L’eau des canaux de Venise n’a jamais été si transparente que depuis la pandémie de coronavirus. © Mentor_henry by Pixabay
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Quel est l’impact du coronavirus sur la planète ?

Question/RéponseClassé sous :Sciences , Environnemet durable , réchauffement changement climatique
 

[EN VIDÉO] Le confinement, bon pour la qualité de l’air  Début 2020, le monde vit une crise sans précédent. Le coronavirus responsable d’une pandémie meurtrière de Covid-19 se répand. Dans l’espoir de limiter sa propagation, les populations sont confinées. Les économies, mises à l’arrêt. Avec pour effet collatéral, une baisse spectaculaire de la pollution de l’air extérieur. 

L'actuelle pandémie de coronavirus aura un impact majeur sur le changement climatique et sur la manière dont nous y faisons face. Un virus de taille microscopique a le pouvoir d'influencer le climat de la Terre entière. Ces influences sont-elles positives ou négatives ?

Le ralentissement économique mondial a eu un impact important sur l'environnement. La pollution et l'effet de serre ont été réduits de manière drastique dans plusieurs régions du monde. Ce sont des résultats indirects, mais positifs de cette pandémie sans précédent. Les restrictions de l'activité économique, du trafic aérien, terrestre et maritime, ainsi que la fermeture d'industries et le confinement de la population ont permis une diminution surprenante de la pollution environnementale et des émissions de gaz à effet de serre.

Le ralentissement économique provoqué par la pandémie devrait avoir un impact équivalent ou supérieur à celui de la récession mondiale de 2008 sur les émissions. En d'autres termes, nous aurons une baisse absolue des émissions globales de carbone d'ici fin 2020 et peut-être même jusqu'en 2021 ou 2022. Grâce au confinement de la population, des animaux sauvages ont été observés dans certaines villes : un puma à Santiago du Chili, un sanglier dans les rues de Barcelone, ou encore une civette en Inde. 

L’eau des canaux de Venise n’a jamais été si transparente que depuis le confinement. © Mentor_henry by Pixabay

Le premier pays à réduire son taux de pollution environnementale a été la Chine, le plus grand pollueur du monde et source de l'épidémie de coronavirus en décembre dernier. La concentration de dioxyde d'azote, l'un des polluants les plus fréquents dans les zones urbaines, a diminué de 30 à 50 % dans plusieurs villes chinoises importantes, par rapport à la même période en 2019. 

Selon les experts, l'épidémie a paradoxalement épargné plus de vies que les décès qu'elle a provoqués. En Chine, 1,1 million de personnes en moyenne meurent chaque année, victimes de la pollution. Malgré ces signes de rétablissement de l'environnement, les chercheurs craignent que cette interruption ne soit de courte durée, surtout si une conscience globale ne surgit pas une fois la pandémie derrière nous.

Quels sont les effets négatifs du coronavirus sur la planète ?

La principale conséquence de la crise mondiale causée par l'épidémie est de faire passer les autres débats, dont l'urgence climatique, au second plan. La pandémie est temporaire, mais les effets du réchauffement climatique se feront sentir aujourd'hui et de plus en plus dans les siècles à venir. Le changement climatique reste un problème grave pour notre planète. La concentration des gaz à effet de serre déjà présents dans l'atmosphère suffit à elle seule à garantir une augmentation de la température moyenne de la Terre pendant plusieurs siècles.

Les experts prédisent que nous aurons davantage d'événements extrêmes dans le futur (séismes, inondations, tornades... etc.) avec des conséquences pour les infrastructures et la production alimentaire. Mais ces risques sont descendus sur l'échelle des priorités en cette période de pandémie.

Pourtant, au rythme où nous étions avant le frein malencontreux provoqué par cette crise, il y avait peu de chances de limiter la hausse de la température de 1,5 ou 2 degrés, le maximum considéré comme sûr pour éviter des tragédies climatiques majeures. Alors, ce sujet mérite-t-il d'être laissé de côté ? Nous avons maintenant le temps d'analyser les investissements en infrastructures qui nous emprisonnent dans une économie à forte intensité de gaz à effet de serre, puisque la plupart d'entre eux sont suspendus en raison de l'impact économique de la pandémie. Ainsi, c'est le bon moment pour travailler sur des mesures de sortie de crise, et de prévoir une transition vers des moyens de produire des biens, des services et de l'énergie avec un impact moindre sur le climat.

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