur la biodiversité, sur les cycles de l’azote et du phosphore, sur la ressource en eau, sur l’état des sols, etc. © Thierry RYO, Adobe Stock

Consommation de viande et changement climatique : des solutions

La consommation excessive de viande, typique des sociétés occidentales, favorise donc l'émission de gaz à effet de serre et le changement climatique. Mais il n'y a rien d'inéluctable à cela.

Première solution : réduire notre consommation de viande. En mangeant moins souvent de la viande et en moindre quantité à chaque fois -- en 1950, un Français consommait en moyenne 50 kilos de viande par an, aujourd'hui, la consommation annuelle moyenne est de l'ordre de 85 kilos --, nous pouvons contribuer à limiter les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l'élevage. D'autant qu'une surconsommation de viande a aussi des effets négatifs sur la santé humaine, notamment à cause des acides gras saturés, facteurs de maladies cardio-vasculaires. Alors, pourquoi ne pas privilégier la qualité à la quantité ?

Autres solutions : faire évoluer les pratiques agricoles. Une adoption généralisée de meilleures pratiques et technologies, que ce soit en matière d'alimentation des troupeaux, de santé ou d'élevage des animaux ou encore de gestion du fumier et de recours à des générateurs de biogaz pourrait mener à des réductions significatives des émissions.

Avant de conclure, il faut remarquer que l'élevage est un levier de développement économique important. Il produit aussi pus de 30 % des protéines consommées dans le monde. Et il a également des impacts positifs sur l'environnement : valorisation des surfaces en herbe, lutte contre l'enfrichement ou l'érosion, etc.

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