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Histoire et origine du melon

Dossier - Le melon, un délicieux fruit de saison
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Depuis son succès sur les tables de la Rome antique, le melon a séduit l’ensemble du bassin méditerranéen. Orangé, jaune ou vert olive, à l’écorce lisse ou rugueuse, il surprend par la variété de ses formes et de ses couleurs innombrables. Sa chair fondante et parfumée, sa fine saveur sucrée en font le plus délicieux des rafraîchissements de l’été. Notre dossier présente ses caractéristiques botaniques, sa belle histoire, sa culture industrielle mais aussi dans les jardins, sans oublier ses caractéristiques gastronomiques. De quoi vous mettre en appétit…

  
DossiersLe melon, un délicieux fruit de saison
 

Le melon a une belle histoire, avec un passé issu d'Afrique. Il fut notamment l'un des mets préférés des Romains. Ce fruit est arrivé en France en 1495.

C'est aux Romains, inventeurs de la grande cuisine, que le melon doit ses premiers succès gastronomiques.

Les origines romaines du melon

Il en existait alors deux sortes : le melon ancien, ovoïde et aqueux, s'apparentant davantage à la pastèque, et une espèce de petite taille, apparue en Campanie, au temps de Pline l'Ancien, il y a quelque 2.000 ans.

Venu d'Afrique tropicale, ce fruit à peine plus gros qu'un coing faisait, rapporte l'écrivain latin, les délices du général Clodius Albinus, capable d'en consommer « dix à ses repas, accompagnés de cinq cents figues, cent pêches et de nombreux raisins ». Selon le même Pline, l'empereur Tibère, également friand de ce fruit, en aurait imaginé la culture en serre chaude, afin d'en déguster tout au long de l'année.

Melons sur un étal de marché. © Jayne Duncan, Shutterstock

Arrivée du melon en France

Le melon moderne, rond et musqué, serait originaire d'Arménie. Le roi Charles VIII l'aurait rapporté en France en 1495, au retour de sa malheureuse expédition à Naples. On le cultivait alors à Cantalupo, la résidence d'été des papes, près de Rome. Le melon Cantaloup, ou melon galeux, semble tirer son nom de cette provenance. C'est dans la région de Narbonne et dans le Comtat Venaissin, en terre pontificale, que cette espèce fut d'abord cultivée, avant de coloniser certaines parcelles, un siècle plus tard, en Touraine et en Anjou.

En tout cas, à peine arrivé dans notre pays, le melon attisa les convoitises ! À tel point qu'un règlement, édicté cette même année 1495 par les deux seigneurs de Cavaillon, Clément de la Rovère et Toussaint de Villeneuve, prévoyait que « tout habitant, à l'exception des infirmes et des femmes enceintes, trouvé dans le bien d'autrui à cueillir des melons paiera pour chaque fruit la somme de six deniers ».

C'est dire si le nouvel arrivant restait alors un fruit rare, réservé à la dégustation et aux tables princières. On fit tout naturellement du melon un cadeau de choix aux grands personnages de passage en Provence. Au duc de Guise, le maire de Cavaillon offrit ainsi, en 1620, « fruits, melons, artichauts, vins et flacons ». Lors de sa venue dans la même ville, monseigneur d'Oppède, premier président du parlement de Provence, fut honoré, peu après, de semblables présents.

À l'époque, pour rendre les melons plus digestes et afin de conjurer leur effet laxatif, on les additionnait de sel et de poivre et, parfois, on les saupoudrait de tabac ! Certains l'assaisonnaient même de bismuth. Des médecins recommandaient aussi d'ingurgiter, après chaque bouchée, quelques gouttes de laudanum, un médicament ayant des vertus somnifères.